Critique de film

Terra Formars

"Terra Formars"
affiche du film
  • Genre : Science fiction, Horreur, Action
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h48
  • Musique : Kôji Endô
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

En 2599, la Terre est menacée de surpopulation. Mais 500 ans plus tôt, des scientifiques ont envoyé sur Mars des cafards afin de rendre la planète habitable. Après l’échec d’une première tentative de colonisation, le gouvernement monte secrètement une seconde expédition composée de criminels qui vont découvrir que les petits cafards se sont transformés en créatures humanoïdes à la force surhumaine. Ils vont devoir les affronter grâce à des mutations génétiques leur conférant des habilités d’insectes géants.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Terra Formars - Mission to Mars
Par : Seb Lecocq






On ne va pas se plaindre, il existe nombre de tâches plus fastidieuses que celle-ci, mais tout de même, tenir à jour la filmographie de Takashi Miike est pratiquement un travail à temps plein. Le stakhanoviste nippon enchaîne les projets à vitesse grand V et il n’est pas toujours simple de s’y retrouver même si, de par son ampleur, ce dernier film (qui ne le sera certainement plus à l’heure de la publication de cette critique), devrait être plus facilement accessible que certaines de ses dernières productions. Terra Formars, adapté du manga éponyme signé Yu Sasuga et Kenichi Tachibana, place Miike à la tête d’un gros blockbuster estival (le film est sorti fin avril 2016 au Japon) distribué par Warner.

On ne va pas tourner autour du pot : Terra Formars est une déception. On retrouve Miike qui sert la soupe sans trop se fouler, se reposant sur le matériau existant (le manga), son gros budget et son casting « sexy flashy » mené par Rinko Kikuchi, Rila Fukushima, Kane Kosugi, Emi Takei, Shun Oguri, Takayuki Yamada ainsi que la toujours ravissante Eiko Koike. De quoi faire joli dans les costumes et assurer un quota d’entrées suffisant. Et Miike là-dedans ? Ben, pas grand chose à vrai dire…Terra Formars est un produit calibré pour le grand public que le metteur en scène emballe sans trop se fouler, s’assurant que tout soit bien cadré et que les effets spéciaux soient bien visibles et clairs à l’écran. Un travail de yes man lambda qu’il parvient tout de même à pervertir quelques rares fois en plaçant ici ou là une idée toute Miikienne que ce soit dans l’allure débonnaire des méchants ou quelques saillies humoristiques décalées.

Terra Formars s’inspire de tout un tas de films tels qu’Aliens, Starship Troopers, La Planète des Vampires, World War Z, avec également des bouts de Dragon Ball Z. Le film ressasse tellement d’oeuvres déjà vues qu’il finit par ne plus ressembler à grand-chose si ce n’est un amas d’influences jetées pèle-mêle sur l’écran. On retrouve le Miike feignant que l’on a connu par le passé, celui qui se contente de laisser la caméra tourner pendant de très longues séquences dialoguées emballées comme un vulgaire drama. Le découpage du film, très manga, impose un rythme bancal segmenté entre scènes d’action sympathiques, tunnels de dialogues et flash-backs explicatifs. Une fois encore, ce qui fonctionne sur le papier ne marche pas au cinéma. Si la première demi-heure est fort sympathique, une fois les enjeux posés, Terra Formars tourne sacrément en rond pour se transformer en jeu de massacre mollasson et cousu de fil blanc. Pas aidé par un scénario bateau, le réalisateur baisse les bras et passe les commandes du vaisseau à l’équipe des effets spéciaux qui va se faire un plaisir de remplir le vide par des images numériques approximatives.
Malgré tout ça, il reste quelques bonnes choses comme un ton décalé symbolisé par le design et les attitudes des méchants cafards qui ne sont pas sans rappeler une version sous stéroïdes des Minions, des scènes d’actions joliment troussées, des pouvoirs originaux et quelques morceaux de bravoure qui valent le déplacement ainsi qu’un casting plaisant aux yeux. C’est à peu près tout pour cette grosse machine. Sinon, on apprendra au passage quelques informations sur le monde des insectes. C’est important de s’instruire, aussi.

Si on compare Terra Formars avec son modèle assumé Starship Troopers, on est très loin du compte. Miike a beau se revendiquer de Verhoeven, n’est pas Polo qui veut. On est ici face à un film vite vu, vite oublié. On ne s’ennuie pas, mais on préfère largement quand le metteur en scène s’implique dans un projet de plus petite envergure qui lui ressemble. Ici, il a empoché son chèque, enclenché le pilotage automatique direction Mars et s’est endormi paisiblement, les pieds croisés sur le tableau de bord de l’appareil.


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