Critique de film

Star Trek: Sans limites

"Star Trek Beyond"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Action
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h02
  • Musique : Michael Giacchino
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une aventure toujours plus épique de l’USS Enterprise et de son audacieux équipage. L’équipe explore les confins inexplorés de l'espace, faisant face chacun, comme la Fédération toute entière, à une nouvelle menace.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Star Trek sans limites - Divertissant mais limité
Par : Fred Pizzoferrato

Sept ans après l’excellent reboot de J.J. Abrams qui réinitialisait intelligemment la franchise « Star Trek » tout en préservant l’essentiel (et en se permettant des ponts à destination des fans) débarque ce troisième opus. Le crédo est maintenu : quelques légers changements dans la continuité, l’option jadis choisie de l’altération du continuum permettant de jouer avec les attentes des fans sans trop les bousculer.

Le scénario, co-écrit par Simon Pegg et Doug Jung, se limite donc à une longue course poursuite entre l’équipage de l’Enterprise et un nouveau vilain mutant doté d’une arme de destruction très massive. Echoué sur une planète lointaine, Kirk et son équipage rencontrent Jaylah, une guerrière qui devient rapidement leur alliée mais doivent également contrecarrer les plans du seigneur de guerre Krall, lequel envisage d’anéantir une gigantesque station spatiale, Yorktown, afin de se venger de la Fédération. L’Entreprise ayant été (une fois de plus) détruit, nos amis réparent un antique vaisseau, l’USS Franklin, ayant appartenu à un héros depuis longtemps décédé de la Fédération. La course s’engage…

Le point fort du long-métrage reste sans conteste les interactions bien gérées entre les différents protagonistes. Nous retrouvons donc les disputes entre Spock et Bones, les interrogations de Kirk sur les suites à donner à sa carrière et les questionnements de Spock quant à sa relation avec Uhura. Bien sûr, le Vulcain favori des fans ne comprend pas les jeux de mots, déclare un attendu « fascinant » devant le danger et se laisse aller à l’introspection, notamment lorsqu’il apprend le décès de son « autre lui », l’ambassadeur Spock. Une manière de rendre hommage à Léonard Nimoy auquel le film est dédié, tout comme à Anton Yelchin (Chekov), décédé dans un accident en juin 2016. Le reste de l’équipage apporte l’humour nécessaire, en particulier Sulu et Scotty, afin de dédramatiser la situation et de faire passer la pilule des explications pseudo-scientifiques habituelles.

Les passages attendus sont évidemment présents : cascades en moto pour Kirk, sauvetage à la dernière minute, combat mano à mano entre le capitaine et le super-vilain (dont la véritable identité, révélée sous forme de twist, ne surprendra personne) et climax apocalyptique avec d’incroyables scènes de destruction bercées par le « Sabotage » des Beastie Boys. « Ça tape et ça crie ! ». Et, lors du final, un nouvel hommage est rendu à l’équipage originel lorsque Spock entre en possession des biens de l’Ambassadeur dont une photo qui ravira les Trekkies afin de célébrer les cinquante ans de la saga.

Malheureusement, tout cela ne compense pas vraiment la pauvreté d’un scénario qui exploite au maximum le principe du McGuffin : Kirk possède une arme (comment l’a-t-il eu ? nous ne le saurons jamais) dont il ignore la puissance et un méchant veut s’en emparer pour se venger de la Fédération. L’intrigue, qui aurait difficilement « tenu la distance » dans la série télévisée des années ’60 se voit donc boostée par de nombreuses scènes d’action, lesquelles se révèlent cependant bien menées et spectaculaires à souhait. Justin Lin, dont on a apprécié le savoir-faire sur quatre volets de Fast & Furious gère adroitement les poursuites, cascades et explosions mais plaque sur la saga « Star trek » des procédés appris sur les Fast & Furious précités, se préoccupant moins de son intrigue globale que d’une série de vignettes tour à tour explosives, amusantes ou émouvantes.
Entre le spectaculaire, l’humour et le sympathique Vaudeville autour des principaux protagonistes, Star Trek sans limites constitue au final un plaisant divertissement estival aux effets spéciaux très soignés. Hélas, sa linéarité et son refus d’une véritable prise de risque l’empêche d’être autre chose qu’un space-opéra efficace mais anodin.

L’univers complexe, tentaculaire et véritablement sans limites imaginé par Gene Roddenberry méritait sans doute davantage de développements mais il faudra se contenter d’un honnête blockbuster science-fictionnel. Vu le niveau de la concurrence (le désastreux Independance Day Resurgence) ce n’est déjà pas si mal.


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