Critique de film

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Hindsight

"Hindsight"
affiche du film

Ex-patron d’un gang, Du-Heon s’inscrit à des cours de cuisine dans l’espoir de prendre un nouveau départ en ouvrant un restaurant. Il y rencontre Se-Bin, une mystérieuse et séduisante jeune femme. Du-Heon doit malgré lui revenir aux affaires et se confronter à son successeur dans le milieu. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Se-Bin est une tueuse à gages employée par le successeur de Du-Heon pour le tuer...

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Trailer - Hindsight (2011)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hindsight - Master chef
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2012

Le retour aux affaires du réalisateur d’Il Mare ne pouvait passer inaperçu. Hindsight, amalgame de romantisme fiévreux et de grand banditisme, présage déjà, le pitch à peine posé, une nouvelle décalque américaine dont seul Keanu Reeves. Le postulat n’est pourtant pas neuf : le cinéma sud-coréen a déjà enfanté, sur un thème similaire, de Ma femme est un gangster et de ses suites, tragi-comédies survitaminées à la mise en scène ultra-académique. Or s’il reste un prodige allouable à Hindsight, c’est sa mise en forme : naviguant de Séoul à Busan, Lee Hyeon-seung oppose deux Corée du Sud ; celle, froide et pervertie, de la capitale (bénéficiant d’une teinte bleutée glacée) et celle, organique et magnificente, de la ville portuaire où se développent les instants les plus charnels de la passion qui lie les deux héros.

Suivant le dédale d’émotions du couple en devenir, entre attachement et déchirement, la construction narrative patine quant à elle dans la semoule. Les inlassables mouvements de yo-yo opérés sur plus de deux heures finissent par rendre l’œuvre au mieux tolérable : au fur et à mesure, l’esthétique perd de sa superbe, la caractérisation atteint ses limites, le scénario tourne en rond. Plombé par des séquences pompées sur un quelconque Top Chef asiatique, l’aspect tragique de l’amour rendu impossible par les plaies béantes d’un passé tenace s’écaille et ne laisse en définitive qu’un arrière-goût plutôt suret. Pourtant, Song Kang-Ho (The Host, Thirst) met du cœur à l’ouvrage mais, comme l’illustre son incompétence culinaire dans le film, la sauce ne prend pas, tant et si bien que, lorsque débarque un tueur froid et implacable pour dynamiser un peu l’ensemble, on sait déjà que le soufflé ne pourra plus être sauvé.

Sorte de Top Chef asiat’ entremêlé de fausses séquences d’imbroglios mafieux, Hindsight constitue le contre-exemple du polar sud-coréen en verve depuis quelques années.


Critique de Hindsight - Top Chef
Par : Seb Lecocq

« Polar coréen ». « Song Kang-ho ». Deux termes qui, associés, sont synonymes de qualité. Une fois de plus, c’est le cas. Pour ceux qui ne le remettent pas, Song Kang-ho est l’acteur fétiche de Bong Joon-ho que l’on a pu voir dans Barking Dogs, Memories Of Murder, The Host. Mais qui a aussi tourné pour Kim Jee-won (Le Bon, La Brute et le Cinglé, Quiet Family, The Foul King) et Park Chan-wook (JSA, Thirst, Sympathy for Mr Vengeance). Il est tout simplement le visage de ce nouveau cinéma coréen en vogue depuis une quinzaine d’années. Beaucoup le surnomment aussi le Robert De Niro coréen. Le De Niro de la grande époque s’entend. Cette fois, il offre son visage poupin et jovial au réalisateur Lee Hyun-seung aussi discret que talentueux. Lee est surtout connu en Europe pour avoir réalisé Il Mare, excellent mélodrame fantastique. Le mélo, il aime ça, Lee Hyun-seung et il en remet une bonne couche dans Hindsight, mais en le camouflant cette fois sous les atours du polar coréen pour mieux le tordre, le modeler et l’avoir à sa pogne.

Hindsight commence par une rencontre anodine. Un homme et une femme que tout sépare partagent un même plan de travail lors de cours de cuisine collectifs. Sauf que lorsqu’on est un ancien gangster, aussi légendaire que mystérieux, retiré des affaires, rien n’est jamais dû au hasard. Cette jeune fille est trop touchante, trop belle, trop opposée à lui que pour être honnête. Sous la camera de Lee Hyung-seun naît une histoire impossible qui va se finir tragiquement. On le sait dès le départ mais l’important ne réside pas dans le final mais dans la construction de l’histoire. S’il se glisse dans le costume du polar, le film est avant tout l’histoire d’une rencontre improbable et impossible entre un quarantenaire et une petite minette. Par petites touches, coup de pinceau après coup de pinceau, le cinéaste construit cette relation à l’image d’un peintre pointilliste. C’est l’assemblage de tous petits détails insignifiants, distillés avec savoir-faire par un réalisateur qui maitrise son sujet sur le bout des doigts, qui va donner un résultat grandiose. Un exemple vient de l’utilisation intelligente du téléphone portable nouvelle génération qui, d’abord présenté comme un fossé entre les deux futurs amoureux, va s’avérer être un objet essentiel à leur relation. Des petites choses dans le style, Hindsight en regorge.

