Critique de film

Shield of Straw

"Wara no tate"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Action, Polar
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 2h05
  • Musique : Kôji Endô
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

En proposant dans les journaux une récompense d’un milliard de yens, Ninagawa espère retrouver l’assassin de sa petite-fille. Le fugitif, alors poursuivi par une horde de chasseurs de prime, tente de se frayer un chemin jusqu’à Tokyo.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Shield of Straw - Qui veut gagner un milliard ?
Par : Damien Taymans


Ninagawa, à l’article de la mort, possède une multitude d’alternatives pour dépenser les milliards de yens qu’il a amassés durant sa vie. Mais il n’a désormais plus qu’une obsession : venger sa petite-fille, violentée, violée et assassinée par l’immonde multi-récidiviste Kunihide Kiyomaru. Il fait publier une offre alléchante dans de gros journaux nationaux, enjoignant le citoyen japonais de traquer le meurtrier en échange de la somme d’un milliard de yens. Craignant pour sa vie, Kiyomaru se rend à la police qui doit le conduire dans la capitale afin qu’il soit jugé. Mais l’homme voit se dresser face à lui des millions d’ennemis potentiels avec une idée fixe : estourbir l’ennemi public numéro 1 pour palper le magot...

Conspué lors de ses projections cannoises, le dernier film du stakhanoviste Takashi Miike aura réussi le pari de connaître le rejet de la part des critiques et du public. Le shot d’adrénaline et de sauvagerie annoncé s’avère aussi enivrant qu’une symphonie interprétée à la flûte par un orchestre d’asthmatiques. L’auteur d’Audition, Ichi the killer, Visitor Q, Dead or alive ou même 13 assassins (son dernier travail recommandable) cède à la nonchalance et n’apporte aucun soin à la production et la mise en scène de ce polar noir qui tourne à la parodie. En témoignent ces "boucliers de paille" chargés d’assurer la protection de celui qu’ils ambitionnent de supprimer : chaque nouvelle escale (le Japon est traversé en train, en autocar et à pied) se transforme en aveu de trahison, tout débat tourne invariablement autour de la question du bien-fondé de leur mission. Honneur et amour de l’uniforme en guise d’étendards, ces hommes de paille abandonnent à la moindre occasion leurs principes pour de basses raisons au mieux morales, au pire financières. Au sein de ce marasme éthique se distinguent un surhomme et un super-méchant, pantins à la solde du manichéisme forcé de Miike.

L’heure du bilan a sonné. Takashi Miike n’est et ne sera jamais un auteur. Shield of Straw en atteste : cette oeuvre académique, qui mouline à vide dans l’unique but d’appuyer des enjeux dramatiques exposés lors des cinq premières minutes, s’avère incapable de tenir en haleine l’assistance sur sa trop longue durée.


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