Critique de film

The Innkeepers

"The Innkeepers"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique - Fantômes
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ti West
  • Pays d'origine : USA
  • Scénariste : Ti West
  • Musique : Jeff Grace
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  • Bande annonce
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  • Casting : Sara Paxton, Pat Healy, Kelly Mcgillis, George Riddle, Lena Dunham, John Speredakos, Alison Bartlett
  • Récompenses :

Les employés d'un vieil hôtel commencent à penser que leur lieu de travail est hanté...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Innkeepers - La Mariée était en Noir
Par : Seb Lecocq


Ti West est en train de prendre un tournant décisif et pour le moins inattendu dans sa carrière tant il n’y a pas encore si longtemps, on n’attendait absolument rien de lui après trois premiers films qu’on qualifiera de « médiocres » pour rester courtois. Le mec est en train de passer de « tâcheron sans aucun avenir » avec le triplette (The Roost, Triggerman, Cabin Fever II) à « grand espoir de l’épouvante à l’ancienne » (avec House Of The Devil et Innkeepers). Comment un tel miracle s’est-il produit ? Et bien peut-être tout simplement parce que West a compris comment réaliser correctement un film de flippe. Il l’avait prouvé avec House Of The Devil, petite perle de fantastique gothique et atmosphérique tout droit sorti des années 80 pour lequel le réalisateur nous proposait une exposition extrêmement longue, des ambiances soignées et un déroulement des plus intense. Il enfonce le clou et ressort le même schéma pour Innkeepers qui s’avère au moins aussi convaincant que son grand frère. Les films sont très semblables mais aussi très différents dans le fond comme dans la forme. Aussi différents que peuvent l’être un frère et une sœur car c’est comme ça que doivent être perçus les deux œuvres.

Innkeepers reprend donc peu ou prou les mêmes recettes que House Of The Devil : une grande bâtisse quasiment vide et mystérieuse, très peu de personnages et une jeune demoiselle un peu trop curieuse, cette fois aidée par un comparse aussi frimeur que pleutre. Il n’en faut pas plus à West pour livrer un modèle de film de frousse à l’ancienne car son art repose sur deux constituantes aussi vieilles que le cinéma lui-même : la mise en scène et les comédiens. Le cinéma est réduit à son plus simple appareil pour faire avancer son histoire, instiller la tension et créer son ambiance. Une mise en scène propre, carrée, ample et légère par moments, plus resserrée et brute à d’autres. On pense parfois, toutes proportions gardées, à Shining ou à Poltergeist pour les décors et l’ambiance très eighties, même si, cette fois, le film se déroule à notre époque, que le réalisateur parvient toujours à retrouver et à mettre en exergue. On retrouve aussi cette façon de traiter le fantastique avec respect et déférence et pas comme simple contexte ou ressort dramatique. Innkeepers suinte l’amour du fantastique par tous les pores de sa peau celluloïdée. L’histoire est assez simple : un couple d’amis, Claire et Luke, se rend dans un hôtel soi-disant hanté avant d’y enregistrer les phénomènes paranormaux qui semblent se produire dans l’enceinte de l’hôtel.

Démarrant sur des bases plutôt légères et porté par le dynamisme de son duo de héros, Innkeepers prend son temps, présente les lieux, les faits, les personnages avant de peu à peu vraiment entrer dans un fantastique « réaliste ». Bruits suspects, claquements de portes, médium ; par petites touches, l’étrange et le paranormal s’installent. West capte tout ça au travers de subtiles variations de mises au point et de cadrage, sa camera retranscrit au mieux ce changement d’atmosphère : cadres plus serrés et moins propres, atmosphère plus noire, photographie plus sombre. Au début, on se trouve dans la situation de Claire et Luke, on ressent plus qu’on ne voit et West illustre plus qu’il ne monstre, l’entrée du fantastique pur dans une trame et une ambiance réaliste. C’est une des grandes forces du film, le glissement presque insidieux qui s’opère entre deux univers. L’autre point fort du film tient dans la relation entre les deux personnages principaux et à l’interprétation de ceux-ci. Le geek crâneur et cynique d’un côté, la jeune fille un peu fleur bleue mais avec des couilles de l’autre. Leur interaction est un parfait exemple d’osmose entre deux personnages.
Ensuite le script introduit un troisième personnage qui va faire dérailler cette interaction et véritablement lancer le film sur le chemin du fantastique pur et dur. Ce fantastique, West le garde bien au chaud pour son tout dernier acte et l’atteint via un crescendo maitrisé avant une montée de tension vraiment réussie, palpable et tenace.

Le dernier quart d’heure est un grand moment de tension mais sans plus car, et c’est le défaut majeur d’Innkeepers, la frousse est rarement au rendez-vous. Dommage car avec cette dose d’adrénaline supplémentaire, l’oeuvre aurait mérité de rafler la mise aux quatre coins du globe. Là, on tient juste un bon film d’épouvante à l’ancienne avec une belle ambiance et une identité propre. Ce qui n’est déjà pas si mal...


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