Critique de film

Underworld: Blood Wars

"Underworld: Blood Wars"
affiche du film

Selene doit faire face aux agressions brutales des clans lycans et vampires qui l’ont trahie. Avec ses seuls alliés, David et son père Thomas, elle doit mettre fin à la guerre sempiternelle entre les deux clans, même si cela implique pour elle de faire le sacrifice ultime.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Underworld : Blood Wars - Crocs Blancs
Par : Seb Lecocq




C’est sans crier gare et dans une indifférence quasi générale que débarque le dernier épisode de la saga Kate Beckinsale, pardon, Underworld, initiée il y a déjà treize an par Len Wiseman, qui, depuis le troisième épisode, n’occupe plus qu’un poste de producteur et délègue tranquillement la mise en scène. Après Patrick Tatopoulos pour Le Soulèvement des Lycans et le duo Mans Marlind/Bjorn Stein pour Une Nouvelle Ère, c’est Anna Foerster qui tient la caméra pour ce cinquième, et peut-être pas dernier, volet.

Comme c’est souvent le cas avec ce genre de franchise au long cours, on constate une baisse de niveau au fil des épisodes. Si les deux premiers volets s’imposaient comme de solides séries B enrichie par un univers urban gothic assez réussi, les films suivant souffraient de scripts moins aboutis et d’un univers graphique moins marquant. Malgré tout, ils tenaient la route et se laissaient voir sans véritable ennui, ce qui n’est plus le cas de ce Blood Wars, et ce, pour différentes raisons. Premièrement, le budget a été divisé par deux par rapport au film précédent et cela se voit. Et pas qu’un peu. Très laid visuellement, il est gâché par une photographie numérique cheapissime qui fleure bon le dtv tourné en Bulgarie…ce qui est pour le coup le cas ! Deuxièmement, le scénario part dans tous les sens pour n’arriver nulle part si ce n’est à une conclusion plus abrupte que dans une série B hongkongaise, expédiée en trois plans et deux phrases, comme si les scénaristes s’étaient souvenu qu’il fallait laisser une porte ouverte en vue d’un sixième film qui, vu les résultats financiers corrects, devrait être mis en branle rapidement. Troisièmement, la mise en scène et le montage apocalyptique ne respectent pas la plus élémentaire règle de grammaire cinématographique. Le terme « bordel » semble le plus à même de résumer ce qui se passe à l’écran. La liste des défauts est pratiquement sans fin.

La seule raison valable de voir ce film : Kate Beckinsale qui porte la combinaison de cuir et marche sous la neige mieux que personne. Et pourtant, même elle n’est pas épargnée par l’hideux traitement graphique du film et l’approximation des effets spéciaux numériques, symbole du je-m’en-foutisme global qui définit ce projet. La pauvre Kate se bat et se débat comme elle peut au milieu de fonds verts, d’un casting au charisme de chasse d’eau et de figurants apathiques sorti d’un clip de Metal gothique. En plus d’être bâclé, ce Blood Wars racole honteusement du côté de Game Of Thrones, histoire d’attirer trois fans égarés. Outre Kate et sa jolie combi, la courte durée du film (1h30) ainsi que son rythme plutôt soutenu rendent la pilule plus facile à avaler. 1h30 de renoncement artistique est toujours plus digeste que 2h40 de vide.

Underworld : Blood Wars est un film foncièrement raté qui tente, tant bien que mal, de stopper sa chute en se rattrapant aux racines d’une mythologie déjà bien mise à mal par ses créateurs qui l’ont abandonné depuis fort longtemps. Ce dernier opus ne vaut pas plus que la triste patine de dtv de luxe que laissait deviner son affiche. Rien n’est réussi et tout est raté. Sauf Kate, bien entendu.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage