Critique de film

Virus cannibale

"Virus"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Année de production : 1980
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Bruno Mattei, Claudio Fragasso
  • Pays d'origine : Italie, Espagne
  • Durée : 1h41
  • Scénariste : José María Cunillés, Rossella Drudi
  • Musique : Goblin
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Margit Evelyn Newton, Selan Karay, Robert O'Neill, Frank Garfield, Pepe Ballenster
  • Récompenses : Aucune

Suite à une fuite dans une centrale nucléaire de Nouvelle-Guinée, les morts reviennent sur terre et, attaquant les vivants, voient leurs effectifs sâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Virus cannibale - Faites que je n’ai pas le virus...
Par : Damien Taymans






Après le succès complet du Zombie de George A. Romero en 1978, le zombie movie s’impose aux quatre coins du globe (qui est rond, je le rappelle). De Pittsburgh (ville d’où le typhon est parti), le phénomène se répand partout sur la planète et les effets s’en ressentent grandement, surtout en Italie. Le pays de la botte n’en finira pas de pulluler d’œuvres zombiesques, alternant entre les franches réussites (pensons aux films fulciens) et les nanars désabusés sans talent (pensons à Fragasso et Mattei).

Justement, c’est bien de Mattei dont il est question pour ce métrage. Mattei, la gangrène du cinéma italien, celui qui s’attèle aux projets sans jamais les terminer ou qui leur donne une tournure négative (évoquons cette œuvre bâtarde qu’était Zombi 3 que d’aucuns ont osé attribuer à Fulci alors que Mattei avait imposé bon nombre de ses idées et avait réussi à lui seul à plomber le film). Mattei, le pilleur de tombes, le saccageur du 7ème art qui, non content de livrer un mauvais film, reprend à sa sauce (qui a manifestement tourné) les ingrédients typiques des œuvres romériennes. Jugez plutôt : des militaires en proie aux zombies cannibales, la musique des Goblin originelle reprise telle quelle, un pseudonyme orienté (il signe le film sous le nom de Vincent Dawn) et un titre plagié (Hell of the Living dead)… Autant de fautes de goût qu’on ne peut pas pardonner. Malgré tout, le plagiat ne s’arrête pas en si bon chemin puisque le blaireau ose même pomper des scènes qui avaient fait la réputation de Romero. Le garçonnet dégustant ses parents, l’animal bondissant du ventre d’un mort, j’en passe et des bien pires.

Maintenant, me direz-vous, même Madonna a réussi à plagier un compositeur belge (louviérois, si, si, véridique). Ce à quoi je vous répondrai que premièrement, Mattei n’a pas le talent de Madonna et que, deuxièmement, lorsqu’il s’agit de faire mieux, passe encore, mais lorsqu’il s’agit de dénaturer une œuvre parfaite en soi, ce n’est pas acceptable.

Bien entendu, il faut reconnaître une once de talent chez le réalisateur fourbe et oser affirmer que certaines idées sont bien de lui. Comme ces savoureux dialogues qui souillent le contenu d’une œuvre déjà bien salie auparavant. L’un des personnages affirmant en voyant des zombies arriver sur lui qu’il s’agit peut-être de gens saouls ou de lépreux. Il faudra vraiment qu’on m’explique l’analogie un jour parce que je ne l’ai toujours pas comprise (sans doute faudrait-il songer à une greffe cérébrale version mattéienne et à un entrainement du docteur Kawashima). Même remarque quand on évoque cette scène d’un ridicule sans nom où l’un des soldats enfile un tutu pour se jeter dans la gueule du loup deux minutes plus tard. Quant au scénario de base, il recèle une idée incompréhensible même par un primate qui passe tous ses vendredis à contempler incrédule les prestations de staracadémiciens drogués jusqu’à l’os : au départ, le réalisateur met en lumière les interventions sans faille de soldats surentrainés qui ne loupent jamais le coche, même les yeux fermés et ce sont les mêmes militaires qui se font bouffer tout crus par après et ne parviennent jamais à viser la tête des macchabées déambulant… Tout cela sans avoir traité les magnifiques stock-shots issus de documentaires qui prouvent que le film n’est doté que d’un budget infime mais également que le réalisateur ne parvient même pas à réaliser cette insertion que d’autres moins nantis ont parfaitement réussie avant lui.

S’il fallait une preuve du savoir-faire de Mattei, ce n’est certainement pas Virus cannibale qui viendrait défendre sa cause. Le métrage est à la hauteur de son créateur et ne provoque chez les spectateurs qu’ennui et lassitude…

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