Critique de film

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Fear itself - Spooked

"Fear itself - Spooked"
affiche du film

Harry Seigal est chargé par une dame de ramener la preuve que son mari la trompe. Lors de sa planque, celui-ci doit affronter ses anciens démons...

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Trailer - Fear itself - Spooked (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Spooked (FI 1) - Du déjà-vu
Par : Damien Taymans
Tags : Psychologique

Le premier épisode de la série Fear itself, The Sacrifice de Breck Eisner, a d’ores et déjà donné le ton de la nouvelle entreprise de Mick Garris. Contrairement aux Masters of Horror, la présente série s’attèlera à respecter une déontologie plus stricte en sombrant beaucoup moins dans le gore graveleux que dans l’horreur suggestive. S’accordant au protocole bien pensant et politiquement correct du monde de la petite lucarne télévisuelle, l’anthologie préconise un retour aux sources du genre pour une horreur davantage atmosphérique à défaut d’être expositive.

Brad Anderson, metteur en scène de bijoux tels que The Machninist et Session 9, a effectué un début pour le moins mitigé au sein de la communauté très ouverte (au vu du nombre de personnes taxées de cette étiquette sur l’ensemble des trois saisons) des maîtres de l’horreur. Son Sounds Like s’est hissé au niveau des bonnes réalisations de la saison 2 des Masters of Horror sans pour autant constituer un rendez-vous incontournable. Restait au réal à confirmer son statut de magnat horrifique grâce au deuxième épisode de cette série déjà prometteuse.

Harry Seigal, inspecteur aux méthodes peu scrupuleuses (vas-y que je brûle la joue d’un témoin pour le faire parler ou que je lui entaille la cuisse histoire de lui faire cracher le morceau), s’est reconverti en détective privé aux méthodes pas plus édulcorées. Alors qu’il est chargé d’une nouvelle mission par une blonde pulpeuse qui ne supporte plus que son époux fasse joujou avec popol en présence d’autres partenaires, le détective prend place dans une maison abandonnée sise en face de celle du mari adultère. Au sein de cette bâtisse, Seigal doit affronter les démons de son passé…

Utilisant intelligemment les effets sonores (comme c’était le cas dans Sounds Like) et instaurant une atmosphère sombre à souhait, Anderson suit la lignée entamée dans ses précédentes réalisations. Imposition lente d’une ambiance pesante, déstabilisation psychologique du héros, recours à des imageries mystérieuses, le réal s’en donne à cœur joie pour conjuguer les intérêts suggestifs de la série et ses propres caractéristiques de mise en scène. Seulement, la sauce ne prend pas…

La faute à un scénario trop léger et convenu signé Matthew Venne qui avait commis deux méfaits auparavant avec Pelts, segment amputé de toute narration et La voix des morts 2, séquelle inintéressante et trop gentillette. Le traitement psychologique n’est effleuré que maladroitement en jouant sur une cordelette sensible qu’on aura tôt fait de briser en un tournemain. Le héros est dans un premier temps décrit dans ce qu’il a de plus antipathique. Les méthodes peu orthodoxes employées dans sa carrière de flic semblent se répéter dans sa nouvelle voie professionnelle où il s’adonne volontiers au chantage afin de combler des fins de mois sans doute dignes de celles d’un smicard. Dès lors, les évocations doucereuses d’un trauma potentiel (Seigal semble allergique aux armes à feu) tombent à l’eau et la rédemption du héros entamée vers la fin du segment sonne faux.

Les autres personnages brossés à la queue de vache frappent par leur transparence, effacés qu’ils sont par un héros qui prend toute la place, reléguant les seconds aux rôles de pitre (son acolyte) ou d’éléments de décor (les femmes trompées). Paradoxalement, chacun jouera un rôle lors d’un dénouement abrupt et improbable puisqu’il met en présence des personnages, peu enclins à agir, qui sont réunis dans des circonstances assez floues. Quant aux conventions reproduites lors du passage de la maison hantée, ce ne sont là que redites protocolaires sans intérêt.

Spooked déçoit par son manque d’engagement et sa reproduction facile de schémas trop connus. Aucune surprise ne vient se glisser au sein de cet épisode qui ne dispose finalement que de peu d’arguments en sa faveur…

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