Critique de film

Reef (The)

"The reef"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Andrew Traucki
  • Pays d'origine : Australie
  • Durée : 1h34
  • Scénariste : Andrew Traucki
  • Musique : Rafael May
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Damian Walshe-Howling Gyton Grantley Adrienne Pickering Zoe Naylor Kieran Darcy-Smith
  • Récompenses : --

L'équipage d'un voilier naviguant le long de la Grande Barrière de Corail se retrouve traqué par un grand requin.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The reef - The waters run red
Par : Damien Taymans




Il est toujours sur cette jolie planète bleue des masos qui prennent leur pied en se prêtant volontairement au danger. Bouffer chez Quick, ça file la nausée, mais y continuent à s’y rendre, les cuistres, et la bave aux lèvres en plus. Le portable au volant, c’est dangereux, ils envoient des textos d’une main pendant qu’ils branchent de l’autre leur kit oreillette superflu. Faire trempette au milieu des requins, ça risque d’être périlleux... ils enfilent leurs tenues de plongée et se jettent dans l’antre des squales à bord de leur embarcation de plaisance. Et forcément, quand la coque du bateau se trouve fendue par un récif de corail et qu’on est au beau milieu de l’océan sans GPS ni IPhone, pas d’autre choix que de se balancer à l’eau, quitte à se faire becqueter le falzar par des mâchoires impitoyables entretenues au Thonygencil...

Venu présenter Black water au BIFFF 2009, un film de croco tueur tiré d’une histoire vraie, réalisé en compagnie de David Nerlich (voir notre interview consacrée au film), l’Australien Andrew Traucki réitère l’expérience avec The reef, un film avec des requins dedans qui serait même tiré d’un fait divers véridique. Sauf qu’au cinoche, faut emballer l’audience et que, du traumatisme vécu par deux naufragés dans les années 80 au large de Townsville, le scénar’ ajoute trois personnages, renforce son bestiau (le requin marteau originel cède la planète au requin blanc plus massif) et quelques péripéties passionnantes. Et ce qui semblait s’apparenter à un ersatz d’Open water devient un vrai film de squales avec son quota d’attaques et de membres arrachés.

Tourné dans des décors naturels (de la flotte à perte de vue) avec de véritables requins, The reef offre quelques plans larges dignes de National geographic (soulignons le travail de Daniel Ardilley sur la photo) provoquant un sentiment d’isolement paradoxalement claustrophobique. A ces majestueuses prises de vue succèdent quelques moments de tension sous forme de plans rapprochés plus dynamiques, tendance shakycam, rendant l’action illisible et ajoutant au chaos provoqué par les apparitions du prédateur. Plus énergique que Black water - loin s’en faut, The reef souffre par contre d’une certaine redondance et accuse une absence totale d’enjeux dramatiques. Désireux de bâtir davantage un "thriller psychologique" qu’un film d’horreur, Traucki ne s’encombre d’aucune caractérisation et livre en pâture aux squales une bande d’énergumènes sous-développés - mais pas crétins - pour lesquels le spectateur peine à éprouver de l’empathie.

Loin d’être honteux, The reef privilégie le réalisme au spectacle, le naturalisme quasi clinique au divertissement. En découle une vraie atmosphère anxiogène qui toussote malheureusement sur la longueur. Enfin, pour clôturer cette chronique en beauté, je ne peux m’empêcher de vous livrer l’un des calembours les plus poilants que je connaisse. Z’êtes prêts ? C’est parti... Une baleine s’adresse à des requins qui désiraient l’attaquer : "C’est assez, je me cache à l’eau pour protéger mon dos fin". Elle est pas irrésistible, celle-là ?


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