Critique de film

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Godzilla Final wars

"Gojira: Fainaru uôzu"
affiche du film

A la suite d'une vague incessante de guerres et d'une croissance démesurée de la pollution, d'énormes monstres font leur apparition. Heureusement pour l'humanité, l'EDF (Earth Defense Force), veille et emploie des unités mutantes pour combattre la nouvelle menace. Lorsque les différentes créatures gigantesques se mettent à attaquer simultanément les diverses capitales de la planète, l'EDF se retrouve soudainement impuissante face à l'énorme invasion.

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Trailer - Godzilla final wars (2004)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Gozilla : Final wars - Ils sont venus, ils sont tous là... Il va mourir Godzilla !
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Asiatique, Monstres

Godzilla Final Wars a été pensé comme la conclusion de la plus longue saga de l’histoire du cinéma. Avec 27 films au compteur et 50 années de présence, le gros lézard écrase ses rivaux, que ce soit James Bond, Emmanuelle ou les équipages successifs de l’Enterprise. Est-ce vraiment la fin se demanderont les fans ? Probablement pas, puisque la Toho nous a déjà fait le coup à plusieurs reprises. La dernière "mort" de Big G, en 1994, avait donné un métrage sympathique mais imparfait multipliant les autocitations : Godzilla VS. Destoroyah. Et, dix ans plus tard, ce Final wars reprend, peu ou prou, une formule identique ! Sans beaucoup de réussite malheureusement ! Pourtant la présence derrière la caméra de Ryuheu Kitamura laissait espérer un final à la hauteur de la légende, le cinéaste ayant conquis le cœur des amateurs de fantastique déjanté avec l’excellent et très gore Versus. Si ces œuvres ultérieurs se sont révélées moins pertinentes (Azumi ou Aragami étaient un peu décevantes), l’annonce de Kitamura à la mise en scène du dernier film de Godzilla avait néanmoins ravi les fans du monstre japonais. Le résultat, pourtant plutôt correct, s’avère donc en définitive une grosse déception car on pouvait en espérer tellement plus !

Premier problème, mais de taille ("size does matter" disait justement la pub du Godzilla version US), la durée du film. Deux bonnes heures ! C’est long ! Très long, d’autant que le monstre vedette n’apparaît qu’après plus de soixante minutes. Que fait Kitamura pendant la première partie de son métrage ? Il se concentre sur les humains. Vous savez ces petites créatures insignifiantes et insipides dont le seul rôle valable, au sein d’un Keizu Eiga, est généralement de courir en criant très fort avant de se faire piétiner par un monstre crachant du feu nucléaire. Ici, le cinéaste se la joue X-men avec des mutants dotés de superpouvoirs. C’est dans l’air du temps et ça permet quelques combats bien débiles à la mode free-fight. Pas mal fichus en plus mais aussi à leur place dans un film de Big G. qu’une apparition de Mothra dans un kung-fu câblé des années 90 ! Kitamura convoque également des aliens qui, sous leur apparence de gentils sauveurs de la Terre, cachent - très peu - d’affreux méchants. Que du classique très prévisible reprenant d’ailleurs, dans les grandes lignes, l’histoire d’un des films préférés des fans de la franchise : Invasion planète X, réalisé une quarantaine d’années plus tôt. L’intrigue avance donc en boitillant et tout le monde se fout de cette progression dramatique, ou plutôt de son absence puisque le plus inattentif des spectateurs a immédiatement compris où le film nous menait : vers les combats de monstres tant attendus. La nostalgie, camarade, est donc malheureusement plus proche d’une fainéantise rétrograde que d’un hommage sincère tant Godzilla Final wars se contente de reproduire des recettes bien usées en tentant de les remettre au goût du jour via des effets spéciaux plus présents.

