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Horsehead : un voyage complexe entre rêve et réalité.

14 février 2015 | Par : Darkness Fanzine

Pour son premier long métrage, Romain Basset n’a pas choisi la facilité, bien au contraire. Il nous entraîne sur les rives oniriques du Purgatoire, à la recherche d’une vérité que la projection du film ne nous révèle pas instantanément. Horsehead raconte l’histoire de Jessica (Lilly-Fleur Pointeaux), hantée depuis son enfance par des cauchemars angoissants durant lesquels elle est inévitablement poursuivie par un être fabuleux à tête de cheval. Une chimère qui semble vouloir son anéantissement mais qui, finalement, n’est peut-être pas ce que les faits nous portent à croire. Appelée à revenir dans la demeure familiale à la mort de sa grand-mère maternelle, Jessica décide d’expérimenter la technique du « rêve lucide » pour percevoir le véritable sens de ses rêves et mieux comprendre le rapport conflictuel qu’elle entretient depuis toujours avec sa mère (Catriona MacColl). Sa confrontation au passé par l’autosuggestion et les drogues, nous transporte avec elle dans les méandres de sa mémoire où se dissimule la clé de toutes ses souffrances et qui livrera même celle de son existence. Vous l’avez compris, il est particulièrement difficile d’expliquer une œuvre atypique qui n’emprunte aucun des codes habituels. Plus qu’un film, Horsehead est une performance artistique qu’il faut ressentir de l’intérieur. Tout est mis en œuvre pour nous y aider. L’esthétique de chaque plan, le travail de cadrage d’une étonnante complexité, les couleurs vives magnifiées par une photographie soignée, une bande son travaillée jusqu’à la dernière note, des bruitages savamment construits et positionnés, et des effets spéciaux utilisés avec raison. Rien n’est laissé au hasard. Tout ce que l’on entend est utile, tout ce que l’on voit est important. L’entreprise, orchestrée par Romain Basset, parvient subtilement à nous emporter au rythme du métronome. Un glissement progressif entre plusieurs réalités qui nous amène à vivre un moment de cinéma singulier. Le sentiment d’avoir participé à une expérience, à un voyage étrange. La certitude de n’avoir pas tout compris mais d’avoir pris du plaisir. Horsehead ne laisse pas indifférent et il faut quelques heures pour intégrer ce que l’on vient de voir. On aime ou on aime pas cette amertume que l’on a forcément au fond de soi en quittant la salle. Les influences sont nombreuses, revendiquées par le réalisateur lui-même. De La Compagnie des loups (Neil Jordan, 1984) à Inception (Christopher Nolan, 2010) en passant par Silent Hill (Christophe Gans, 2003), rien de tout cela n’a été choisi au hasard. Chaque référence est un tableau montré comme une dimension dans laquelle évolue Jessica, et avec elle, le spectateur. Les perceptions du temps, du conscient, de l’inconscient, du matériel et de l’immatériel, tout est placé en équilibre au service de notre réflexion. Dans son court métrage Rémy, co-réalisé avec Christophe Berthemin en 2008, Romain Basset avait déjà commencé à explorer toutes ces thématiques. Avec Horsehead, le réalisateur va beaucoup plus loin. Un premier film ambitieux qui risque de perturber sérieusement un spectateur peu enclin à vouloir décoder seul, un message métaphysique qui n’est peut-être pas à sa portée.

Horsehead (Fièvre) sortira le 11 mars 2015 sur les écrans français.

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