Critique de film

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Gozu

"Gokudô kyôfu dai-gekijô: Gozu "
affiche du film
  • Année de production : 2003
  • Réalisateurs : Takashi Miike
  • Scénaristes : Sakichi Sato
  • Acteurs : Hideki Sone, Sho Aikawa, Kimika Yoshino, Shohei Hino, Keiko Tomita
  • Musique : Kôji Endô
  • Genre : Thriller - Psychologique
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 2h10
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Corbeau d'argent au BIFFF 2004 Meilleur Film asiatique et Prix du Jury au Festival du Film Fantastique de Neuchâtel 2003 Nominé comme Meilleur Film au Festival de Sitges 2003 Meilleurs effets spéciaux et Prix Spécial du Jury au Festival de Sitges 2003

Minami, un jeune yakuza, est chargé par son patron d'emmener Ozaki, qu'il considère comme son frère, à la décharge des yakuzas à Nagoya car ce dernier est devenu plus ou moins fou. Mais Ozaki meurt lors d'un coup de frein trop brutal. Arrivé à Nagoya, alors que Minami essaie de contacter son patron, le corps d'Ozaki disparaît. Il part à sa recherche et rencontre des personnes très étranges.

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Trailer - Gozu (2003)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Gozu - Au plus profond du mal-être...
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique, Comédie

Takashi Miike est ce que l’on peut appeler LE grand perturbé du cinéma japonais. Il nous l’a prouvé à de maintes reprises avec, notamment, les hautement dérangeants Imprint et Audition, le bien sanglant Ichi the killer ou encore les délirants Dead or alive.

On peut clairement se demander où se réalisateur de génie va parfois chercher ses idées et chaque nouveau film est pour lui l’occasion d’encore nous surprendre et nous perturber. Gozu ne fait pas exception à la règle, loin s’en faut !

Avec ce film, Miike nous a sans doute livré son œuvre le plus givrée mais aussi la plus personnelle. Ce métrage nous propulse carrément au cœur de l’étrange, au plus profond des interrogations du réalisateur.

Pour une fois, même si le film est encore une fois basé sur une histoire de yakuzas, thème récurrent chez Miike, l’action se détache totalement des bandits japonais et nous propose tout un panel de personnages bizarroïdes.

Vraiment perturbants, ceux-ci n’ont qu’un seul but : ajouter à la confusion ambiante une profondeur de propos rarement atteinte par le cinéma de genre. A mi-chemin entre le film policier, le thriller et le film psychologique, Gozu retourne l’esprit du spectateur en un clin d’œil et l’emmène vers une démence incroyable.

A proprement parler, l’œuvre est donc un voyage initiatique qui nous fait visiter les méandres du cerveau perturbé d’un réalisateur hors normes. Ce voyage débute du simple postulat d’un règlement de compte entre yakuzas.

C’est alors que commence un road-movie calme mais captivant entre le tueur et sa future victime à travers des campagnes japonaises très mornes. On assiste donc à une première partie de film où l’humour est certes présent mais où rien ne laisse présager l’avalanche de complications qui va suivre.

Le décès inopiné d’Ozaki et la disparition de son corps nous font alors entrer dans la deuxième partie du film tambour battant. Après une scène exceptionnelle de drôlerie dans une cafétaria peuplée de gens bizarres, on se rend compte que Miike va nous emmener droit dans sa folie ! Au passage, la lancinante réplique « Il fait un de ces cagnards mon gars, j’lui dis » nous est susurrée une bonne cinquantaine de fois en… 5 minutes, ce qui renforce encore notre incompréhension mais aussi notre sourire et surtout notre mal-être devant cette œuvre torturée !

Torturée, la musique l’est tout autant ! Avec un Kôji Endo (Zebraman, Imprint, Visitor Q,…) au sommet de son art, on devait s’y attendre : les violons souffrent et la musique saccadée donne un réel sens en plus à chaque scène.

Enfin, le mot sens ne peut être pris au premier degré puisque, pour trouver un sens à l’œuvre, il faut vraiment se laisser bercer par cette dernière, se laisser aller à la terrible mise en scène de Miike, qui nous renvoie toujours plus vers notre propre interprétation des choses.

Du début à la fin, il est donc plutôt difficile de comprendre la signification de toutes les images qui nous sont envoyées : entre la vieille aux seins remplis de lait, le chef-yakuza fétichiste des louches dans l’anus et l’homme qui sort du vagin, on a de quoi se poser quelques questions…

Le film est en fait centré sur la notion de désir sexuel en s’interrogeant sur la construction d’une identité sexuelle chez les yakuzas. Les petits clins d’œil sont légion et livrent en fait tout le questionnement d’un Miike vraiment perturbé qui signe, avec Gozu, un véritable film d’auteur poignant et efficace.

Certes quelques longueurs sont constatées avec que l’action ne reprenne vers la fin du film mais le final grandiose nous réconcilie tout à fait avec une œuvre qui ne peut que marquer les esprits.

Notons aussi la superbe interprétation d’un Sho Aikawa une fois de plus au sommet de son art ! L’acteur fétiche de Kurosawa (Kairo, Séance,…) prouve donc une fois de plus qu’il est un acteur d’exception et Miike ne peut que se féliciter de l’avoir engagé.

Bref, un film gravement perturbé mais hautement recommandable, qui émeut, fait sourire et surtout réfléchir ! Miike signe là une œuvre bien plus personnelle qu’à l’habitude et se démarque totalement du cinéma d’action pour nous procurer un plaisir (mais aussi une torture, les deux sont sans doute liés !) sans bornes !

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