Critique de film

Tarzan

"The Legend of Tarzan"
affiche du film

Après avoir grandi dans la jungle africaine, Tarzan a renoué avec ses origines aristocratiques, répondant désormais au nom de John Clayton, Lord Greystoke. Il mène une vie paisible auprès de son épouse Jane jusqu'au jour où il est convié au Congo en tant qu'émissaire du Commerce. Mais il est loin de se douter du piège qui l'attend. Car le redoutable belge Leon Rom est bien décidé à l'utiliser pour assouvir sa soif de vengeance et sa cupidité…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Tarzan - Le grand retour de Lord Greystoke
Par : Fred Pizzoferrato

Créé par Edgar Rice Burroughs voici plus d’un siècle (sa première apparition date de Tarzan des singes en 1912) le personnage de Tarzan a vécu de nombreuses aventures littéraires (plus d’une vingtaine de romans) qui le confrontèrent à maints ennemis : trafiquants d’ivoire, tribus hostiles, nazis,...mais, aussi, animaux préhistoriques, créatures lilliputiennes et mêmes croisés ou légions romaines égarées dans la jungle. Bref, de la pure fantasy ! En dépit d’innombrables adaptations cinématographiques, le personnage resta souvent, à l’écran, dans un cadre plus réaliste mettant de côté la fantaisie de sa version de papier. Citons néanmoins quelques sympathiques séries B de « fin de série » avec un Johnny Weissmuller empâté (Tarzan et la femme léopard, Tarzan et les amazones) qui réintroduisaient un peu de fraîcheur dans la saga.

Cette nouvelle production à gros budget et en « live » (la première depuis le flop de Tarzan et la cité perdue voici deux décennies) se veut plus proche du héros de Burroughs : à la fois réaliste et fantastique. Tarzan, ou plutôt John Clayton, seigneur de Greystoke, y parle un anglais fluide (et non le sabir habituel « moi Tarzan toi Jane » auquel un dialogue se réfère avec humour) et agit en lord british tout en possédant le pouvoir de commander aux animaux de la jungle en cas de danger.
Bonne surprise : excepté lors de quelques flashbacks, ce nouveau Tarzan se dispense avec bonheur de raconter une nouvelle fois les origines du seigneur de la jungle maintenant connues de tous. La première partie se déroule d’ailleurs en Grande-Bretagne et présente un John Clayton ayant renoncé à son identité de Tarzan pour régner sur ses terres de Greystoke en parfait gentleman. Le film se veut ainsi la quasi séquelle (ou du moins le prolongement logique) de l’excellent Greystoke tourné en 1984.
Situé en 1890, ce Tarzan oppose l’explorateur montois Léon Rom, au service du Roi Léopold II, et John Clayton. En effet, pour s’approprier les légendaires joyaux de la cité d’Opar, Rom accepte d’amener Tarzan à un chef de clan dont le seigneur de la jungle tua jadis le fils unique. En compagnie de son épouse Jane et de l’Américain George Washington Williams, Tarzan retourne en Afrique, ce qui permet à Rom de capturer Jane et de l’attirer dans un piège.
Joliment réalisé et bien servi par une photographie classieuse qui crée des paysages enchanteurs et légèrement fantastiques (les effets spéciaux sont - pour la plupart - invisibles), le film prend son temps pour présenter ses personnages mais offre un dernier acte très rythmé durant lequel le roi de la jungle brille de sa présence impressionnante : cascade sur des lianes, pirouettes, troupeau de gnous venant dévaster un village, assaut sur un train, attaque de crocodiles, etc. Les cgi permettent ainsi des séquences autrefois impossibles qui redonnent véritablement au principal personnage son caractère légendaire.

A la fois réaliste et fantaisiste, le long-métrage dépeint un tableau crédible de la fin du XIXème siècle avec une Afrique tombée aux mains des trafiquants d’ivoire, ses affrontements entre tribus et ses querelles. Alexander Skarsgård en Tarzan, l’inévitable Samuel L. Jackson (dans un rôle inspiré d’un personnage authentique, un journaliste et pasteur opposé à Léopold II) et un cruel Christoph Waltz dans le rôle de Léon Rom (lequel vécut plus longtemps que ce que le film suggère !) dominent une distribution de qualité qui achèvent de transformer cet énième Tarzan en un très plaisant divertissement estival.


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