Critique de film

The Mermaid

"Mei ren yu"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Comédie, Drame
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Chine
  • Durée : 1h33
  • Budget : 60 720 000 $
  • Musique : Fuhua Huang, Jiajia Zheng
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un millionnaire excentrique, Liu Xuan, achète le sanctuaire de dauphins du Golfe vert et entreprend de le bombarder d’ondes sonar pour en éliminer toute vie aquatique. Les sirènes et tritons qui y vivent en paix depuis des années se voient soudain menacés d’une lente et douloureuse extinction. Une somptueuse sirène, se faisant passer pour une femme, est chargée d’assassiner Liu Xuan.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Mermaid - Soupe de poissons
Par : Samuel Tubez




L’hilarant réalisateur et comédien de Shaolin Soccer et Crazy Kung-Fu délaisse l’acting sautillant pour se concentrer uniquement sur la mise en scène de cette nouvelle comédie délirante, accessoirement devenue le plus gros succès chinois de tous les temps avec plus de 340 millions de dollars de recettes pour 60 millions engagés ! Ils sont fous ces chinois !

Liu Xuan, millionnaire excentrique, a acheté le sanctuaire des dauphins du Golfe vert et bombarde cette partie de l’océan d’ondes sonar afin d’en éliminer toute vie aquatique. Mais les sirènes, tritons et autres créatures mi-hommes mi-céphalopodes du coin résistent à l’extinction qui les menace et passent à l’action. Ils envoient pour ce faire Shan, une charmante sirène qui se fait passer pour humaine. Chargée d’assassiner Liu Xuan, cette dernière va tenter de l’amadouer mais celui-ci tombe amoureux de cette femme pas comme les autres qui s’avère être la seule à ne pas se soucier de son argent…

Quand Stephen Chow se penche sur la question écologique, le résultat est forcément peu banal et à mille lieues d’un solennel Cap21. Il a beau ouvrir son film sur des images de ravages écologiques et autres massacres sanglants de dauphins causés par l’homme, le naturel revient immédiatement au galop, le réalisateur ne tardant pas à nous rassasier de blagues plus débiles les unes que les autres. Les scènes burlesques s’enchaînent dès lors sans temps mort, Show accumulant une montagne de gags poussifs qui finissent forcément, à un moment ou un autre, par nous arracher au moins un sourire. Si vous êtes client de son humour, il y a même de fortes chances que vous soyez plus d’une fois hilare face aux scènes toutes plus absurdes les unes que les autres que le trublion vous aura concoctées. Le ton est volontairement cartoonesque et la complicité de comédiens très impliqués y est pour beaucoup dans cette frénésie presque ensorcelante, à commencer par le tout bon Show Lo (Journey to the West : Conquering the Demons) en homme-poulpe qui a bien du mal à garder ses tentacules en sûreté. L’un des meilleurs moments du film réside ainsi dans une scène où son personnage Octopus est infiltré sous les habits d’un cuisinier forcé de préparer ses propres tentacules pour en faire des sashimis, le tout en restant bien sûr inébranlable. Irrésistible ! Le reste du casting est bien sûr au diapason avec nos deux amoureux joués avec ferveur par Deng Chao (Mural) et Yun Lin, qui endosse son premier rôle d’importance au cinéma. Des présences pour le moins séduisantes auxquelles vient s’ajouter l’aura très sensuelle de la sublime « Kitty » Zhang Yuqi (CJ7 du même Stephen Chow) en redoutable et affriolante femme fatale.

Visuellement fastueux et chamarré (la photo est signée Choi Sung Fai, à qui l’on doit les deux derniers Tsui Hark, ce dernier faisant par ailleurs ici une brève apparition à l’écran), The Mermaid pèche néanmoins par une surabondance de CGI peu convaincants (une constante chez le réal’) et une rupture de ton (le final se fait plus sombre, voire même un tantinet sanglant) ainsi qu’un message écolo grossiers. On ne pourra en tous cas pas reprocher à Stephen Chow d’oser et d’assumer à fond cette irrésistible candeur qui parsème chacun de ses films…et qui s’avère ultra communicative surtout lorsque l’on visionne la chose en festival, comme par exemple au 35e BIFFF où il remporta le Corbeau d’Argent 2017.


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