Critique de film

Rage (The)

"The Rage"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Robert Kurtzman
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h26
  • Scénariste : Robert Kurtzman, John Bisson, Andrew Divoff, Erin Brown, Reggie Bannister, Rachel Scheer, Ryan Hooks
  • Musique : Edward Douglas &Midnight Syndicate
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Andrew Divoff, Erin Brown, Reggie Bannister, Ryan Hooks, Rachel Scheer
  • Récompenses : Aucune

Le Dr Vasienlenko a une dent contre son gouvernement. Frustré, il crée dans son laboratoire l'arme biologique ultime : un type de rage qui transforme les infectés en mutants assoiffés de chair. En peu de temps, il perd le contrôle de ses sujets d'expérience et devient lui-même infecté. Le virus ne tardera pas à se propager chez les humains et les vautours des environs. Pour survivre et éviter que la rage détruise l'humanité entière, un groupe de jeunes adultes perdus dans les bois devra mettre un terme aux activités machiavéliques du docteur.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The rage - Virus cannibale
Par : Chroniqueurs


Par Swan

Présenté en séance de minuit au BIFFF, The Rage est un film dont on n’attendait pas forcément autre chose qu’une bonne dose de rigolade. Tourné en vidéo avec un budget rachitique, le quatrième film de Robert Kurtzman s’est pourtant révélé une excellente surprise, une de ces petites bandes extrêmement fun et gore bien décidée à réveiller les ardeurs d’un public directement acquis à sa cause dès les premières images. Un petit monument de gore et d’humour !

Le synopsis est très mignon : le gentil Docteur Viktor Vasilienko, brillant scientifique russe ayant trouvé le remède miracle pour guérir le cancer est envoyé derrière les barreaux par les pontes de son gouvernement à qui la maladie, via les industries pharmaceutiques, rapporte un joli pactole. Quelques années plus tard, après s’être évadé, Vasilienko, caché dans son laboratoire au fin fond de la campagne américaine, prépare sa revanche. Devenu complètement fou, il décide de lâcher dans la nature un virus mortel. Une saloperie bactériologique ravageuse se propageant par le sang et la salive et qui provoque chez ses sujets une horrible mutation en zombies cannibales assoiffés de sang (comme tous zombies cannibales qui se respectent…) Mais pourquoi est-il si méchant ? Euh… eh bien pour toutes les raisons expliquées ci-dessus pardi ! Méchant donc, mais aussi un tantinet secoué du bulbe et irrémédiablement con puisque par inadvertance Vasilienko se fait mordre par un de ses cobayes. Vasilienko subit donc lui-même la terrible mutation tandis que son sujet s’échappe pour mieux contaminer ses contemporains et la faune animalière locale dont une joyeuse bande de vautours se transformant illico presto en une armée volante de Cracoucass ! Heureusement, comme dans 95 % des films d’horreur, une bande de jeunes dans un mini-van passe dans le coin…

Savant mélange entre Re-Animator et L’Ile du Docteur Moreau, le synopsis de The Rage ne brille donc pas à première vue par son originalité. Et pourtant le plaisir éprouvé à la vue de ce petit film parfait pour une sortie DTV et pour un samedi soir entre potes est intense et bien réel. Tout le mérite en revient à trois grands messieurs, trois amoureux du gore fendard qui oeuvrent ici dans la joie et la bonne humeur pour donner ses lettres de noblesse à leur genre de prédilection.

Le réalisateur Robert Kurtzman tout d’abord ! Le « K » du célèbre studio d’effets spéciaux « KNB » au sein duquel, avec ses comparses Greg Nicotero et Howard Berger, il aura œuvré pendant 20 ans à réaliser les pires atrocités en latex pour des films aussi cultes que From Beyond, Deep Star Six, Tremors, Evil Dead 2 et 3, Leatherface, Bride Of Re-Animator, L’Antre de la Folie, From Dusk Till Dawn, Vampires, The Faculty et beaucoup d’autres encore. Passé à la réalisation en 1995 avec un Demolitionist assez rigolo, puis en 1996 avec un Wishmaster très réussi, Kurtzman est un véritable passionné des corps explosés, des effets gerbants où tripes et boyaux se répandent avec une joie non dissimulée sur vos écrans. Sa réalisation s’avère ici extrêmement bien rythmée, ponctuée d’un humour mi-beauf mi-référentiel extrêmement bienvenu. Sexe, violence, gore, heavy-metal, des mutants et des savants fous ! Ce que réclame le peuple, Kurtzman le lui offre sur un plateau d’argent !

