Critique de film

The Machine

"The Machine"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h40
  • Musique : Tom Raybould
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Deux programmeurs réussissent l'exploit de créer la première intelligence artificielle autonome et consciente de son existence. Leur but est de créer des sortes d'assistants pour rendre l'humanité meilleure. Mais c'est sans compter la cupidité et le désir de contrôle de certains groupes armés qui s'emparent de leur création et qui vont lui apprendre à faire le mal.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Machine - L’arme a l’oeil
Par : Damien Taymans


En pleine guerre froide entre les forces occidentales et la menace jaune, les Anglais développent en secret des armes d’un nouveau type : des cyborgs dénués d’émotions et donc foncièrement destructeurs. Or, le professeur Vincent, en compagnie de son assistante Ava, développe une intelligence artificielle d’un nouvel âge, capable de réfléchir et donc d’emmerder le belligérant avec des réflexions philosophiques sur la condition du militaire lambda. Ce qui n’est pas au goût de l’état-major, plus excité par des super-soldats con-cons dociles que par des machines douées d’âme...

S’il est un genre particulièrement casse-gueule pour les productions désargentées, c’est bien la science-fiction. A côté des grosses machines blockbusteriennes, pour faire entendre sa voix, il s’agit d’opter pour le moins d’effets visuels possibles mais passablement convaincants et de s’armer d’un scénario en béton armé. Ce prodige, réalisé ces dernières années par Neil Blomkamp (District 9), Josh Trank (Chronicle) ou Alan Brennan (Earthbound), nécessite une parfaite connaissance des classiques du genre et une volonté de régénérer sans reproduire, autrement dit d’éviter l’écueil du plagiat pour lui préférer l’hommage. Contrat pleinement rempli pour The Machine, deuxième long métrage de Caradog W. James après la comédie Little White Lies. Des clins d’oeil aux canons SF, l’œuvre en compile des tas, glissant de discrètes œillades à Matrix (quelques séquences de combats), Blade Runner (le score brillant de Tom Raybould notamment rappelle celui de Vangelis), Robocop, Terminator, Universal Soldier (pour le design des cyborgs), Intelligence Artificielle et I, Robot (pour sa réflexion sur la dénaturation robotique)... mais conserve sa personnalité propre et Caradog manipule toutes ses cartes avec la même adresse que ses illustres aînés.

Aux punchlines poussives et aux effets visuels approximatifs d’œuvrettes spatiales foireuses produites par Luc Besson (Lock Out quoi !), The Machine préfère un scénario finement ciselé, des personnages archétypaux mais travaillés, un design sobre et épuré (aucune architecture alambiquée ni bagnole volante, ce qui évite les dépenses visuelles et le recours systématique aux CGI) et, last but not least, un sous-texte percutant sur la course à l’armement et la condition humaine à travers le prisme de la relation entre le scientifique et sa créature. A ce titre, le cinéaste ne cède pas à la tentation et ne compose pas de symphonie romantico-lacrymale entre les deux personnages qui s’apprivoisent progressivement grâce à l’empathie et laissent leurs émotions se développer selon le métronome de leur "humanité". En somme, The Machine s’approprie pleinement son sujet et revendique un traitement sérieux et noir, sans fioriture ni excès, agrémentée de poésie (la chorégraphie de danse d’Ava) pour une dystopie d’autant plus incisive qu’elle prend place dans un futur pas si lointain.

Force est de le souligner : outre son univers restreint mais riche et son traitement singulier, The Machine réussit aussi et surtout à susciter l’étonnement grâce à l’interprétation époustouflante de Caity Lotz (The Pact), troublante en humaine mécanisée évoquant la prestation de Brigitte Helm dans Metropolis.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage