Critique de film

Spider-Man: Homecoming

"Spider-Man: Homecoming "
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Super-héros
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h14
  • Musique : Michael Giacchino
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Spider-Man : Homecoming - Pubère-Man
Par : Samuel Tubez


Spider-Man bénéficie de ce statut un peu à part dans le Marvel Cinematic Universe (MCU) dû notamment au fait que Sony en possède toujours les droits. Adopté par les Avengers mais heureusement pas encore totalement phagocyté par le MCU, le célèbre tisseur poursuit donc son chemin super-héroïque après une intervention remarquée dans le dernier Captain America.

Fruit d’une collaboration plutôt inédite entre les deux studios, Spider-Man Homecoming fait suite aux évènements survenus dans les films Avengers et Civil War, évitant au passage de repasser par la case origin story. Pas d’araignée radioactive ni d’oncle Ben à l’horizon, donc, ce qui est un excellent choix vu que tout cela a merveilleusement été montré dans les films de Sam Raimi (nous oublierons volontairement les deux médiocrités signées Marc Webb). Spider-Man nouvelle mouture explore donc de nouveaux horizons dans l’ombre des Avengers tout en gardant néanmoins sa personnalité propre. Si l’on pouvait craindre le mix caduc, force est de constater que Kevin Feige et l’armée de scénaristes mise en place (pas moins de six !) ont plutôt bien fait les choses.

Même si énormément d’éléments sont liés au MCU (y compris la naissance du Vautour), le personnage et les thématiques inventées par Stan Lee et Steve Ditko ont été respectées avec soin…et remises à jour. Ainsi, Spider-Man Homecoming est avant tout un authentique teen movie de son époque plutôt qu’un gros film d’action explosif. Peter Parker est un gamin de 2017 accro à son téléphone portable qui prononce « awesome » à tout bout de champ, agit parfois de manière irresponsable, et est en plein crush amoureux pour la belle Liz (Laura Harrier). Un ado maladroit mais bienveillant qui se cherche et qui se plante, bref, un Peter Parker évolutif et attachant à plus d’un titre. Tom Holland est d’ailleurs un excellent choix non seulement en raison de son jeune âge (c’est le plus jeune acteur à avoir endossé le rôle jusqu’ici) mais également pour son talent. Passé les premières minutes où l’on craint poindre un Peter Parker agaçant, celui-ci gagne en profondeur au fil de l’intrigue et le jeu de son interprète, d’abord léger, s’épaissit en même temps que son personnage gagne en maturité. Face à lui, Adrian Toomes aka Le Vautour prend les traits du toujours juste Michael Keaton et, s’il ne s’impose peut-être pas comme un super-vilain majeur, il bénéficie d’un traitement en parfaite adéquation avec l’une des thématiques majeures de l’univers de l’homme-araignée (à savoir la famille) et ne se limite pas à une figure tristement unilatérale (fait plutôt rare dans le MCU). Du tout bon !

Entre les deux gravitent des protagonistes alimentant cette thématique (tante May bien sûr, mais aussi Tony Stark en figure paternelle) ou enrichissant l’aspect franchement amusant de cette comédie pour ado qui pourrait rajeunir ne serait-ce qu’un bref les esprits des spectateurs les plus vieux et/ou aigris (l’une des références assumée du réalisateur n’est autre que John Hughes !). En effet, comme évoqué plus haut, Jon Watts (Clown, Cop Car) semble plus à l’aise à livrer un teen movie rythmé et drôle qu’un film d’action virtuose. A ce propos, Spider-Man Homecoming est d’ailleurs malheureusement pauvre, livrant des scènes d’action banales et, évidemment, surdécoupées et souvent illisibles. Ce qui représente une réelle imperfection dans l’univers du super-héros virevoltant, même si quelques images et idées sont plutôt bien vues (Spider-Man réunissant avec sa toile les deux parties coupées d’un Ferry ou l’escalade brièvement vertigineuse du Washington Monument). Ce qui n’empêche pas le divertissement d’avoir lieu, grâce à un timing comique bien réglé ainsi que des personnages et stéréotypes avec lesquels le film s’amuse habilement (le meilleur pote sidekick, la rebelle du lycée). Homecoming se permet même de jouer avec les icones Marvel comme celle de Tony Stark, mentor obligé de ramener à l’ordre un élève incapable de maîtriser la technologie qu’il lui confie, ou celle de Captain America, icône moralisatrice se substituant presque aux profs du lycée. Un ton moqueur de bon aloi, qui se poursuit jusque dans une séquence post-générique en forme de gentil petit doigt d’honneur (gentil, hein, on n’est pas dans Deadpool !). De l’humour, de la coolitude, de la légèreté et des personnages incarnés, il n’en faut pas plus à Spider-Man Homecoming pour s’imposer comme l’une des bonnes surprises de cet été 2017.

Spider-Man Homecoming est une comédie ainsi qu’un spectacle bien de son époque (avec ce que cela implique de qualités et de défauts), dépourvu de cynisme et faisant honneur à son teenager de super-héros. Sam Raimi continuera sans surprise de régner en maître mais Jon Watts s’en tire avec les honneurs, même s’il doit à l’avenir absolument apprendre à filmer des scènes d’action un minimum trépidantes.


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