Critique de film

Saint

"Sint"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Dick Maas
  • Pays d'origine : Pays-Bas
  • Durée : 1h25
  • Scénariste : Dick Maas
  • Musique : Dick Maas
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Huub Stapel, Egbert Jan Weeber, Caro Lenssen, Madelief Blanken, Kees Boot, Cynthia Abma
  • Récompenses : Aucune

Mais qui est vraiment Saint-Nicolas? Un gentil bonhomme qui récompense les enfants sages? Faux, c’est un tueur assoiffé de sang! Au Moyen-Âge, ce prêtre tombé en disgrâce sillonnait les contrées avec sa bande de voleurs et de meurtriers. Faisant justice eux-mêmes, des villageois mirent un terme à leurs ravages en les brûlant vifs dans leur bateau. Mais à chaque pleine lune qui survient un 5 décembre, jour de sa mort, Saint-Nicolas revient d’outre-tombe avec ses sbires pour se venger cruellement. Frank et ses copains vont découvrir que les contes ne sont pas toujours ce qu’ils semblent.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Saint - Saint de glace
Par : Damien Taymans




XVIème siècle : Saint Nicolas est un évêque défroqué qui sème la terreur dans les villages des Pays-Bas, détruisant les maisons des habitants et leur imposant une soumission totale. Faisant justice eux-mêmes, les villageois mettent un terme à ces atrocités en brûlant l’embarcation dans laquelle voyagent le grand toqué et ses ouailles. Depuis, à chaque pleine lune qui coïncide avec le 5 décembre, date de son décès, Saint-Nicolas se relève de sa tombe pour déverser sa soif de vengeance sur les Néerlandais restés au pays (ceux qui envahissent les Ardennes sont donc épargnés, d’où un exode si important)...

Les mythologies septentrionales ont décidément le vent en poupe. Ovredal fait de ses trolls les boogeymans de son documenteur ultra-couronné The Trollhunter, Jalmari Helander exhume le vrai Père Noël du Korvatunturi dans Rare exports, autre aimant à récompenses. Un peu plus au sud, le Néerlandais Dick Maas présente les frasques d’une autre figure célèbre, du moins dans le Nord de l’Europe (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, nord de la France principalement), à savoir Saint Nicolas, être bienveillant, protecteur des marmots et des pauvres, venu d’Espagne en bateau pour apporter du réconfort aux plus démunis. Dès l’entame, l’image d’Épinal vole en éclats : les exactions du tortionnaire en plein Moyen Age servent le démantèlement du mythe élaboré par le cinéaste/scénariste néerlandais qui réitère lors de la scène suivante, mettant le jeune Goert et sa famille aux prises avec le boogeyman à la crosse.

Une mise en place faussement graphique (les exécutions sont reléguées hors-champ), prétendument horrifique qui emprunte ensuite le terrain du slasher pour ados, à grands renforts de sous-entendus salaces et de gags décalés (le flicaillon, traumatisé par le meurtre de ses parents, dégomme le moindre cadeau de Saint-Nicolas qui lui est destiné). La rupture de ton annonce le début des réjouissances sur un rythme effréné : le bodycount s’affole, les péripéties s’enchaînent, les gags s’accumulent. Rarement original, doté d’un sous-texte contestable (une critique de la société de consommation s’insinue dans cette œuvre ostensiblement commerciale), Saint s’empêtre dans une mécanique lassante, vaguement "fun" dont les seules effervescences résident dans une course-poursuite sur les toits aux effets amateurs

Une entrée aussi trouble et risible que les louvoiements dans les canaux amsterdamois d’Amsterdamned, une suite qui finit par être plus rouillée que les systèmes mécanico-organiques de son Ascenseur (à ce jour, son seul vrai succès public) font de ce Saint une œuvre bancale, naviguant en eaux troubles entre des aspirations comico-trashs et une volonté de coller au plus près d’un classicisme corrodé par plus de quarante ans de slasher paranormal. Et ce en dépit d’une deuxième partie plutôt sympathique...


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