Critique de film

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Helldriver

"Nihon bundan: Heru doraibâ"
affiche du film

Un groupe de survivants lutte contre une épidémie zombiesque.... provoquée par des extraterrestres.

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Trailer - Helldriver (2010)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Helldriver - Le grand foutoir à Nishi
Par : Damien Taymans
Tags : Asiatique, Gore, BIFFF 2011

Un pays composé de 6850 îles, c’est déjà en soi une promesse de communautarisme. Alors, depuis le réveil de morts-vivants à cornes dans le Nord du pays, le Japon s’est encore davantage dessoudé. Mais comme le prouvent les voisins Coréens, la co-habitation de type "chacun chez soi et les moutons sont bien gardés - mais gare si un de ceux de mon voisin vient paitre sur ma belle pelouse !", c’est tout à fait viable. Enfin jusqu’à ce que certains olibrius cornés ne viennent tenter l’aventure extra-muros afin de comparer la chair des sudistes qui semble-t-il est plus fraîche. Kika, dont le coeur artificiel bat la chamade à chaque rencontre avec de la goule périmée, entreprend de jouer les missionnaires en terre zombie quitte à les convertir à la doctrine "marche ET crève !"...

C’est tout nu et tout bronzé que le détraqué Yoshihiro Nishimura (Tokyo gore police), le maître des geysers d’hémoglobine nippons, est venu présenter son Helldriver, programmé en Midnight X-treme screening. Annoncé comme la plus foutraque des productions Sushi typhoon, Helldriver s’assimile à un road-movie déjanté dans lequel les têtes de zombies, propulsées par un base-baller plutôt adroit en matière de home-runs, pleuvent par centaines, les transplantations cardiaques se pratiquent sans anesthésie et les goules sont régies par celle qui possède la plus belle corne. Car, désignées par Nishimura, les créatures ont le front orné d’un appendice, évoquant la glande pinéale du From beyond de Stuart Gordon, seul talon d’Achille de ces créatures indestructibles.

Helldriver, compilation d’idées complètement timbrées, se montre pourtant moins inventif que le précédent effort en solo du réalisateur, Tokyo gore police et bénéficie d’un traitement formel assez médiocre. Décevant, le film ressemble à une composition démentielle désorganisée (même temporellement puisque le générique surgit seulement à la troisième bobine) étirée sur une trop longue durée pour ce genre d’exercice.


Critique de Helldriver - Le plaisir de la chair
Par : Seb Lecocq

Sushi. Typhoon. Voilà deux termes qui font mouiller les asiatophiles les plus déviants du monde entier. Sushi Typhoon est une boite de production/ structure de développement permettant de distribuer des films gore et totalement fous à petit budget. Derrière cette structure, on retrouve entre Yoshihiro Nishimura, Noboru Igushi, Tak Sakaguchi entre autres, qui ont décidé d’unir leurs forces suite au succès de Machine Girl et Tokyo Gore Police. Helldriver est le dernier film du génial mais totalement timbré Yoshihiro Nishimura (Tokyo Gore Police, Vampire Girl Vs Frankenstein Girl), ses précédents films repoussaient déjà les limites de la bienséance et du bon goût cinématographique. En la matière, Helldriver va encore plus loin. Beaucoup plus loin.

Sur le papier, Helldriver mixe le film de motards, le post-apo et le bon vieux zomblard flick. Mais, à la sauce sushi Typhoon, c’est-à-dire avec moult débordements gore, de l’humour au ras des pâquerettes, de belles petites pépées et surtout une inventivité détonante. Nishimura, à l’aide de quelques idées bigger than life, renvoie les cinéastes de la chair que sont Cronenberg et Tsukamoto à leurs chères études. Si ces deux-là scrutent et dissèquent la chair, Nishimura l’éparpille aux quatre coins de Paris, façon puzzle, pour paraphraser Audiard. Lui, la chair, il la dynamite, la disperse, la ventile !

Tout commence quand Rikka et Kika, mère et file, se bastonnent lorsque la fille découvre sa mère en train de dévorer son père. S’ensuit une bagarre monstre entrainant la contamination de tout le Japon, transformant le pays en territoire occupé par des freaks zombies. Tout le territoire ? Non... la moitié seulement, l’autre moitié étant habitée d’humains normaux. Manque de bol, la reine des zombies n’est autre que la mère de Rikka, chargée d’éradiquer la racaille morte-vivante. Alea jacta est dès le dévoilement de ce pitch savoureux mixant zomblards et complexe d’Œdipe. Mais n’attendez pas de Nishimura qu’il se plonge dans le pathos. Ce qu’il aime, c’est le gore, la tripaille et surtout le corps humain dans toute sa splendeur. De fait, il arme son héroïne d’un sabre tronçonneuse, idéal pour découper les muscles et faire gicler le sang. On aime beaucoup Tokyo Gore Police qui, jusqu’ici, faisait office de parangon de gore et de WTF mais autant le dire tout de suite Helldriver explose son prédécesseur, s’aventurant beaucoup plus loin dans la folie, le gore et surtout, la poésie macabre et dégénérée dont Nishimura s’est fait la chantre.

La vraie force de Helldriver, et de toute l’équipe de Sushi Typhoon, c’est l’amour immodéré que leurs géniteurs portent au bis ou au Z. Du gore, le film en comporte par paquet de douze, de la tripe et de la chair putréfiée tout autant. Mais le vrai bonus de tous les films de Nishimura se cache dans cette poésie qui s’en dégage, ces geysers de sang aspergeant le visage des ces héroïnes. Une poésie malade, folle et pourrissante certes, mais une poésie malgré tout qui rend certains plans d’Helldriver beaux à se damner. Pour preuve, ces combats nombreux, variés et fous qui parsèment le film, comme cette scène dans laquelle Rikka affronte sa mère sur un avion à réaction entièrement constitué de corps humains imbriqués les uns aux autres. La chair humaine, le réalisateur fou aime la détruire et la découper mais il ne rechigne pas à la mettre en valeur lors de plans plus apaisés dans lesquels Eihi Shiina est magnifiée telle une diane chasseresse à la beauté hypnotique et vénéneuse. Shiina est par moments seule à l’image et elle irradie de son étrange beauté. Plus aucun doute n’est possible elle est vraiment la muse de Nishimura qui le lui rend bien en filmant sa beauté mieux que personne.

Evidemment, le film souffre des défauts inhérents au genre et aux productions Sushi Typhoon : le rythme est inégal, le film globalement trop long et le manque de moyens est parfois criant mais Helldriver est tellement généreux, tellement fort et tellement à part dans le monde du cinéma de genre qu’on lui passe volontiers ces quelques écueils et faiblesses. Helldriver se voit, se vit, comme une poésie gore et macabre. One of us ! One of us !


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