Critique de film

We Need to Talk About Kevin

"We Need to Talk About Kevin"
affiche du film
  • Genre : Drame, Thriller
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Lynne Ramsay
  • Pays d'origine : Angleterre, USA
  • Durée : 1h50
  • Scénariste : Lynne Ramsay, Rory Kinnear, Lionel Shriver
  • Musique : Jonny Greenwood
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : John C. Reilly, Tilda Swinton, Ezra Miller, Siobhan Fallon, Joseph Melendez, Ashley Gerasimovich, Suzette Gunn, Leslie Lyles, Lauren Fox, Ursula Parker
  • Récompenses :

Une femme intelligente, bien élevée, fait ce qu'elle peut pour élever son fils, un enfant difficile, non désiré, qui a finalement brisé son mariage. Elle se lance dans une correspondance avec son ex, se demandant pourquoi leur enfant cause autant de soucis jusqu'à ce que le pire survienne. Le fils a massacré des élèves de son lycée.

Les critiques à propos de ce film

Critique de We need to talk about Kevin - ¿Quién puede matar a un niño ?
Par : Damien Taymans


Eva a volontairement mis entre parenthèses sa vie professionnelle pour s’occuper de Kevin, son unique enfant. Devenue mère au foyer à temps plein, elle essuie davantage de plâtres que lors de sa carrière d’auteur. L’insupportable mioche prend un panard d’enfer à mener la vie dure à sa génitrice, mettant à mal son autorité, tandis qu’il nourrit une complicité totale avec son père. A l’aube de ses 16 ans, Kevin commet l’irréparable. Le temps du bilan est venu pour Eva qui se remémore les étapes de sa vie et s’interroge sur son rôle de mère...

Audacieux, le film doit beaucoup au roman épistolaire originel signé Lionel Shriver. L’œuvre de Lynne Ramsay épouse la focalisation originale et adopte le tour psychanalytique de l’écrit, adapté à quatre mains par Rory Kinnear et la réalisatrice elle-même. Mélange habile d’événements actuels et de flashbacks, la trame scénaristique confronte le personnage de la mère à son incarnation passée, celle-ci lui renvoyant le reflet de ses échecs. Des réminiscences composées de souvenirs joyeux et douloureux qui traduisent l’instabilité mentale de l’héroïne dont l’instinct maternel s’embrume au fil des événements. Placées sur l’autel, les thématiques de l’éducation et de l’innocence enfantine nourrissent les débats internes et assurent une confusion émotionnelle pour le spectateur égaré par des personnages déroutants. Tilda Swinton incarne une mère froide, distante, amorphe ; John C. Reilly offre le pendant inverse dans son incarnation du papa copain et ultra-permissif ; Jasper Newell et Ezra Miller, respectivement Kevin enfant et adolescent, affublent leur personnage d’une personnalité aussi troublante que celle du Joshua du film éponyme de George Ratliff.

Un casting exceptionnel malheureusement condamné à s’ankyloser au sein d’une œuvre trop souvent contemplative. Ramsay sur-esthétise l’ensemble, imprégnant chaque plan d’une propreté radicale héritière d’un académisme parfois écœurant. Péchant par excès stylistique, ce qui condamne le film à se voir cataloguer dans le registre des essais auteurisants pontifiants, We need to talk about Kevin constitue néanmoins une transposition plutôt fidèle du roman originel, portée par des acteurs plus que convaincants. En outre, ce drame familial virant à l’horreur a le bon goût de ne pas s’épancher dans la monstration pudibonde de la production horrifique actuelle.


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