Le Festival Européen du Film fantastique de Strasbourg

FEFFS 2014 : le cinéma de Hooper et Du Welz

Les films s’enchaînent et on ne voit pas le temps passer au FEFFS ! Demain, c’est déjà la clôture (sympa : le lendemain le festival se prolonge d’un jour avec une foultitude de redif’) et le président du jury international, Tobe Hooper, aura la délicate tâche de remettre ses prix à une compétition plus que jamais de qualité (nos chouchous : Housebound, White God, A Girl Walks Home Alone at Night et Alléluia). Mais on ne va pas trop ici s’attarder sur ces films coup de cœur et d’autres, qui nous auront moins convaincus comme Late Phases, sorte de « Bubba Lycanthrope » sans humour avec des loups-garous moyennement réussis ou l’horripilant Starry Eyes dont mes collègues vous ont déjà parlé (des critiques sont déjà dispo sur le site, d’autres arrivent très vite et certaines auront même les honneurs de figurer dans le CinémagFantastique #6 à sortir mi-octobre).

Non, attardons-nous plutôt un peu sur deux œuvres de la filmographie de Tobe Hooper montrée à Strasbourg dans le cadre de la rétrospective qui lui est consacrée : Eggshells et Le crocodile de la mort. Le premier, resté inédit par chez nous, est daté de 1969 et n’est rien de moins que les premières expérimentations du réalisateur sur format long. Dans un style documentaire, Eggshells est le portrait d’une communauté hippie refaisant le monde à force de dialogues sous acide et contradictoires. La forme ne l’est pas moins, sous acide, Hooper trifouillant images, lumières et son pour un résultat halluciné forcément dispersé et n’ayant souvent ni queue ni tête. Il n’empêche, on y trouve au stade embryonnaire des détails et éléments qui seront notamment présents dans Massacre à la tronçonneuse et même Poltergeist, Eggshells faisant allusion à des entités fantomatiques.
Le second, daté de 1977, s’attarde moins sur son crocodile mangeur d’hommes que sur sa palette de personnages hauts en couleurs dont un redneck psychotique incarné par Neville Brand. Le « strange » William Finley, la « screaming » Marilyn Burns et le futur « killer » d’Elm Street Robert Englund traversent cette péloche saturée de couleurs baignant dans le poisseux. Vivre Le crocodile de la mort sur grand écran fut l’un de ces instants uniques qui ranime d’un coup notre cinéphilie déviante, quelque peu endormie par trop de produits standardisés.

Heureusement, standardisé, notre compatriote Fabrice Du Welz ne l’est pas. En atteste son dernier film, Alléluia, qui n’a rien à envier côté sordidité au cinéma de Hooper. Il est d’ailleurs amusant de se rendre compte que le « maître » devra juger l’ « élève », également présent à Strasbourg. Calvaire faisait écho à Massacre à la tronçonneuse et le réalisateur belge n’a jamais caché son admiration pour l’œuvre du texan. Son dernier film, mettant en scène Laurent Lucas et Lola Duenas dans le rôle d’amants criminels s’inspirant de l’histoire sanglante de Martha Beck et Raymond Fernandez (déjà adaptée à l’écran par Leonard Kastle dans The Honeymoon Killers et Arturo Ripstein dans Carmin profond) est une nouvelle fulgurance. Un film sulfureux, glauque, sans compromis, aussi sec qu’un coup de trique. Après la mésaventure Colt 45, Fabrice Du Welz est déjà de retour et ça va faire mal ! Gageons que Hooper n’en ressorte pas indifférent, tout comme nous, qui vous en reparlerons plus amplement sur ce site et dans le prochain Cinémag….


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