L’Etrange Festival de Paris

ETRANGE FESTIVAL 2017 - The Villainess

Une jeune fille est kidnappée et élevée par une organisation secrète dans le but de la transformer en une redoutable tueuse à gages. Une fois sa formation achevée, elle est remise à la vie civile afin d’exécuter des missions pour cette organisation. Elle va tomber amoureuse et tenter, non sans mal, de cacher sa véritable identité. Si ce pitch vous est familier, rien de plus normal, c’est celui de Nikita... et de The Villainess .Ce n’est certes signalé ni mentionné nulle part mais n’y allons pas par quatre chemins : The Villainess est un remake à peine déguisé du Nikita de Luc Besson. Si on hurle au scandale quand les occidentaux remakent le cinéma asiatique, il faut aussi le faire quand l’inverse se produit, ça marche dans les deux sens.

Jung Byung-gil, déjà auteur du pas formidable Confession Of Murderer, parvient en l’espace de deux heures à faire passer Luc Besson pour un parangon de la finesse cinématographique ce qui, en soit, constitue déjà un sacré exploit. En plus de pomper allègrement ce qui reste l’un des meilleurs films du cinéaste français, il le plombe avec une complexification artificielle et chaotique de son récit qui multiplie gratuitement les flash-backs et les intrigues secondaires inutiles tant et si bien qu’on ne sait plus trop qui est qui et qui fait quoi lors de certaines séquences. En fin de métrage, tout s’éclaircit dans une indifférence générale, le spectateur avisé aura laissé tomber l’affaire depuis longtemps. Au cinéma, la scène d’ouverture est importante car elle permet de poser les bases d’un film et d’en définir l’esprit, l’atmosphère. C’est le cas ici, The Villainess s’ouvre sur une séquence de bagarre de dix minutes qui compile tous les défauts de l’œuvre. C’est bien de se prendre pour Park Chan-wook ou Tsui Hark mais Jung Byung-gil, pour l’instant, n’a pas un dixième du savoir-faire et de la vision de ces deux-là. Il en résulte dix minutes de vulgarité, d’absence de mise en scène, d’image vidéo horrible, de vue à la première personne, de violence gratuite et d’influences mal digérées quand il ne s’agit pas de plagiat pur et simple. Donc oui on peut dire que cette séquence représente parfaitement The Villainess.

On est face à une compilation de tous les clichés et les lieux communs du polar coréen hard boiled, à la différence près qu’ici, tout est davantage carbonisé que cuit dur. La violence y est décérébrée, gratuite, putassière, la mise en scène brille par sa vulgarité et sa fâcheuse tendance à toujours tomber pile à côté. Tout est lourd, mal calibré, grossier. Spécialement les scènes d’action idiotes, tapageuses et brouillonnes parsemées d’images à la camera portative, de zooms dans l’actions et de fausses esbroufes. Cette mise en scène à la tronçonneuse est un petit guide de tout ce qu’il ne faut pas faire dans le filmage de l’action. La performance de la comédienne, seule chose à vraiment sauver du film, n’est absolument pas mise en avant et les chorégraphies sont invisibles, masquées par ce gloubiboulga d’images à faire passer Neveldine et Taylor pour les disciples d’Ozu.

Ces frénétiques scènes d’action ont toutefois le mérite de venir réveiller un scénario qui parvient à être à la fois ennuyeux et inutilement confus quand il n’est pas parcouru de morceaux de comédie gênants. Jung Byung-gil s’essaie aussi au mélo polar et à l’héroïc Bloodshed hongkongais mais sans succès et avec des sabots de plomb. Il n’y a rien à faire, tout est raté, pétaradant et agaçant dans The Vllainess paraît-il acclamé en séance de minuit au festival de Cannes. Une preuve supplémentaire qu’il est grand temps de remettre le cinéma au centre des débats cannois. C’est toujours bien de voir des films coréens en salle et l’Etrange Festival est toujours en première ligne à ce niveau-là, en ces périodes de disette, mais il y a largement mieux pour promouvoir le cinéma local que ce polar tout vilain.

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