Critique de film

Rammbock

"Rammbock"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Marvin Kren
  • Pays d'origine : Allemagne, Autriche
  • Durée : 01h04
  • Scénariste : Benjamin Hessler
  • Musique : Marco Dreckkötter, Stefan Will
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  • Bande annonce
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  • Casting : Michael Fuith, Anka Graczy, Theo Trebs, Melanie Berke, Sabrina Caramanna,...
  • Récompenses :

Imaginez une ville dévastée par une invasion de zombie... Imaginez un pauvre petit gars, Michael, qui a eu la curieuse idée de rejoindre sa bien-aimée au moment de l’invasion... Imaginez-les coincés dans l’immeuble de la jeune femme pendant des jours... Imaginez la famine qui en découle... Et imaginez que la chair fraîche, et malheureusement humaine, ne manque pas juste à côté... C’est exactement ce que nous propose le teuton Rammbock.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Rammbock - La nuit des loosers vivants
Par : Damien Taymans


Rammbock ? Un nouveau film de guerre hongrois avec Sylvesterck Stalllonne ? Que nenni ! Sous ce terme germanique signifiant littéralement "béliers" se cache une pelloche teutonne remplie de zombies (plutôt d’infectés en réalité) qui a créé son petit effet sur la Croisette. Bourré d’aprioris, le spectateur lambda ne pourra qu’exprimer son dépit devant cette énième variation zombiesque (les récents foirages de La horde et Rec2 refroidissent les ardeurs de l’amateur de morts-vivants) émanant de la patrie de Timo Rose et Olaf Ittenbach, princes du splatter vomitif décérébré.

A mille lieues des outrances formelles (shaky cam en plans serrés, montage frénétique) et narratives (multitude de jump scares faciles), ce premier long métrage du tandem formé par le réalisateur Marvin Kren et le scénariste Benjamin Hessler, déjà auteurs de plusieurs courts métrages dont Schautag, offre une histoire simple au fil d’un traitement épuré. Rien de révolutionnaire. Juste une bouffée d’air frais dans un océan ankylosé par la surabondance d’effets de style et les déploiements d’artifices ineptes. Intitulé à la base Siege of the dead (titre qui évoque les créations du maître étalon George Romero), Rammbock s’articule sur le siège vécu par quelques "prisonniers" d’un immeuble cerné par une horde de goules affamées. Huis-clos de rigueur pour cette nouvelle opposition entre individualités humaines et troupes désorganisées inhumaines. Un resserrement des lieux qui contraint les derniers pensionnaires de l’immeuble à s’organiser en mini-société, à se ranger aux avis des autres alors qu’au quotidien chacun végétait dans son appartement sans prendre la peine de faire la connaissance du voisin de palier.

A la tête de cette organisation de fortune (au sein de laquelle subsistent des individualités), Michael, looser patenté qui a poussé une pointe sur Berlin pour venir ramener ses clefs à son ex... et espérer reconquérir son coeur. Obnubilé par cette quête de l’impossible amour, miné par des soucis propres au commun des mortels, cet anti-héros qui plus est bedonnant, atteint de calvitie et sapé comme un sac, gagne en crédibilité, forçant ainsi l’empathie de l’assistance. Aussi réaliste que poétique (les plongées sur la cour intérieure contrastent avec la noirceur des intérieurs), Rammbock s’apparente finalement à une sorte de comédie dramatique particulièrement touchante (voir l’aboutissement de la relation Michael-Gabi).

Revigorant le thème zombiesque, Rammbock fait mouche en restaurant le pouvoir réel de l’image, expurgé du faste de la tendance clippesque actuelle et des bavardages incessants. Cette production destinée au petit écran (produit ZDF) se taille une place non négligeable dans le panorama du genre actuel.


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