Mais on a beau connaitre le sujet et le style comme sa poche, dans ce genre de relation, la complicité des comédiens est primordiale. La bonne surprise vient de Shin Se-kyong qui, du haut de ses vingt ans, tient la dragée haute à son partenaire et rend crédible et attachant ce personnage un peu paumé. Leur alchimie est palpable dès les premières images à un point tel qu’on a l’impression parfois de revoir la Jeon Ji-hyun de My Sassy Girl. Leur relation se développe crescendo pour atteindre son apogée dans un presque final à la beauté et à la puissance incroyable. Le métrage, construit de manière intelligente, part du couple central pour se déployer en cercles concentriques tout autour d’eux. A l’image des ondes provoquées par un galet frappant la surface de l’eau. Tout autour d’eux des événements se produisent, s’organisent contre leur gré. C’est ici qu’intervient la partie polar du mélo-polar. Bien que très peu familier du genre, le réalisateur excelle dans cette partie aussi même si elle s’avère moins originale et plus balisée que le côté mélodramatique.

L’intrigue s’articulant autour de la succession d’un gang, des intrigues en découlent auxquelles sont mêlés les deux héros. L’image est soignée « à la coréenne », les truands arborent tous de magnifiques costumes noirs et les armes blanches sont de sortie. La réalisation de Lee est classieuse, posée et moins tape-à-l’œil que chez certains de ses collègues. Le grain de l’image rappelle le néo-polar européen ou américain avec des emprunts au cinéma de Michael Mann et de Nicolas Winding Refn. Le film est aussi très lumineux, très propre, un peu trop parfois, ce qui tranche avec la noirceur habituelle du cinéma du pays du Matin calme. Lee préfère jouer sur les subtils changements d’ambiance et de colorimétrie pour souligner ses effets. Chaque image tend vers la perfection mais contient en elle une profonde mélancolie. Puis la fin arrive, inévitable, inéluctable et se traduit par le plus bel acte d’amour qu’on puisse imaginer. Les deux heures de film qui ont précédé tendent totalement vers cet instant. La finalité du film, la scène qui va mettre fin à tous les enjeux et conflits ébauchés jusqu’ici. Un modèle d’écriture. Qu’une dernière scène totalement artificielle et creuse vient gâcher. Le film dure trois minutes de trop, trois minutes qui viennent gâcher ce qui était jusque-là un excellent film. Trop con…

Hindsight n’est pas parfait, il possède même de nombreux défauts, et se montre souvent trop propre, trop classique, trop balisé. C’est une histoire déjà-vue et lue des dizaines de fois qui, dans ses grandes lignes, ne réserve aucune surprise. La fin elle-même devient prévisible passé la première demi-heure. Mais Hindsight possède d’autres atouts : il excelle dans les détails, les petites choses. Porté par un couple d’acteur extraordinaire et une ambiance douce-amère propre au cinéma coréen, le métrage nous embarque dans une histoire mêlant joliment polar et romance. Une madeleine de Proust pour tous ceux qui ont grandi avec les mélopolars hongkongais découverts dans les années 90. Hindsight se rapproche énormément du Beyond Hypothermia de Patrick Leung mais avec des spécificités et une esthétique coréennes. Le film laisse le temps aux personnages de se développer, que ce soit dans l’action ou dans la comédie. Tout autant mélodrame poignant que polar enragé, Hindsight est un polar coréen pour ceux qui ont aussi un cœur.


Commentaires sur le film

J’ai bien aimé !

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Merci à Seb Lecoq pour son article que je trouve très juste sur ce film.
le film est vraiment attachant ; la photo excellente, porté par Song Kang-ho, mais l’actrice débutante qui lui fait pendant tient très bien le rôle et très jolie à regarder ;-) donc la mayonnaise prend bien et on a plaisir à les suivre.
généralement les films coréens que je regarde sont un festival de baston ou des films chocs. ce film est vraiment beaucoup plus tranquille, même tout public (encore que l’action y est présente et ne déçoit pas), mais il ne manque pas du charme qui fait la saveur du cinéma coréen. pas un grand film, mais j’ai plaisir à l’avoir dans ma DVDthèque et je sais que je le reverrai :-) à conseiller !

15 mars 2013 à 22:03 | Par j’ai aimé

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