Festival Offscreen

EVENTS - OFFSCREEN 2015

De Tobe Hooper à Sono Sion

Le Offscreen bat son plein depuis 11 jours et les festivaliers ont déjà pu se mettre sous la dent des tas d’œuvres de qualité. Parmi le riche programme concocté par Dirk van Extergem et ses fidèles, le focus dédié à Tobe Hooper fait figure d’incontournable. Après la master class du maestro, suivie de la projection de l’expérimental Eggshells (1969) - accompagné de courts-métrages très rares de l’auteur de Mortuary (2005) -, de Lifeforce (Lifeforce - L’étoile du mal, 1985) et sa Mathilda May en tenue d’Eve, ou encore de Eaten Alive (Le crocodile de la mort, 1977), nous avons eu le plaisir de redécouvrir Salem’s Lot (Les vampires de Salem, 1979) et The Funhouse (Massacres dans le train fantôme, 1981) (Massacre à la tronçonneuse 2 était aussi programmé ce samedi 14 mars-ndr).

D’autres jalons de la filmo de Hooper prendront le relais, pour la plupart diffusés à partir de copies 35 mm : Poltergeist (1982), Invaders from Mars (L’invasion vient de Mars, 1986) et The Mangler (1995). Même si l’on sait tous que le gros morceau de ce cycle restera l’inoxydable The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la tronçonneuse, 1974), prévu ce mardi 17 mars au BOZAR dans l’éclatante copie 4K tirée d’un master tout neuf, qui a fait le bonheur du Palais des Festivals de Cannes.

David Soul et James Mason dans "Les vampires de Salem".

Le saigneur a la peau bleue (Les vampires de Salem)

Adapté de Salem (1975), un des bijoux sortis de l’imagination de Stephen King (son 2ème roman et le premier adapté pour la télévision-ndr), Les vampires de Salem avait été conçu comme une mini-série d’horreur en deux parties et s’étalant sur pas moins de 184 minutes dans sa version uncut. L’œuvre avait été considérablement raccourcie pour une diffusion salles. C’est ce cut de 112 min. (107 min. au Royaume-Uni-ndr) qui nous a été proposé.

Les vampires de Salem orchestre le retour d’un écrivain (le bellâtre David Soul, connu des télévores comme le Hutch de la série Starsky et Hutch) dans sa ville natale du Maine. Il ne tarde pas à être confronté à des événements étranges, pouvant être liés à la possible arrivée d’un saigneur dans le voisinage et à des cas de possession vampirique. Le film multiplie les péripéties sur un rythme inégal - pour ne pas dire soporifique - et en ne se montrant que très peu graphique dans les exactions de ses créatures de la nuit.

Il a les crocs !

Raccord avec le format télévisuel, la mise en scène manque cruellement d’ampleur et ne peut éviter les écueils d’une réalisation plan-plan (quand elle ne sombre pas dans les astuces de bas étage pour susciter l’effroi), heureusement sauvée par la qualité de ses interprètes. Le monstre sacré James Mason (Une étoile est née, La mort aux trousses, Lolita, …) tire aisément son épingle du jeu, sans forcer son talent, tout comme le sympathique George Dzundza (Basic Instinct, Esprits rebelles) et Reggie Nalder (La marque du diable, L’oiseau au plumage de cristal), toujours parfait dans les rôles troubles auxquels son physique le prédisposait. Inutile de le rappeler, mais c’est cadeau.

Au final, même si Les vampires de Salem est éloigné de l’image terrifiante que l’enfant que l’on était en avait gardé, il se suit sans déplaisir ; son parfum de madeleine de Proust n’y étant pas pour rien, tout comme l’allure réussie de son vampire, que l’on pourrait décrire comme un Nosferatu à la peau bleuâtre, aux canines acérées et aux yeux jaunes. Un grand échalas à la maigreur maladive, qui sauve quelque peu le film, mais ne peut l’empêcher de figurer parmi les œuvres mineures enfantées par Tobe Hooper.

The Funhouse ou les secrets inavouables du milieu forain

Plus percutant, Massacres dans le train fantôme adopte les atours du slasher et catapulte son tueur dans les coulisses du train fantôme d’une foire, de passage dans un bled d’Amérique profonde. Des ados ont la mauvaise idée de se faire enfermer dans l’attraction, pour y passer la nuit et céder à l’appel de leurs hormones. Mal leur en a pris, car ils seront témoin du meurtre d’une diseuse de bonne aventure par le fils monstrueux du propriétaire du manège et ensuite, pris en chasse, parce que l’un d’eux a fait main basse sur le contenu de la caisse…

The Funhouse rend justice au format Scope, l’utilisant à merveille dans les couloirs exigus du décor forain, ainsi que pour accentuer le sentiment d’enfermement et d’impuissance vécu par les protagonistes. Par ailleurs, l’essentiel des méfaits du boogeyman sont rapidement expédiés ou relégués hors champ, mais la gueule du monstre - tout simplement incroyable ! - designé par le grand Rick Baker atténue ces quelques défauts (auxquels on peut ajouter un bodycount plutôt faiblard). Pour cela et d’autres raisons, Massacres dans le train fantôme trône parmi les œuvres les plus attachantes de son auteur.

Ces jeunes vont bientôt connaître leur funeste destin...

Guerre des gangs à Tokyo (Tokyo Tribe)

Trop sage ou pas assez démonstratif sont des qualificatifs que l’on ne pourrait guère attribuer à Tokyo Tribe (2014), tiré du manga éponyme de Santa Inoue. Issu de la sélection Offscreenings, le film du Japonais fou-fou Sono Sion (Guilty of Romance, Why Don’t You Play in Hell ? - tous deux programmés lors de précédentes éditions du Offscreen) colle aux basques de bandes tokyoïtes, qui défendent ardemment leur territoire et s’affrontent à coups de flows hip-hop.

La séance était préfacée par Akro du - désormais classique - groupe de rap belge Starflam, qui s’est amusé à chauffer le public. Il s’agissait de le préparer pour ce déluge de couleurs (tenues vestimentaires, décors, …) à l’énergie communicative, qui n’a pour suprême objectif que le divertissement des spectateurs. Branchée sur du 12.000 volts, la réalisation virevolte et ne s’empare du genre de la comédie musicale que pour le dynamiter de l’intérieur, sous perfusion des cultures urbaines observées dans les rues de la capitale nippone.

"Non, c'est moi qui ai la plus grosse !"

Tokyo Tribe s’invente une grammaire cinématographique à mi-chemin entre le clip vidéo, le film de gangs et l’esthétique publicitaire dans ce qu’elle a de plus bling-bling. Seul petit bémol : à l’image d’autres œuvres de Sion, Tokyo Tribe s’avère un chouïa trop long et aurait peut-être été plus efficace sur une durée ramassée. Mais là, on chicane… De toute manière, ce n’est pas la longueur qui compte, mais plutôt la grosseur. N’est-ce pas mesdames ? Quoi qu’il en soit, difficile de faire bigger and louder que ce Tokyo Tribe !

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