Critique de film

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Horror stories

"Ogamdo"
affiche du film

Une jeune femme séquestrée par un psychopathe va jouer sa survie en lui racontant des histoires terrifiantes...

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Trailer - Horror Stories (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Horror stories - Fais dodo, Colin, mon p’tit frère
Par : Seb Lecocq
Tags : PIFFF 2012, BIFFF 2013

On peut dire qu’en 2012, les films à sketches et autres anthologies horrifiques ont la côte. Rien que durant la deuxième édition du PIFFF, quatre films de ce type étaient programmés. Horror Stories n’est certes pas la plus connue de ces anthologies mais elle n’est pas la moins réussie pour autant. Bien au contraire, le film brille par son homogénéité qualitative, sa très bonne facture technique et son exhaustivité : les réalisateurs impliqués se sont fait forts d’offrir le panorama le plus large possible de l’horreur à la coréenne puisque, outre la traditionnelle petite fille aux cheveux sales, on retrouve du zombie flick, du serial killer movie et du torture porn de qualité, le tout divisé en quatre segments reliés entre eux par par une cinquième histoire servant de fil rouge au film. Ces scènes faisant le lien entre les quatre courts-métrages sont réalisées par Min Kyu-dong, le réalisateur du sublime Memento Mori. Preuve s’il en est que rien n’a été laissé au hasard dans cette production. Effectivement tous ces segments sont très bien mis en scène avec un style et une atmosphère rappelant The Chaser. Le fil rouge de Horror Stories est une variation sur le thème des Mille et une Nuits : une jeune étudiante (la sublime Kim Ji-won à ne pas confondre avec Kim Ji-woon) est kidnappée par un tueur en série qui ne peut s’endormir qu’en écoutant des histoires terrifiantes. La jeune étudiante aura toute la nuit pour l’aider à s’endormir sinon…

Le premier segment s’appelle The Sun and the Moon et s’inspire d’une légende locale très connue. Deux enfants, un frère et une sœur attendent le retour de leur mère dans l’appartement familial mais d’étranges visiteurs vont venir perturber la nuit. Ce premier segment, réalisé par Jung Bum-sik (réalisateur de The Epitaph), est un classique de l’horreur coréenne légèrement revisité puisqu’il mêle la traditionnelle histoire de fantômes à une horreur plus actuelle inspirée par les événements de Yongsan (ndlr : en 2009, lors d’affrontements entre des manifestants retranchés sur le toit d’un immeuble et la police coréenne, 6 personnes ont trouvé la mort.). Ce qui frappe les esprits d’entrée de jeu, c’est la maîtrise technique impeccable du film : photographie, mise en scène, montage, tout est là pour créer le malaise et l’ambiance propice au déroulement de l’histoire. Peu à peu, le doute s’insinue et la frontière entre rêves et réalité s’atténue. La construction est on ne peut plus classique mais hyper efficace. Les deux enfants sont très bons et portent sur leurs frêles épaules une bonne partie de la réussite du segment. Un bel exemple du savoir-faire coréen en matière d’horreur. Ultra-classique mais maitrisé sur le bout des ongles, The Sun And The Moon fonctionne du feu de dieu et parvient à surprendre lors d’un final où la contestation politique et sociale se mêlent à l’horreur. Du très bon boulot.

Le second film propose une relecture du film de serial killer mais entre les quatre murs et les deux ailes d’un avion. Chargés d’escorter un tueur en série lors d’un transfert aérien, deux flics et deux hôtesses de l’air sont pris pour cible lorsque l’assassin parvient à s’échapper. Exit le fantastique et place au thriller avec cette version courte du classique film de tueur en série, un genre que les coréens maitrisent à la perfection. Im Dae-woong, réalisateur pas top Bloody Reunion, livre un film tendu et efficace si on parvient à faire fi de quelques invraisemblances, faiblesses d’écriture et bêtise pathologique de la maréchaussée locale. On répertorie quelques meurtres assez graphiques, un personnage de tueur très réussi et une scream queen qui l’est tout autant. Tout est là pour orchestrer un joli duel. Là aussi on est dans le classique avec, toutefois, moins de réussite que le premier segment. La mise en scène est de qualité et esthétiquement le film tient carrément la route. L’ensemble se laisse suivre et est très correct mais il manque un petit quelque chose pour tirer le film vers le haut et en faire une vraie réussite.

L’avant dernière histoire est elle aussi basée sur la légende coréenne « Kongjwi and Patjwi » (ndlr : Un couple vit heureux avec leur fille Kongji jusqu’à la mort de la mère. Le père se remarie avec une horrible mégère qui vient vivre dans la maison avec sa belle fille Patji. Jalouse de Kongji, belle mère et belle fille font faire vivre un Enfer à Kongji) qui est ici modernisée et adaptée au XXIé siècle. Le film, mis en scène par la réalisatrice Hong Ji-young dont c’est la première incursion dans l’horreur, prend le temps de poser une ambiance, une intrigue et ses personnages. L’histoire prends des atours de conte de fée moderne et se veut influencée par la série Nip/Tuck tant le héro, un chirurgien esthétique, rappelle le docteur Troy. L’avantage de ce segment est que sa réalisatrice, issue de la comédie romantique et du dorama s’éloigne des codes habituels de l’horreur pour livrer sa propre version de l’histoire. On évite donc les filtres glauque, les ambiances poisseuses et malsaines. Esthétiquement le film est très propre et évoque les atmosphères policées de série domestique américaine ce qui renforcera les effusions de sang surgissant lors de la dernière partie du film. Ce décalage joue bien évidemment en faveur du film qui se permet en outre de balancer quelques petites quenelles sur l’oisiveté et la quête de jeunesse éternelle de la bourgeoisie coréenne. Pour faire un bon film, il faut un bon méchant, celui de cette relecture moderne de Kongjwi and Patjwi est parfaitement réussi. On ajoute un casting solide et on obtient une jolie démonstration du savoir faire coréen. Classique mais réussi.

L’honneur de clore les débats revient eux prolifique frères Kim (auteur entre autre d’Anti-Gas Skin, décortiquer dans le premier numéro de Cinemag Fantastique) qui vont relever le défi haut la main en investissant un genre très populaire en Occident mais beaucoup moins en Corée : le zombie flick. Première bonne idée des frangins, situer leur histoire à l’intérieur d’une ambulance. Ce huis très clos instaure d’entrée de jeu une grosse tension entre les deux camps présent dans l’habitacle de l’ambulance : une fille mordue et sa mère d’un côté, le corps médical de l’autre. Outre cette tension interne, l’ennemi est aussi à l’extérieur avec une horde de morts –vivants prenant l’ambulance d’assaut. Les frères démontrent une nouvelle fois leur maitrise formelle en signant une mise en scène enlevée, à l’épaule et prouvent qu’on peut cadrer à l’épaule sont sombrer dans la shaky cam dégoutante.

Très finement écrit, parfaitement mis en scène avec ce petit côté « sur le vif » qui fait la différence et avec cette petite touche d’ironie propre au frères, ce segment s’impose comme l’une des réussite de cette anthologie qui sans faire de bruit se classe dans le haut du panier du genre.


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