Critique de film

Small town folk

"Small town folk"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Horreur
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Peter Stanley-Ward
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h30
  • Budget : 4000 livres
  • Scénariste : Peter Stanley-Ward, Natalie Conway, Chris Musselwhite
  • Musique : David James Nielsen
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Chris R.Wright, Simon Stanley-Ward, Greg Martin, Hannah Flint, Dan Palmer
  • Récompenses : Aucune

Retiré dans son manoir isolé, lâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Small town folk - Village of the damned
Par : Damien Taymans


Grockleton, bourgade campagnarde britannique, est régie par Lord Beesley qui, du haut de son manoir, commande une bande de dégénérés qui lui obéissent au doigt et à l’œil. Objectif : trouver au lord une femelle afin de perpétuer l’existence de Grockleton…

A priori, rien ne semble distinguer ce Small town folk du reste des horror flicks commercialisés par le distributeur Emylia sous la forme d’une anthologie de bisseries (qui a dit zèderies ?) horrifiques low budget qui ne connurent leur heure de gloire que le temps de quelques sélections éparses au sein de festivals dont la réputation est souvent encore à faire. Pourtant, les premières images du métrage viennent contrecarrer ces tentatives de raccourcis honteux. Arborant un style visuel cheap à l’excès (des décors numériques sur lesquels les personnages évoluent tant bien que mal), Small town folk, du haut de ses 4000 livres durement mis à contribution par une équipe technique plus passionnée que jamais, tape à l’œil et surprend. Autant que son détournement d’un pitch convenu à l’extrême (un couple qui débarque sur le terrain de dangereux rednecks, si ça c’est pas du déjà-vu !) à grands renforts de personnages façonnés au marteau et au burin destinés à une personnification simpliste et rigolarde des bouseux cannibales conventionnels davantage intéressés par les actes de reproductions sauvageons en phase avec leurs pulsions animales que par l’organisation d’une union sociétale digne de ce nom avec les victimes qu’ils capturent, enchaînent et torturent pour passer le temps. En lieu et place, Peter Stanley-Ward et sa co-scénariste Natalie Conway optent pour une caractérisation singulière des détraqués, les affublant de détails physiques et vestimentaires peu attrayants et les dotant d’une conversation proche de celle d’un nationaliste primaire (pléonasme).

Des torsions des poncifs qui entraînent immanquablement le spectateur dans un lieu étrange, inconnu, un no man’s land peuplé de quelques créatures à l’humanité relative. Grockleton (lieu de pèlerinage des Grockles ?) correspond plus à l’envers du miroir d’Alice (le chapelier, figure qu’on retrouve à l’envi dans Small town) dans le roman de Lewis Caroll qu’à une communauté de percés du ciboulot d’œuvres horrifiques. Un glissement sans doute imputable au délirant humour noir et grinçant qui baigne chacune des apparitions de cette faune hétéroclite (le lanceur de couteaux strabique, le cycliste casqué, les frères tueurs au masque Gucci version sac à patates). Certes, les acteurs cabotinent un max, quitte à sombrer dans la caractérisation lourdingue. Certes, certaines situations, tirées par les cheveux, posent question et amènent le spectateur à s’interroger sur le bien-fondé de ce nanar assumé. Peu importe au final tant l’œuvre dénote par rapport à ses confrères, une étrangeté salvatrice qui lui permettra assurément de sortir des sentiers battus des séries B DTV pour regagner les rangs des œuvres cultes des sieurs Raimi et Jackson entre autres.

Car, à ne pas s’y tromper, Small town folk possède une âme similaire aux balbutiements des deux réals précités qui réussirent en leur temps à créer un monde à partir de rien tout en proposant un spectacle hors-normes à l’humour décapant. Généreux et décomplexé, ce produit britannique suit indéniablement la même voie…


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