Critique de film

The Divide

"The Divide"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Horreur
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Xavier Gens
  • Pays d'origine : USA
  • Scénariste : Karl Mueller, Eron Sheean
  • Musique : Andy Ross
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Lauren German, Milo Ventimiglia, Michael Biehn, Michael Eklund, Rosanna Arquette, Courtney B. Vance, Ivan Gonzalez, Jennifer Blanc
  • Récompenses :

Pour survivre à la fin du monde, il faut déjà survivre à son prochain… Une monstrueuse explosion dévaste New-York, et huit individus se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Mickey, le concierge de l’immeuble, totalement paranoïaque, a transformé ce sous-sol en abri anti-atomique. Il n’y a que trois pièces en enfilade, et on manque de place. En revanche, ils disposent d’une réserve abondante de nourriture et d’eau. Au moins, le petit groupe n’a rien à craindre de l’horreur régnant à l’extérieur, et il décide d’attendre et de comprendre l’origine de la catastrophe qui a tué autant de gens qui leur étaient chers. Tout à coup, des homes vêtus de combinaison étanches prennent d’assaut leur abri avant d’ouvrir le feu. Les huit individus se serrent les coudes dans un effort désespéré pour résister à ce nouvel ennemi. Nul ne sait ce que cherchent les hommes en combinaison, ni pourquoi ils se montrent aussi impitoyables. Chaque camp accumule les pertes, mais les intrus battent finalement en retraite, mais pour le petit groupe, le pire reste encore à venir. La claustrophobie s’installe quand les survivants commencent à considérer leur abri non comme un refuge, mais plutôt comme un piège à rat. La peur des radiations et de l’épuisement des réserves torture les rescapés, mais la jeune et jolie Eva a d’autres problèmes beaucoup plus concrets. Sam, son fiancé, est le plus faible des hommes présents, et ces derniers régressent lentement au niveau de prédateurs violents et inhumains. La tension monte, et le sanctuaire devient un enfer. Sam est incapable de défendre Eva, aussi doit-elle s’en remettre à son intelligence pour éviter de finir comme jouet de la meute dans un final à couper le souffle.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The divide - De la cave au grenier
Par : Maureen Lepers


Encensé ou fustigé à l’issu du buzz qu’avait entrainé son précédent film, Frontières, Xavier Gens gagne cette fois les terres canadiennes et signe avec The Divide un huis clos apocalyptique et indépendant où se côtoient les genres et les gens, le tout sur fond de traumatisme post 11 septembre 2001.

The Divide s’articule autour d’un groupe de survivants à une explosion nucléaire, d’abord réfugiés, puis parqués par les autorités extérieures dans les caves de leur immeuble. Plus qu’un survival, il s’agit pour Xavier Gens, dix ans plus tard, de mettre en scène un traumatisme, celui du 11 septembre 2001, et ses conséquences sur l’homme et les groupes sociaux. Logiquement donc, c’est vers la composition de l’espace que s’orientent les intentions de mise en scène. Les caves s’imposent comme un double théâtre : à la fois espace de recréation sociale et espace mental, il est le lieu privilégié de la réflexion cinématographique. Le film s’attache ainsi à décrire et mêler deux axes de lecture d’une même catastrophe. Il s’agit d’abord d’en décrire les effets sur un groupe d’individus et d’observer les mécanismes du relationnel, mais aussi de simuler, par l’intermédiaire de ce même groupe, les tensions et dynamiques à l’œuvre dans l’esprit humain. Grosso modo, le groupe s’organise autour d’une figure féminine principale, Eva (Lauren German, qui ne coupe plus de couilles depuis Hostel 2), dont le prénom n’est bien sûr pas choisi au hasard, et d’un trio de mecs lambdas dopés à la testostérone et à la bêtise la plus primaire. Autour de ce noyau, gravitent pèle mêle une mère dont la fille est enlevée par des militaires pour des raisons un peu obscures, un intellectuel pas franchement intelligent, un noir sympathique et un mec gentil, dont le frère est le chef des méchants, et qui pendant tout le film, se demande ce qu’il a fait au ciel pour mériter une famille pareille. Eva, à la fois centre moral (le groupe) et psychologique (le cerveau), cristallise les enjeux dramatiques du long métrage, tandis que les trois machos, Josh (Milo Ventimiglia), Bobby (Michael Eklund) et Mickey (Michael Biehn), fondent les enjeux purement cinématographiques (de mise en scène en somme). Le personnage de la jeune femme se décline donc sur trois lignes : celle de l’individu qui refuse de sombrer avec la société qui l’a vu naitre, celle de l’esprit qui se bat contre la folie, et enfin celle du personnage de cinéma qui refuse d’être étouffé par la mise en scène. Par définition condamnée à survivre, Eva traverse le film comme une ligne droite, inflexible et solide, jusqu’à la purge finale, comme la promesse cruelle d’une renaissance.

De ce postulat, et grâce aussi à l’interprétation hyper convaincante de Lauren German, The Divide aurait pu tirer une force grandiose. Cette fille éblouissante et désespérée qui tire à elle toute la dramaturgie d’un récit aurait dû imposer sa seule radiance, et le film lui, aurait dû la soutenir. Malheureusement, Xavier Gens substitue au drame humain la violence et le gore clinquant du trio masculin, qui écrase graphiquement et narrativement la préciosité et la fragilité d’un tel personnage. Le problème du cinéaste français en définitive, peut-être à cause de certains reproches faits à Frontières, est qu’il veut trop prouver, trop faire, trop démontrer. L’intérêt donc qu’offre la bande de mecs, c’est la fulgurance et la violence qu’ils supposent et les brèches qu’ils ouvrent par la même occasion en termes de mise en scène. En prenant le contrôle du groupe de survivants, Josh et Bobby imposent un style de cow-boy des plus basiques qui fait basculer le long métrage dans l’horreur, au détriment des relations humaines esquissées dans la première partie. Celles-ci alors, deviennent caduques, et au milieu des scènes de torture et de viol, il est difficile de s’émouvoir de la rupture tacite de Eva avec son petit ami Sam, ou de l’amitié triste qu’elle tisse avec le petit frère de Josh, Adrien. D’un genre à l’autre (du drame humain au survival pur), la bascule manque cruellement de justesse, si bien que l’on frôle parfois le ridicule tant certaines séquences sont excessives. Deux personnages à ce titre, Bobby et Marilyn, la mère que campe Rosanna Arquette, condamnent, par leur pathétisme, la souffrance et le désespoir qu’aurait dû induire l’imminence du double point de non-retour (social et psychologique, toujours).

Si The Divide pèche ponctuellement par un excès d’orgueil, il n’en reste pas moins qu’il remplit son contrat, du fait notamment d’un personnage magnifique, et d’une gestion habile de l’espace et des corps. Bien qu’il ne soit pas la claque espérée, le film sait, quand il le faut, distiller une vraie mélancolie, un désespoir authentique et d’une grande violence, desservi par quelques séquences poussives, mais rattrapé in extremis par l’authenticité et l’envie de son metteur en scène.


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