Critique de film

Stoic

"Stoic"
affiche du film
  • Genre : Drame, Thriller
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Uwe Boll
  • Pays d'origine : Canada
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Uwe Boll
  • Musique : Jessica de Rooij
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Edward Furlong, Sam Levinson, Steffen Mennekes, Shaun Sipos, Jamie Switch, Michael Teigen.
  • Récompenses : Aucune

Un homme se suicide dans sa cellule de prison. Pourquoi ? Ses trois co-détenus en savent-ils plus que ce quâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Stoic - Coup de Boll ou Boll héros ?
Par : Quentin Meignant






Uwe Boll, ce simple nom suffit à faire frémir une large majorité de cinéphiles. Avec des œuvres telles que Bloodrayne, Postal et House of the Dead, le cinéaste ne s’est pas fait que des amis, loin s’en faut. Comptant une frêle congrégation de fans, le réalisateur allemand persévère tant bien que mal dans un milieu qui lui est de plus en plus hostile. Preuve s’il en est, son nouveau métrage, Stoic, jouissait de reviews désastreuses… avant même sa première mondiale au BIFFF 2009 ! D’honteux saboteurs, anti-Boll jusqu’au bout des ongles, avaient déjà taillé en pièce une œuvre qui, pourtant, était dotée d’un pitch autrement plus intéressant que les précédentes œuvres du cinéaste. Un homme se suicide dans sa cellule de prison. Pourquoi ? Ses trois co-détenus en savent-ils plus que ce qu’ils veulent bien en dire ? Les heures précédant la mort de leur compagnon ont-elles été déterminantes ?

Ainsi débute Stoic. Une séquence de pendaison filmée discrètement, presque hors-champ, laisse augurer de bien bonnes choses concernant ce film tourné en 6 jours à peine. Et comme l’aboutissement du métrage se trouve dans son entame, Boll se livre alors à une vague de flashbacks qui durera près d’1h30. Alternant les séquences de confession des trois co-détenus et les phases d’action, le cinéaste fait preuve d’une originalité narrative et d’un sens du suspens particulièrement aiguisés. En effet, alors que ce Stoic aurait très vite pu prendre des allures de cauchemar filmique chiantissime, Boll parvient à garder intact l’intérêt porté à son œuvre.

Mieux encore, il transforme celle-ci en un ensemble bouleversant et choquant de bout en bout, naviguant entre cruauté et drame humain. Cernant au mieux les caractéristiques psychologiques de ses personnages, l’Allemand offre un panel émotionnel immense qui, de surcroît, profite d’une direction d’acteurs jamais vue jusqu’alors. Edward Furlong, méconnaissable dans son rôle à mi-chemin entre brute épaisse et manipulateur né, Sam Levinson, néophyte bouleversant de sincérité, et Steffen Mennekes, grand skinhead sans cœur, donnent à eux seuls toute l’intensité nécessaire pour que les moments de confession orchestrés par Boll acquièrent eux aussi une dimension choquante hors du commun. Cette dimension se retrouve d’ailleurs tout autant dans les différentes scènes de maltraitance dont est émaillé le film. Sans jamais se départir d’une ambiance particulièrement pesante, Boll parvient donc à tirer le maximum de ce huis-clos rageur jusqu’à un final loin d’être décevant. Agissant tel un conteur, le cinéaste justifie tous les sentiments éprouvés au long de son métrage par de simples phrases écrites lors du générique final, offrant à Stoic son statut d’œuvre incontournable.

Première réussite indiscutable de Boll, Stoic est un film extrême et intelligent qui démontre la vista jusque là cachée d’un grand metteur en scène. Si l’Allemand parvient à mettre sur pieds d’autres coups de poker du genre dans les années à venir, il fera sans conteste oublier ses modestes débuts. C’est tout ce qu’on lui souhaite…

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