Critique de film

Satan's blood

"Escalofrío"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Thriller
  • Année de production : 1978
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Carlos Puerto
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h22
  • Scénariste : Carlos Puerto
  • Musique : Librado Pastor
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ángel Aranda, Sandra Alberti, Mariana Karr, José María Guillén, Manuel Pereiro
  • Récompenses : Aucune

Un jeune couple est emmené par deux inconnus dans une sinistre masure où ils sont embrigadés dans un rituel sataniste...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Satan’s blood - Une perle satanique espagnole
Par : Chroniqueurs


Par Nicore

Nous venant d’une Espagne se libéralisant fortement après la fin du franquisme à la fin des années soixante-dix, Satan’s blood met surtout en avant l’aspect érotique de son intrigue satanisme parfois confuse mais riche en séquences osées et en références démoniaques. Le script place entre les griffes de deux satanistes un couple qu’ils invitent dans leur demeure isolée dans le but caché de les initier à leurs messes noires orgiaques.

Après un petit monologue d’un spécialiste de l’occulte sur la véracité de l’existence du Mal mise en corrélation avec celle du Bien, le métrage avance une séquence pré-générique forte et déjà sensuelle : une demoiselle se fait violer par un prêtre sataniste sous le regard de ses disciples avant que ce dernier ne sorte un couteau, pour nous laisser uniquement deviner ses intentions puisque cette scène s’arrête là. Ensuite, le métrage nous présente ses deux personnages principaux, Andy et Anna, un couple en week-end qui s’ennuie raisonnablement et ne parvient pas à joindre le moindre de leurs amis, raison pour laquelle ils décident finalement d’aller faire un tour dans un parc avec leur berger allemand ainsi qu’une ballade en ville. C’est au retour de cette promenade, arrêtés à un feu rouge, qu’ils sont harangués par le couple occupant la voiture à côté de la leur et surtout par un certain Bruno qui semble connaître Andy et s’empresse d’inviter les amants à venir boire un verre chez eux. Après un trajet qui semble interminable, les deux voitures quittent la ville pour prendre une toute petite route de campagne qui débouche sur la villa isolée de Bruno et de sa compagne Berta. D’entrée, le métrage rend cette rencontre "fortuite" étrange en plaçant différents petits indices incongrus qui ne perturbent aucunement Andy et Anna, même lorsque ceux-ci voient leur adresse écrite derrière une vieille photo de classe montrée par Bruno.

Mais auparavant l’intrigue a pris soin de placer les personnages dans cette demeure perdue au milieu de nulle part à l’air sinistre avéré, surtout que l’intérieur est riche en symboles d’origine sataniste, symboles ténébreux que les invités ne semblent pas remarquer, Anna trouvant même amusant un livre décrivant, photos à l’appui, des rites démoniaques. Rapidement, la conversation dévie vers le surnaturel et Berta propose une petite séance de ouija qui offre au métrage une séquence certes troublante mais languissante jusqu’à devenir quelque peu fastidieuse (surtout que les questions posées à l’esprit présent sont quand même largement saugrenues), qui clôture la soirée, Anna et Andy ne pouvant pas rentrer chez eux avec l’orage grondant au dehors de peur de se perdre. Après une autre petite scène érotique dans la salle de bains, Andy et Anna se couchent mais Anna, réveillée par les aboiements de son chien, se relève et arpente la demeure pour finalement être agressée par un inconnu qui tente de la violer mais Anna réussit à s’enfuir et à rejoindre Andy. Le couple désireux d’avoir des explications quitte sa chambre à la recherche de Bruno et Berta pour tomber sur eux en pleine messe noire sexuelle et, envoûtés, ils y participent pour ce qui sera LA séquence du métrage.

En effet, le réalisateur nous offre pour l’occasion une longue séquence érotique où les corps huilés des quatre personnages se mêlent dans tous les sens pour une orgie des sens volontaire et presque même provocatrice avec ses références religieuses fortes, tel ce tableau du Christ prenant feu, qui met en avant la présence silencieuse du Malin. Malgré le côté osé évident de cette séquence, le réalisateur parvient à éviter de tomber dans le graveleux ou l’obscénité, avançant au contraire un esthétisme fort et troublant. Mais hélas, passé ce temps fort remarquable, le métrage sombre dans la confusion pour laisser le piège se refermer sur Anna et Andy, au travers de situations souvent prévisibles (la voiture qui ne démarre pas, par exemple) et pas vraiment claires, notamment dans son dernier acte, largement influencé par le Rosemary’s baby de Roman Polanski auquel le métrage se réfère régulièrement, notamment en insistant sur le début de grossesse d’Anna, sans que cela ne vienne le moins du monde prendre part au déroulement propre de l’intrigue.

Par contre, pour réussir à rentrer dans le film, obligation d’accepter le rythme languissant imposé par le réalisateur qui s’attarde sur chaque situation, parfois de manière justifiée pour laisser paraître la menace sourde qui pèse sur Andy et sur Anna, entreprise parfois vaine, comme le prouvent ces séquences de dialogues anodins qui parcourent le métrage. Mais cela ne vient pas occulter l’ambiance sinistre et parfois même malsaine qui accompagne l’ensemble, portée par ces nombreux détails liés au Mal et au satanisme, et même si cela se fait dans un élan folklorique évident.

L’interprétation s’avère plutôt cohérente, avec des acteurs concernés par leur rôle, tandis que la mise en scène du réalisateur conforte l’atmosphère étrange et sensuelle entourant le métrage, aussi bien pour affirmer les scènes érotiques régulières que pour respecter ses engagements sataniques débridés. Les quelques effets spéciaux sont plutôt rudimentaires mais feront leur petit effet (le corps déchiqueté dans le congélateur, par exemple).

Satan’s blood pourra rebuter certains spectateurs par son faux rythme mais réussira invariablement à envoûter les autres par sa démence dans la perversion satanique !

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