Autre immense problème de ce Final wars, en partie (mais en partie seulement) lié à sa durée : le rythme. Et là, nous frôlons la catastrophe ! Le film se traîne en effet de manière soporifique, présente des intrigues connexes inutiles et sans intérêt, pour - lors des séquences d’action, devenir rapide et frénétique, au point qu’on ne comprend plus grand-chose, si ce n’est que tout explose ! Heureusement, les monstres sont venus, ils sont (presque) tous là et ils ne sont pas contents : de King Caesar à Hedora en passant par Anzila, Ebirah, Mothra, Gigan (magnifique avec ses « méga-tronçonnneuses ! ») et Ghidorah, sans oublier le Godzilla US en images de synthèse et le puissant Rodan, ça déchire : toutes les capitales sont mises à sac par les grosses bébêtes qui écrasent beaucoup de jolies maquettes (le charme de Godzilla reste présent puisque l’on voit qu’il s’agit de maquettes mais c’est fait exprès et elles sont très jolies quand même) sous leurs grosses pattes. Hélas, très vite, les humains, vous savez ces petites créatures insignifiantes…(cf. plus haut) reprennent du poil de la bête et vont jusqu’à vaincre Ebirah en utilisant des pistolasers et des sauts aériens digne du combat libre. Vu comme ça, Final wars peut sembler complètement nawak et donc irrésistible pour les amateurs de nanar jouissif mais, en fait, l’ensemble se révèle plutôt ennuyeux et raté. Alors que le monde sombre dans le chaos, les aliens interviennent, sauvent le monde (on se demande pourquoi) et font régner la justice et la paix. Mais chacun sait que l’on ne peut pas faire confiance à un extra-terrestre, même si son principal souci est de savoir comment servir l’homme. Donc, nos aliens dévoilent finalement des intentions bien fourbes et leur plan du fond de l’espace (le neuvième ou le dixième sans doute) finit par être éventé par de valeureux terriens. Quarante minutes et des poussières d’ennui absolu, de dialogues crétins, de stupidité complète suivent donc, faisant fondre l’enthousiasme du spectateur à deux doigts de l’endormissement.

Il faut attendre l’arrivée de Godzilla, que l’on n’espérait même plus (après une heure dix minutes !), pour réveiller le public ! Enfin, nous avons droit à notre vrai dose de Keizu décérébré, avec prise de catch, monstres transformables, figurants paniqués (les figurants sont toujours paniqués dans ces films, à la différence des figurantes de porno), explosions, pif paf, un peu d’humour, parfois volontaire (rarement), souvent involontaire (déjà plus généreusement dispensé. Une série de scènes assez jouissives qui ne permettent pas de sauver le métrage mais lui évitent néanmoins un complet naufrage. Ces trente minutes s’avèrent donc franchement sympathiques à condition d’accepter la donne : comme disent les légionnaire : "tiens voilà du bourrin". Les attentes énormes suscitées par ce film hommage sont donc loin d’être tenues et seules ces nombreuses destructions massives vont nous garder éveillés jusqu’au terme de ces deux heures pas vraiment convaincantes.

Au final (hum !), Godzilla final wars constitue donc une sorte de gloubi-boulga indigeste vaguement consommable sur l’instant mais qui, hélas, colle aux dents. Grosse musique techno boum boum, effets visuels à la Matrix déjà vus et revus, bastons ridicules et pyrotechnie démentielle, Kitamura en met plein la vue, plein les oreilles et tente d’accoucher d’un produit à la fois grand public et culte. Le résultat, hélas, s’apparente plutôt à un nanar plus ou moins volontaire, finalement pas beaucoup plus réussie qu’un gros blockbuster Z à la Independance Day. Et même, osons l’affront suprême, à peine plus distrayant que le Godzilla version USA. Si c’est pas malheureux ma bonne dame !

Dans la mouvance Roland Eimerich, Michael Bay, Uwe - pas de - Boll, Bartkowiak, Bekmenbetov et consorts, la mondialisation de la frime, du vide et du rabotage de cerveau continue, pour le plus grand plaisir des petits et des grands. A condition d’accepter cette option purement régressive ce pitoyable Godzilla Final wars parvient à procurer un semblant de plaisir. Mais faut être courageux et ne pas trop regarder sur la marchandise proposée, déjà bien avariée !

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