Critique de film

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Ile du docteur Moreau (L')

"The Island of Dr. Moreau"
affiche du film

Après le naufrage de leur navire, trois marins se retrouvent sur une île apparemment déserte avant que ceux-ci ne soient attaqués par des créatures étranges. Seul survivant, Braddock découvre un peu plus tard les sombres expériences du docteur Moreau, propriétaire de l'île.

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Trailer - L’île du docteur Moreau (1977)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’île du docteur Moreau - La planète des singes
Par : Damien Taymans
Tags : Remake, Monstres

A la suite d’un naufrage, un naufragé (les choses sont bien faites quand même !) échoue sur une île apparemment déserte. Mais, l’île est dominée par le docteur Moreau, savant-fou qui s’adonne à des tonnes d’expériences sur les animaux afin de les transformer en humanoïdes doués d’intelligence (pas gagné, quoi !)…

Deuxième adaptation cinématographique du fabuleux roman d’H.G. Wells (après le Island of the lost souls de Kenton en 1932), L’île du docteur Moreau propose une version plus fidèle (hormis quelques écarts narratifs peu dommageables comme Montgomery devenu mercenaire) à l’esprit du roman que celui de Kenton qui mettait en vedette un docteur Moreau tyrannique aux pratiques sadiques et aux desseins d’omnipotence dévastateurs. L’excellent Burt Lancaster, en fin de parcours, campe pour le coup un savant-fou pour le moins tempéré, désireux de faire évoluer la science plutôt que de se voir décoré ou d’asseoir sa mainmise sur un monde tout entier acquis à sa cause. Rejeton de Frankenstein, le docteur Moreau est autant capable d’empathie que d’indifférence à l’égard des créatures qu’il entend créer. Le fouet ne claque que pour montrer une certaine domination et enrayer toute tentative de rébellion, ersatz violent aux principes législatifs instaurés depuis leur naissance (un gardien des lois maintient l’ordre au sein de la monstrueuse confrérie). Evolutionnisme raccourci ou eugénisme anthropomorphe, peu importe le nom qu’on lui attribuera, cette entreprise, à l’instar des méthodes employées par le docteur, son sévèrement condamnées par Andrew Braddock, seul représentant moraliste du territoire îlien qui tente d’ailleurs d’éduquer par petites touches la jeune Maria dont il s’est entiché.

Une amourette inutile qui dessert davantage l’intrigue qu’elle ne la sert, ne jouant finalement que le rôle de contrepoids à l’horreur qui baigne l’histoire à grands renforts de petits baisers échangés sur fond de décors paradisiaques. De même que le personnage de Montgomery a vu son importance décliner par rapport au roman de Wells, le personnage féminin n’est réduit qu’au statut de second-rôle potiche. Le métrage se joue essentiellement sur la confrontation entre le docteur Moreau et Braddock, mettant constamment à jour le rapport de force relatif qui existe entre les deux personnages. Un rapport de force qui passe inévitablement par les animaux créés par le docteur, ces bêtes entre-deux-états aveuglés par la toute-puissance de leur géniteur mais également happés par les instincts primaires qui les habitent toujours (l’envie de faire couler le sang notamment). Les monstres, aux magnifiques maquillages signés de John Chambers rappelant inévitablement ceux de La planète des singes sur lequel le magicien du latex oeuvra, envahissent peu à peu le devant de la scène pour y jouer leur propre rôle dans une séquence de mutinerie assez efficace. Contrairement au métrage de Kenton (les monstres, confinés à l’état d’ombres), celui de Taylor se plait à mettre en exergue lesdites créatures, objet central de l’intrigue, créant de ce fait davantage une œuvre aventuresque qu’un réel film fantastique anxiogène. Pourtant, fort de cette monstration omniprésente, Taylor ne prend que peu la peine de définir les rapports qui unissent bêtes et maître, ne proposant que ponctuellement des rencontres entre les deux types, humain et animal, pour ne délivrer que de rares preuves d’endoctrinement. Un tâtonnement qui nuit considérablement au soi-disant désir de mutinerie des monstruosités dès l’abord peu enclines à s’essayer à toute action vengeresse.

L’île du docteur Moreau repose essentiellement sur son casting irréprochable et la magnificence de ses maquillages. Moins creusé que son illustre modèle Paramount, le métrage de Taylor propose cependant une relecture plus aérée de l’ouvrage de Wells qui gagne ne clarté ce qu’elle perd en profondeur.


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