Critique de film

Tron L'héritage

"TRON: Legacy"
affiche du film
  • Genre : Animation, Science-fiction
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Joseph Kosinski
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h05
  • Scénariste : Adam Horowitz, Richard Jefferies, Edward Kitsis, Brian Klugman, Steven Lisberger, Lee Sternthal
  • Musique : Daft Punk
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jeff Bridges, Michael Sheen, Olivia Wilde, Garrett Hedlund, John Hurt, James Frain, Serinda Swan, Bruce Boxleitner, Brandon Jay McLaren, Beau Garrett, Amy Esterle,...
  • Récompenses : --

Sam Flynn , informaticien émérite et fils de Kevin Flynn, part sur les traces de son père et se retrouve propulsé dans le monde virtuel, rempli de programmes inquiétants et de jeux de gladiateurs, où se trouve son père depuis 25 ans. En compagnie de la loyale confidente de Kevin, le père et le fils embarquent pour un voyage sans retour dans l’univers virtuel, qui est devenu bien plus moderne et dangereux que tout ce qu’ils avaient affronté jusque là.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Tron : L’héritage - Un testament tronqué
Par : Fred Bau

On aurait aimé vous dire que cette suite est une petite merveille. On aurait aimé vous dire que la franchise est réussie, que Walt Disney Pictures et Joseph Kosinski nous tiennent la dragée numérique haute. On aurait aimé.. mais cette séquelle du film avant-gardiste de Steven Lisberger, qui en son temps, avec les mêmes studios, s’était commercialement planté, n’a hélas pas d’autre pertinence que celle de moderniser l’esthétique minimaliste du modèle original. Le résultat visuel est superbe. Les scènes d’actions offrent un spectacle total. Oui, mais..

Magnifiant la dimension visuelle volontairement restrictive de son aîné, Tron : L’Héritage limite la prise de risque au minimum en reprenant à quelque chose près exactement le même schéma scénaristique, auquel il met un gros coup de polish technologique. C’est donc reparti pour le même tour de manège, avec Daft Punk pour la musique : un laser high tech sert de porte entre le monde réel et une grille virtuelle. Une fois que le concepteur se trouve piégé dans la grille, il évolue au milieu de programmes, prend conscience que cette création informatique est totalitaire, et ne pense plus qu’à se sortir de ce mauvais pas. En 1982, Kevin Flynn (Jeff Bridges) était seul. En 2011, c’est en famille que cela se passe, puisque Sam Flynn (Garett Hedlund) et Clu (Jeff Bridges en images de synthèse) lui font respectivement office de fils biologique, et de fils informatique, façon Abel et Caen. Le programme Tron, quant à lui, vestige éponyme du film de Lisberger, rode dans les ombres de cette séquelle-remake.

On conviendra qu’il n’y a jusque là rien de désastreux en soi. Ne pouvant raisonnablement pas réanimer l’avant-gardisme original de son aîné, Tron Legacy aurait pu, faute de se démarquer de la politique commerciale hollywoodienne, se contenter d’en rester à la hauteur d’une refonte formelle, et de foncer plein pneu dans les festivités de l’action. Mais plutôt que d’assumer son statut de divertissement pur, le film s’empêtre dans des conventions cinématographiques vides (morale consensuelle, vertu récompensée, vice puni, happy end), auxquelles il s’efforce poussivement de prêter une caution historique. Le discours sonne creux et superficiel, alors que sur la durée, le rythme du film s’en ressent conséquemment. Le spectateur déçu pourra alors s’amuser, s’il y arrive encore, à identifier les jeux de copier-coller de cette séquelle-remake, qui cédant finalement aux sempiternels violons bibliques, se clôt en clonant Star Wars.

Tron : L’Héritage tronque un testament conceptuel qui semble plus l’handicaper que le servir, et n’a de valeur cinématographique que celle que lui confère le statut culte du Tron de 1982. Mais l’héritage n’est pas dans ce feu d’artifice surfant sur la vague 3D. L’héritage, c’est plutôt du côté des Star Wars (seconde génération), Matrix, ou Avatar qu’il faut le chercher. Et le khôl qui entoure les splendides yeux d’Olivia Wilde n’y peut rien changer.

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