Critique de film

Psiconautas

"Psiconautas"
affiche du film
  • Genre : Animation
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h15
  • Musique : Aranzazu Calleja
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Deux adolescents, Birdboy et Dinky, survivent à la catastrophe écologique qui a dévasté leur île. Birdboy est profondément affecté par la disparition de son père et rongé par le mal-être. Dinki décide de quitter les lieux et entreprend un voyage risqué dans cet univers sombre et hostile avec l’espoir que son ami oiseau l’accompagne. Une adaptation du court métrage multiprimé, Birdboy.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Psiconautas - Stupeur et tremblements
Par : Nicolas Zinque




Au moment de présenter son film au festival Anima (Bruxelles), Pedro Rivero explique que « faire un film en Espagne, c’est difficile. Un film d’animation, c’est encore plus compliqué ! Et un film d’animation qui sort du mainstream ? C’est carrément l’enfer ! » Il faut dire qu’en adaptant le roman graphique d’Alberto Vazquez (également co-réalisateur), le bougre ne s’est pas facilité la tâche. Il aura d’ailleurs fallu passer par le court métrage Birdboy (à voir ici) et par la reconnaissance internationale de celui-ci pour que le projet aboutisse.

Psiconautas n’a rien du conte pour enfant. L’adulte même encaisse un choc terrible devant ce récit d’une grande violence psychologique. L’île sur laquelle vit Dinky a été ravagée par la terrible explosion qui a pulvérisé la seule usine du lieu. La catastrophe n’est pas seulement écologique, elle semble avoir dénaturé à jamais ses habitants. Il ne reste plus de ce « paradis » qu’une prison sans espoir. Accompagnée de deux amis, Dinky se lance dans un périple au bout duquel elle espère trouver une échappatoire. En chemin, elle ne désespère pas d’emmener avec elle Birdboy, son petit ami solitaire, rongé par un démon intérieur.

A vrai dire, tous les habitants de l’île sont en proie à un mal-être, tandis que les relations personnelles semblent être imprégnées de violences (mentales ou physiques). Même si une lueur d’espoir et de gaieté illumine en certaines occasions le récit, l’atmosphère du film est tellement suffocante qu’elle asphyxiera une partie du public. Les quelques moments drôles sont souvent trompeurs : bien souvent les personnages font rire à leurs dépens, humour noir et ironie obligent. En présentant un monde dans lequel relations humaines et environnement sont à ce point contaminés, Rivero et Vasquez crachent au visage du spectateur la noirceur et les maux de son époque.
L’esthétique de l’animation agit comme un tampon, tout en exacerbant le malaise. Voir ces animaux (pas franchement mignons) anthropomorphisés se déplacer dans des paysages figés par la mort renforce le traumatisme de l’expérience. Les scènes les plus terrifiantes sont probablement celles où les démons intérieurs s’extériorisent : l’image prend alors une dominante rouge, dans laquelle se meuvent des ombres. Le jeu sur les couleurs est particulièrement intéressant et constitue un acteur à part entière dans la narration.

Tous ces aspects font de Psiconautas un film très difficile à cerner. Il faut sans aucun doute le visionner à plusieurs reprises pour en comprendre tous les symboles et en percevoir les différents niveaux d’interprétation. Au vu de son contenu et de sa forme, il ne disposera sans doute que d’une diffusion limitée. Dès lors, si une projection est organisée près de chez vous il vaut mieux ne pas la louper : vous n’en verrez pas beaucoup, des œuvres de cet acabit.


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