Critique de film

[REC]

"[REC]"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Fantômes
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jaume Balagueró, Paco Plaza
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h25
  • Scénariste : Jaume Balagueró, Paco Plaza, Luis Berdejo
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Javier Botet, Manuel Bronchud, Martha Carbonell, Claudia Font, Vicente Gil, María Teresa Ortega, Pablo Rosso, Jorge Serrano, Ferran Terraza, Manuela Velasco
  • Récompenses : Nominé au CEC Awards du Meilleur montage et de la Révélation (Manuela Velasco) en 2008
    Nominé aux Goya Awards du Meilleur montage, Meilleure actrice révélée (Manuela Velasco) et Meilleurs effets spéciaux (2008)
    Prix de l'Audience, de la Meilleure actrice (Manuela Velasco), des Meilleurs réalisateurs, Prix d'argent à Sitgès 2007
    Prix du jury, Prix du jury jeunes et Prix du public au festival de Gerardmer 2008
    Silver Scream Award au festival du film fantastique d'Amsterdam en 2008
    Corbeau d'argent au BIFFF 2008

Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son caméraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit. Ce soir, elle est dans une caserne de pompiers. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu'au coup de fil d'une vieille dame qui réclame de l'aide, coincée dans son propre appartement alors qu'un incendie s'est déclaré. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D'horribles cris ont été entendus dans l'appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, son reportage devrait enfin sortir de la routineâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de [REC] - La peur suprême...
Par : Damien Taymans






Il y a à peine une semaine, Mae-Nak me précisait d’une voix un peu rauque : « Après avoir vu autant de films d’horreur, on en vient à ne plus avoir réellement peur. J’aimerais tellement à nouveau flipper devant un film. » Ne relevant que peu cette réflexion, je me convainquis plus tard dans la soirée que le petit Mae n’avait pas tout à fait tort et que, à force de s’endoctriner avec des œuvres lambdas, on en vient à connaître toutes les ficelles horrifiques, si bien qu’on n’est plus impressionnés (au niveau de la frayeur) par rien. Bien mal m’en pris de penser de la sorte puisque je me pris une monstrueuse claque lors de la vision de L’orphelinat de Juan Antonio Bayona, flippant devant certaines scènes extrêmement bien fichues (comme ce fameux jeu de 1, 2, 3, je cogne à la porte). Et bien, fin de semaine et nouvelle claque démentielle puisque je sors à peine de la vision de [REC], le nouveau Jaume Balaguero.

Si L’orphelinat m’a fait trembler à quelques reprises, [REC] ne fut pas loin de me traumatiser définitivement, me plongeant dans une léthargie cognitive qui empêche tout contact avec les réalités du monde extérieur. Car oui, on flippe et même on flippe grave devant le joyau concocté par le tandem Balaguero-Plaza. Je dirais même qu’on a très souvent les boules et que, pour peu qu’on soit un tant soit peu impliqué dans l’œuvre (c’est assez difficile de ne pas l’être sauf si vous le regardez avec un ami qui cuve de la veille et vous bassine de réflexions sur la pollution dans l’air ou le traitement affreux que reçoivent les pingouins d’Amérique du Sud !!!), on a réellement le trouillomètre à zéro.

Je ne peux malheureusement vous livrer aucun secret ni vous informer sur le contenu de cette perle rare. A l’instar de Saw ou du Sixième sens, en parler, c’est déjà atténuer la puissance de l’œuvre. A la différence que [REC] ne joue pas sur un éventuel twist délirant mais se contente d’installer une ambiance morbide à souhait, empreinte d’un réalisme parfait, ambiance qui ne cessera de devenir de plus en plus oppressante au fil du métrage pour en arriver à une apothéose de la tension.

Le film ne charme pas réellement par son scénario mais plutôt par la qualité de sa mise en image et par son utilisation effrayante de la caméra documentaire. Un recours technique qui a déjà fait ses preuves (Cannibal holocaust, Le projet Blair witch) et est actuellement très en vogue (Cloverfield ou Diary of the Dead) mais qui n’a jamais été utilisé avec une telle maîtrise, une telle précision dans le geste. Bien loin des effets parfois lourds de cette technique dans Cloverfield, ceux utilisés dans [REC] prouvent la qualité incontestable de ses metteurs en scène et montrent encore une fois l’incroyable capacité de Balaguero de rehausser le niveau de ses œuvres, parvenant ici à un point de non-retour tant l’ensemble est efficace et terrifiant. Contrairement aux films précédemment cités, la caméra utilisée dans l’oeuvre est d’une subjectivité à toute épreuve et, sans jamais nous montrer qui la porte, sert de passerelle entre les événements de l’histoire et notre propre subjectivité, nous plongeant dans cette entreprise démoniaque. Dès l’arrivée de l’équipe de journalistes au sein de la demeure, le rythme va considérablement s’élever pour ne jamais plus se stabiliser. Nous sommes alors injectés dans ce tourbillon effroyable ne sachant plus vraiment comment s’en extirper. La preuve ultime du savoir-faire ibère en matière de terreur, la cerise sur le gâteau du monde de la terreur...

Il y aurait encore tant de choses à dire sur cette pierre précieuse inquiétante mais je préfère m’arrêter là, me contentant de persuader davantage que d’informer. Ne réfléchissez pas, foncez le voir et vous m’en direz des nouvelles…


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