Critique de film

The Similars

"Los Parecidos"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Mexique
  • Durée : 1h29
  • Musique : Edy Lan
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Octobre 1968, dans une gare de bus plantée au milieu de nulle part, à cinq heures de Mexico, huit personnes commencent à expérimenter un étrange phénomène...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Similars - Replicas
Par : Damien Taymans


Octobre 1968, une station d’autobus dans la banlieue mexicaine. Dehors, une averse aux tendances diluviennes provoque un chaos traditionnel pour les transports en commun : pas une ligne ne fonctionne et les pauvres voyageurs désireux de se déplacer doivent se résoudre à ronger leur frein dans la salle des pas perdus. Mais, pour les huit personnes coincées dans la gare, la situation commence à tourner au cauchemar, d’autant qu’une infection semble les gagner un par un...

La voix-off du narrateur plante le décor, entretient le mystère et s’amuse déjà à renverser les codes pré-établis. A s’y méprendre, on se croirait plongés (piégés même) dans un épisode de La Quatrième Dimension, nous plaçant un demi-siècle en arrière à contempler l’histoire vécue par de pauvres âmes perdues dans une dimension qu’il ne connaisse pas et dans laquelle tout peut arriver. D’ailleurs, la comparaison est d’autant plus patente que le récit composé par Isaac Ezban renvoie à l’un des segments de l’anthologie sortie sur grand écran au début des années 80. Tout comme ces choix de couleurs désaturées et ces brûlures de cigarette maculant l’écran, renvoyant à l’aspect des épisodes confectionnés par Rod Sterling. C’est que le Mexicain est un enfant biberonné aux créations du bon Rod et à la SF parano de la Guerre Froide teintée de communisme, comme l’illustrait déjà son précédent opus présenté au BIFFF l’année dernière, The Incident.

Ici encore, le huis clos est de rigueur, renforçant l’atmosphère claustro et parano que l’auteur souhaite distiller. Intrigant dans un premier temps, l’argument devient par la suite tour à tour amusant, malsain voire carrément tétanisant. Récupérant le massacre de Tlatelolco comme toile de fond, Isaac Ezban compose une œuvre d’épouvante efficace, trouvant un semi-écho dans la réalité afin d’accentuer encore davantage l’inquiétude du spectateur. Car tout naît de là, cette inquiétante étrangeté chère à Edgar Allan Poe : d’un détail naît le questionnement qui, doucement, tourne à la peur, un sentiment que le Mexicain parvient à exacerber chez ses personnages jusqu’à gangréner l’assistance clouée devant ce cauchemar pelliculé.

The Incident laissait déjà entrevoir tout le talent d’Ezban en matière de science-fiction et de manipulation intellectuelle (cet amour des boucles dans lesquelles personnages et spectateurs se voient emprisonnés), The Similars ne permet plus le moindre doute : le Mexicain deviendra l’un des incontournables du genre dans quelques années.


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