Critique de film

Yakuza Apocalypse

"Gokudou daisensou"
affiche du film
  • Genre : Action, horreur
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 2h05
  • Musique : Kôji Endô
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Kamiura est un chef Yakuza légendaire. On dit qu'il est immortel, en fait c'est un vampire, un chef Yakuza vampire ! Kageyama est le plus fidèle membre de son clan, mais les autres yakuzas se moquent de lui : sa peau est trop sensible pour être tatouée. Un jour, des hommes arrivent de l'étranger et lui délivrent un ultimatum : Kamiura doit retourner à un syndicat du crime international qu'il a quitté ou mourir. Il refuse et son corps est démembré au terme d'une bagarre féroce. Avant de mourir, Kamiura arrive à mordre Kageyama, lui transmettant ses pouvoirs. A son réveil Kageyama, va se servir de ces pouvoirs pour venger la mort de son chef et combattre ce syndicat international du crime.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Yakuza Apocalypse - Gangsters, vampires et homme grenouille
Par : Seb Lecocq




Takashi Miike, le plus grand stakhanoviste du cinéma, en serait aujourd’hui à 92 films au compteur, à la fois pour le cinéma, la télévision ou la vidéo, sans compter ses mises en scène pour le théâtre et autres séries télévisées. En ce moment, tandis que Yakuza Apocalypse écume les festivals européens, Miike a déjà certainement terminé d’écrire, de tourner ou de monter trois nouveaux métrages. Une méthode propre à la production japonaise : tant qu’on peut tourner, on tourne (il en est de même pour Sion Siono). Pour l’heure, le réalisateur de Triad Society revient aux fondamentaux, à ses premières amours qui ont fait sa renommée : les yakuzas, le grand n’importe quoi et la violence débridée. Yakuza Apocalypse sonne comme un feu d’artifice final étant donné que, selon certaines rumeurs, le metteur en scène aurait annoncé qu’il s’agissait là de son dernier film violent.

Yakuza Apocalypse fait partie des films inclassables de Takashi Miike, des œuvres où tout peut arriver à n’importe quel moment, sans que l’on ne sache trop pourquoi. Une volonté de surprendre et de (se) faire plaisir qui résument parfaitement son cinéma. Doté d’un pitch mêlant des éléments de la trilogie Dead or Alive et de Twilight, le film conte une guerre de yakuzas avec des vampires. Une trame globale garnie de nombreuses digressions et autres ruptures de tons, Miike passant par tous les genres et les styles comme le yakuza eiga, la comédie horrifique, le yokai eiga, le kaiju eiga, le western, film pour enfant et tout ce qui se trouve aux confins de ces registres antinomiques. Yakuza Apocalypse réussit le pari de contenir en son sein toute la filmographie de son auteur, soit près de 100 films condensés en 125 minutes de pur cinéma.

Cependant, ladite œuvre comporte maintes qualités mais nombre d’énormes défauts. Parmi ces derniers, on notera une gestion du rythme défaillante, de très longs moments de calme avant la tempête, un petit côté je-m’en-foutiste dans la mise en scène et du cabotinage en pagaille. Pourtant, alors que tout semble perdu, le cinéaste sort de son chapeau des moments de bravoure qui parviennent encore à surprendre le plus aguerri des bisophiles. Le principal défaut de la pellicule tient dans son manque de cohérence, comme si au montage, Miike avait décidé de mixer deux œuvres en une seule : une histoire de yakuzas somme toute classique d’un côté et un affrontement beaucoup plus extravagant entre un yakuza vampire, un homme déguisé en grenouille (si si !), Yayan Ruhian (The Raid 1 et 2) attifé comme un écolier et un prêtre tout droit sorti du XIXe siècle sur une toile de fond à forts relents d’eau de rose. On pourra aussi déplorer la perte de la naïveté et de l’esprit punk qui faisait le sel de ses œuvres de jeunesse.

Si le film souffre de nombreux défauts, il n’en est pas moins un plaisir pour le spectateur averti avide de loufoquerie made in Japan. La force de Miike est de faire oublier les faiblesses de sa création par la grâce de fulgurances jouissives (combats, fusillades, violence, humour nonsensique et WTF sont omniprésents) qui ne calfeutrent pas une résolution de l’intrigue décevante. Une œuvre de son auteur en somme.


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