Critique de film

Turistas

"Paradise Lost"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Thriller horrifique
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : John Stockwell
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h29
  • Budget : 10 millions de Dollars
  • Scénariste : Michael Ross
  • Musique : Paul Haslinger
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Josh Duhamel, Melissa George, Olivia Wilde, Desmond Askew, Beau Garrett, Max Brown, Agles Steib,...
  • Récompenses : Nominé aux Teen Choice Awards 2007 comme Meilleur Acteur (Josh Duhamel)

En vacances au Brésil, de jeunes touristes sont victimes d'un accident de bus à proximité d'une forêt isolée renfermant un sinistre secret... S'engage alors une terrible course contre la mort.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Turistas - Home sweet home
Par : Chroniqueurs


Par The creeper

Rassurez-vous, il n’est pas question ici de vous parler du poème écrit au 17ème siècle par John Milton. Ou alors c’est que vous vous êtes trompé de site ! Non, nous allons bien parler du film de John Stockwell dont le 1er titre Turistas annonçait d’emblée la teneur du spectacle : une dysenterie horrifique et exotique ! Et oui, finalement ce sera tout un poème...

Le cinéma d’horreur est un genre cyclique par excellence. Dès qu’un film rencontre du succès, vous pouvez être sûr que son sujet et/ou sa structure seront déclinés. En 1997, Scream avait relancé l’intérêt pour les slashers bientôt suivi par des ersatz plus ou moins foireux (Souviens toi l’été dernier, Scream 2 et 3...). Le genre initié par Saw, à savoir le film de torture (psychologique ou physique), n’échappe pas à la règle. Mais c’est l’excellent survival Wolf Creek de Greg McLean qui impose ses règles et ses codes. Une longue exposition avant que des jeunes soient capturés et subissent les pires sévices par un sadique intégral. S’ensuivit le passable Hostel de Eli Roth qui reproduira la structure en l’agrémentant d’une organisation secrète proposant à ses riches membres, contre un gros paquet de fric, l’ultime amusement de leurs mornes existences : torturer à mort de jeunes victimes.
Et là, ça a dû mouliner dans la tête des exécutifs, toujours à l’affut du moindre moyen de capitaliser sur un genre émergeant. Alors donc, ils amalgament Hostel et Wolf Creek et situent l’action en Amérique du Sud. Turistas voyant des touristes américains partis à la découverte du Brésil avant de tomber sur une équipe de rabatteurs teufant sur une plage paradisiaque et qui les précipitent sous le scalpel d’un chirurgien spécialisé dans le prélèvement d’organes sur touristes et bimbos égarées (et pas seulement mammaires !).

Comme à son habitude Stockwell livre un film superbement photographié mais qui peine à impliquer le spectateur. La faute incombant à un manque de rythme, une direction d’acteurs approximative (seule Melissa George tire son épingle) et une violence graphique atténuée et peu convaincante. D’abord envisagé pour une sortie salles, le film nous arrive directement en dvd. Et à voir la jaquette, il semble que seul le marketing ait bénéficié d’une certaine attention ! Stockwell a acquis une petite renommée via ses films « aquatiques » Blue Crush (histoire d’amour à trois dans le milieu du surf) et Bleu d’enfer (Into the blue en V.O : chasse au trésor et thriller sous-marin), ce qui n’a pas échappé aux commerciaux qui se sont empressés de pondre un visuel proche de celui de Bleu d’enfer tandis que l’accroche de TF1 Vidéo (étonnant, non ?) met en exergue : « Le nouveau thriller sexy du réalisateur de Bleu d’enfer ».

Mais le plus dommageable demeure que Turistas (aka Paradise Lost) flatte les sentiments de méfiance et de peur les plus primaires pour tout ce qui se situe hors des frontières sécurisantes de l’Amérique. Le film présentant le Brésil comme un pays peuplé d’arriérés, de biatch ou de médecin tarés, des autochtones indignes de confiance. Bref, un véritable cauchemar pour WASP ricains. Une vision ethnocentrée malheureusement habituelle pour nos amis d’outre-atlantique dès lors qu’ils envisagent toute ouverture vers l’Autre.

Si encore Stockwell avait signé un bon survival horrifique. Là, c’est loin d’être le cas. Brassant les pires clichés et autres situations convenues, le film ne suscite l’intérêt que dans la dernière séquence anxiogène. Une poursuite à travers une galerie de grottes sous-marines où les protagonistes ne parviennent à respirer in extremis que grâce à des poches d’air. Une séquence remarquablement efficace et à la tension croissante. Stockwell n’est décidément à l’aise que dans son élément : l’eau. Bien trop peu cependant pour justifier la vision ou l’achat du dvd.

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