Critique de film

The Strange House

"Tong ling zhi liu shi gu zhai"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Chine
  • Durée : 1h27
  • Musique : Wong Kin-wai
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Alpaguée en pleine rue par un inconnu, Yezi se voit offrir une proposition étrange : incarner sa nièce tragiquement décédée afin de rendre les derniers jours de sa mère mourante plus paisibles. Mais, dès son arrivée, le reste de la famille se montre ouvertement hostile, voire carrément menaçante envers Yezi...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Strange House - Le dernier testament
Par : Damien Taymans


Simple employée dans un salon de coiffure, Yezi rêvasse en balayant les cheveux laissés par des clientes peu consciencieuses à une vie meilleure où elle ne devrait pas régler son loyer à coup de promesses procrastinantes. A deux doigts d’être mise à la porte par sa logeuse, Yezi découvre qu’elle a perdu perdre sa seule source de pognon en constatant que son patron a fui avec tout son matériel sans laisser d’adresse. Dès lors, la proposition qui lui a été faite par un inconnu la veille lui devient alléchante. Et puis, se faire passer pour une fille morte pendant quinze jours pour satisfaire une grand-mère mourante désireuse de revoir sa petite-fille une dernière fois, ça laisse presque rêveur...

Danny Pang, privé pour la sixième fois de la compagnie de son frère Oxide, nous convie à l’intérieur d’une étrange bâtisse où cohabitent (pour reprendre le cri d’amour du crapaud) des personnages tout aussi inquiétants. La jeune Yezi fait la rencontre de ses prétendus oncles et tantes et de sa grand-mère qui tient le lit et menace de passer l’arme à gauche dans un avenir proche. Mais ce départ possède des enjeux : le legs du domaine que tous convoitent sans oser trop le dire. Dès lors, l’arrivée de Le Rong (la nouvelle identité de Yezi) sonne autant comme une bénédiction qu’une malédiction car, si elle permet à Grand-mère de retrouver un peu de joie de vivre et de se montrer plus conciliante en matière de testament, il convient d’éviter que la jeune intruse rafle le pactole. Chaque membre de la famille devient une menace pour Yezi qui vire doucement vers la parano tandis qu’elle découvre le sort réservé à celle qu’elle remplace.

Alléchant au départ, le scénario tue pourtant dans l’œuf tout son potentiel dès la fin du premier acte : quelques apparitions fantomatiques plus tard, le film a versé dans l’exploitation de tendance Ring ou The Grudge (un troublant petit mioche traîne d’ailleurs ses savates dans les recoins de toutes les pièces) pour ne plus jamais retrouver le côté malsain qui semblait se développer dès l’entrée de Yezi au sein de cette famille de tarés. Trop sage, Danny Pang emprunte des sentiers balisés depuis des lustres par les Nakata, Shimizu et consorts et prolonge ainsi encore un peu plus le délire de The Eye composé il y a une dizaine d’années en compagnie de son frangin. Mais l’effet d’optique ne prend pas : les fausses-trappes sont connues d’avance et l’usage d’un sempiternel twist ne sauve aucunement une production aussitôt vue aussitôt oubliée.

Il y avait pourtant du potentiel dans cette étrange maison, voire une promesse de retrouver les auteurs de The Eye et d’Abnormal Beauty. En l’état, il ne s’agit de rien de plus qu’une énième sous-production fadasse qui s’ingénie à faire dévoyer le spectateur sur des chemins ultra-connus pour le mettre par la suite face à une torsion sans la moindre inventivité. Maigre consolation : on échappe au moins à la stéréoscopie fumeuse des précédentes médiocrités pelliculées des Pang (Out of Inferno 3D, The Child’s Eye).


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