Ensuite le producteur Gary Jones ! Véritable stakhanoviste du cinéma de genre ricain à budget réduit, Jones est l’homme de l’ombre qui ces dernières années nous a offert une tripotée de productions réservées à la vidéo extrêmement soignées. Réalisateur à ses heures, il nous a offert quelques savoureuses friandises comme Mosquito, Spiders, Crocodile 2 (suite supérieure du nanar de Tobe Hooper), Raptor Island 2, etc. Grand spécialiste et amoureux des films de bébêtes mutantes, Jones poursuit une carrière marquée par la passion, une carrière que n’aurait pas reniée le jeune Roger Corman.

Ensuite vient la star du film : le charismatique et terriblement drôle Andrew Divoff. Rendu célèbre par son rôle du Wishmaster dans les deux premiers films de la série, Divoff trimballe depuis le milieu des eighties sa trogne burinée et ses traits sinueux dans une kyrielle de productions allant de la série Z la plus honteuse (un paquet de films signés Albert Pyun dont Nemesis 4 et Adrenalin avec Totophe Lambert), de séries B recommandables (X-Tro 3, Extreme Justice, le Faust de Brian Yuzna) ou encore des productions friquées comme A la Poursuite d’Octobre Rouge, Air Force One, la troisième saison de la série Lost dans laquelle en méchant russe borgne il envoyait ad patres le gentil Charlie ou encore le tout nouveau Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Crystal contre Skeletor dans lequel il jouera… un méchant russe vous l’aviez deviné ! Excellente réponse de Madame Bellepaire, de Loche !... Son étiquette de méchant russe de service, Divoff préfère en jouer et partir en roue libre. Il s’en donne à cœur joie dans un numéro généreux de savant fou sorti tout droit de la tradition du grand-guignol. Jeffrey Combs serait fier de lui ! Affublé la plupart du temps de maquillages en latex tous plus horribles et extravagants les uns que les autres, Divoff réussit donc ici un exploit pas gagné d’avance : surpasser en ridicule (volontaire) la « prestation » de Marlon Brando dans L’Ile du Docteur Moreau coulée par John Frankenheimer.

Epatant et très réussi, The Rage pâtit à certains moments de son tournage en format vidéo, rendant les actions les plus trépidantes parfois un tantinet illisibles, comme lors de la séance de l’attaque du camping-car par les vautours. Pas grave cependant tellement le film se révèle de plus en plus généreux au fil de son déroulement, introduisant à quelques minutes seulement du générique final deux personnages hilarants : un nabot mutant et hydrocéphale jurant comme un charretier (le public du BIFFF se souviendra longtemps de son « Sayonara motherfuckers ! ») et un colosse enchaîné dans le sous-sol du laboratoire doté d’une force herculéenne. Un clin d’œil à Frankenstein qui donnera du fil à retordre aux quelques survivants, l’un d’entre eux étant interprété par la très « va-va-voum » Erin Brown, plus connue par les experts sous son pseudonyme de Misty Mundae lorsqu’elle se produisait encore dans les soft-core lesbiens de Seduction Cinema, une boite spécialisée dans les parodies érotiques des grands succès récents (Spider-Babe, Play-Mate Of the Apes, The Erotic Witch Project 3 et Gladiator Eroticus, c’était elle !) Bien qu’elle garde ici ses attributs bien cachés (pas trop le temps de folâtrer dans le foin quand ces enfoirés de zombies vous collent au train !) son charme est l’un des nombreux atouts qui font de cette bande une date dans l’histoire du DTV décomplexé.

Par ses effets spéciaux old school (on pense parfois à House 2), son humour ravageur, sa générosité et sa bonne humeur générale, The Rage, à l’instar de Planète Terreur est un vibrant hommage au cinéma des années 80, celui que nous avons tant aimé.


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