Critique de film

The Open

"The Open"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Drame, Sport
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Belgique, France, Angleterre
  • Durée : 1h44
  • Musique : Ddamage, Jean-Baptiste Hanak
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

La Guerre est totale. Stéphanie, numéro 4 au classement WTA, et André préparent leur Open... sans balle de tennis. Ils y croient. Si fort qu'ils parviennent à convaincre Ralph de laisser tomber son flingue et de prendre une raquette...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Open - Jeu, set et... presque match
Par : Damien Taymans


Classée numéro 4 au WTA, Stéphanie Tavernier espère remporter le tournoi de Roland Garros et accrocher ainsi un autre trophée sur sa cheminée. Mais la guerre éclate, fatale, destructrice et la championne doit se résigner à abandonner son sport fétiche. Enfin, pas exactement, errant dans les plaines écossaises en compagnie de son entraîneur André et de Ralph, un 900ème de l’ATP reconverti en partenaire-adversaire de la future étoile du tennis féminin. Pour oublier la morosité ambiante, ils s’entraînent avec hargne dans le but de décrocher les Internationaux de France. Seul hic : le formidable court Suzanne-Lenglen et sa terre battue étant loin et les conditions de jeu s’avérant précaires, ils jouent sans corde et sans balle sur des terrains herbeux ou sableux dessinés à la hâte...

Armé d’un budget très limité (130 000 euros, soit la somme destinée à la ration de Proloban de Gerard Butler sur Gods of Egypt), Marc Lahore part à l’assaut des plaines écossaises avec son équipe réduite (9 bonshommes en tout) avec lesquels il a déjà travaillé sur le court Do. Le réalisateur capte la beauté de ces paysages, cet endroit coupé du monde dans lequel évolue un trio de personnages prêt à tout pour oublier l’atrocité de la guerre qui fait rage. Dans ce post-apo comparé au The Road de Hillcoat, l’invisible et le visible se mélangent, les deux univers se confondent : la rage des champs de bataille est à quelques lieues, les courts de Roland-Garros à des centaines de kilomètres, rien d’autre ne compte que ce tournoi fantasmé qui entraîne les protagonistes d’un sillon à l’autre, rebaptisé pour l’occasion en hommage aux grands joueurs de tennis.

Le cap Agassea en bord de mer, le col McEnroe, le camp Henin reçoivent ainsi les honneurs de ces parties absurdes où tous les coups dépendent de l’imagination, tous les jeux relèvent du mirage, tous les sets sont utopiques. En somme, Stéphanie, Ralph et André mènent leur propre guerre, leur combat contre une réalité sanglante qui leur a ôté des êtres chers et une passion dévorante. En plein chaos, dans cette constante menace, ils s’inventent un monde à eux dans lequel le tennis devient, pour reprendre Camus, une excellente raison de (sur)vivre et reproduisent à l’envi les mêmes mouvements, effectuent les mêmes gestes, répètent les mêmes coups parfaitement stylisés par Marc Lahore qui parvient à transformer ces compétitions absurdes et surréelles en petits morceaux de cinéma.

Hélas, cette reproduction aurait mérité un format plus ramassé, le métrage comptant quelques longueurs et une tendance assez agassante (pour filer la métaphore tennistique) à rallonger les dialogues en optant pour une traduction quasi instantanée à la sauce Nelson Monfort. Pour un premier film, The Open frappe souvent fort et juste mais aurait profité de l’abandon des couloirs. Jeu, set et ... presque match...


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