Critique de film

Unborn

"The Unborn"
affiche du film
  • Genre : Horreur, thriller
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 2009-03-11
  • Réalisateur : David S. Goyer
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h27
  • Scénariste : David S. Goyer
  • Musique : Ramin Djawadi
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Odette Yustman, Gary Oldman, Cam Gigandet, Meagan Good, Jane Alexander, Idris Elba, Rhys Coiro, Carla Gugino, James Remar, C.S. Lee, Joe DeVito, Atticus Shaffer
  • Récompenses : Aucune

Casey Bell n'a jamais pardonné à sa mère de l'avoir abandonnée enfant. Mais quand des événements inexplicables commencent à se produire autours d'elle, elle comprend petit à petit la raison de cet abandon. Hantée par des cauchemars incessants, et traquée par un fantôme sans merci quand elle ne dort pas, son salut viendra de Sendak, un spécialiste du surnaturel, seul apte à mettre fin à son calvaire. Avec l'aide de Sendak, Casey découvre l'origine du mal dont est victime sa famille et qui remonte à l'Allemagne nazie - une créature capable d'habiter corps et objets et que chaque possession rend plus fort. Pour survivre à cette malédiction, Casey va devoir aller fermer une porte dans l'au-delà, une porte ouverte par un être qui n'a jamais vu le jour.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Unborn - Twin terror
Par : Damien Taymans






Casey Beldon est envahie par des rêves inquiétants, des visions étranges dans lesquelles apparaît continuellement un petit garçon aux yeux bleus éclatants. Après avoir été blessée au visage par le fils du voisin, Casey constate que ses yeux n’ont plus la même couleur. Atteinte d’hétérochromie, la jeune femme découvre en sus qu’elle avait un jumeau mort en couches. Les pièces du puzzle se mettent doucement en place grâce à sa grand-mère maternelle, Sofi Kozma, qui lui révèle l’identité du garçon démoniaque qui la hante…

Auteur adulé de comic books, David S. Goyer, également scénariste d’un nombre impressionnants de péloches fantastiques trépidantes telles que Dark city, Blade, The Crow ou plus récemment The Dark knight, signe avec Unborn son quatrième long métrage en tant que réalisateur. Marqué un jour par l’idée d’une personne hantée par son jumeau mort-né, le cinéaste imagine les répercussions psychologiques potentielles suite à cette expérience traumatisante pour le jumeau survivant. Un postulat qui fait son chemin dans l’esprit de Goyer qui se documente plus précisément sur le sujet. Des recherches qui l’amènent à découvrir l’horreur de l’Histoire et les stigmates laissés par certaines expériences scientifiques menées sur des cobayes enfantins. Durant l’Holocauste, sous le commandement de Mengele, des tortures sont infligées à des jumeaux juifs afin d’expérimenter une repigmentation de l’iris vers des teintes bleu azur conformément aux descriptions de la race aryenne dictées par le Führer. Un épisode crapuleux auquel sont mêlés des croyances traditionnelles juives, celles de Dibbouks, afin de pimenter l’ensemble avec une sauce ésotérique. Esprits malins qui restent attachés au corps des vivants, les Dibbouks s’investissent généralement dans le corps de ceux qui les ont trahis de leur vivant afin de posséder leur enveloppe charnelle. Deux sources, l’une historique, l’autre religieuse qui rivalisent d’horreur et suscitent assurément dans l’imaginaire collectif un sentiment d’inquiétante étrangeté.

Talentueux lorsqu’il est mis au service de cinéastes mais généralement moins convaincant quand il signe lui-même la réalisation de ses propres films (la destruction du mythe dans Blade trinity en atteste), Goyer fait pourtant montre avec Unborn d’une mise en scène certes scolaire mais irréprochable héritée autant des modèles du cinéaste que des horror flicks asiatiques qui pullulèrent à l’aube du siècle. Sorte de jalon entre L’Exorciste et Boogeyman, Unborn pèche surtout par l’incohérence de son propos qui prête d’emblée à sourire. Réinvestissant le thème récurrent des exorcismes et des possessions démoniaques, dont le métrage de Friedkin restera à jamais le modèle à égaler, le cinéaste n’évite d’ailleurs aucun poncif, injectant dans son métrage une kyrielle de scènes sans cesse rebattues qui résonnent dans l’imaginaire collectif. Des coprophages émergeant des toilettes dans une masse gluante et brunâtre (bon ap’ !) à la montée des escaliers par un tétraplégique à la souplesse d’un arachnide en passant par les sempiternels effets-miroir couplés au thème du döppelganger, Goyer emprunte çà et là aux classiques du genre et remise mécaniquement ces morceaux d’anthologie afin de poursuivre sa continuelle recherche de terreur. Montagne russe aux méandres prévisibles, Unborn use et abuse tant de ces artifices menant au sursaut qu’il devient en définitive une maison des horreurs gerbante menant davantage à la nausée qu’à l’effroi pur et simple, l’héroïne étant confrontée à chacun des endroits qu’elle explore à la figure fantomatique du descendant des spectres d’un Ju-On.

Visiblement miné par un classement PG-13, Unborn réduit son investigation nazie à quelques lignes de dialogue et une poignée d’images jamais poignantes. En lieu et place, le métrage se catonne à une répétition maladive des effets horrifiques qui gangrènent l’ensemble et, paradoxalement, nuisent au rythme de l’œuvre. Rempli de prétentions, Unborn est une nouvelle métastase dans le cancer filmique fomenté par Bay, Form et Fuller.


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