Critique de film

Prémonition

"Yogen"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Norio Tsuruta
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h35
  • Scénariste : Jirô Tsunoda (manga) / Noboru Takagi, Norio Tsuruta (scénario)
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Hiroshi Mikami, Noriko Sakai, Maki Horikita, Mayumi Ono, Daisuke Ban
  • Récompenses : Aucune

Un père, sa femme et leur fille sont en route pour une visite familiale. En chemin, le père décide de sâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Premonition - Fait divers
Par : Damien Taymans




Un père, sa femme et sa fille sont en route pour une visite familiale. En chemin, le père décide de s’arrêter dans une cabine téléphonique afin de pouvoir envoyer un mail qui ne passe pas via sa connexion de merde (9 télécom ou quoi ?). Dans la cabine, il tombe sur une coupure de journal signalant un accident de voiture qui coûte la vie à une jeune enfant qui n’est autre que sa propre fille. Affolé, le père surgit de la cabine mais ne peut s’interposer à temps et sa gamine décède dans la voiture incendiée. Des années plus tard, le couple désuni est à nouveau hanté par des coupures de journaux maléfiques…

Deuxième métrage de la J-Horror Theater, série de films dirigés par différents réals uniquement reliés par une unique production au sein de laquelle figure Taka Ichise (les franchises Ring et Ju-On), Prémonition (aka Yogen) est tiré d’un manga vieux de trente ans appelé Kyôfu shinbun (littéralement Journal de la terreur) de Jirô Tsunoda. Fort d’un pitch aussi novateur (cinématographiquement parlant) que resucé (les journaux ne font que remplacer les mobiles et autres cassettes vidéo), le métrage de Norio Tsuruta, déjà à l’origine de Ring 0, possède autant de points d’ancrage que de rupture avec le genre horrifique auquel il participe. Le passé envahit comme à l’accoutumée le présent de personnages torturés par une expérience douloureuse, personnages qui se retrouvent confrontés à un futur néfaste symbolisé par les articles de presse aux mille et une nouvelles sanglantes. Ainsi, le père de famille (Hiroshi Mikami, peu convaincant) n’a de cesse de combattre simultanément futur et passé afin d’obtenir un futur simple non conditionnel. Conjuguant l’ensemble de ces temps en commettant nombre d’erreurs, le réal soumet une intrigue convenue qui glisse de la ghost story tendance Ringu aux manipulations temporelles de L’effet papillon sans avoir jamais assumé la transition entre les deux.

En guise de passage, une moitié de métrage chiante à mourir que n’aurait en aucun cas reniée un Proust maladif davantage obnubilé par les états d’âme de ses personnages que par l’intrigue doucereuse mise en place. Une bonne demi-heure emplie de souffrances indicibles et de tortures morales que s’infligent l’un après l’autre les époux désunis qui tentent de recoller les morceaux depuis ce tragique accident. Alors ancré dans le mélodrame lacrymal, Tsuruta ne parvient même plus à saisir les perches lancées (la découverte de la cassette vidéo et le drame potentiel du train) tant il se complaît dans sa logorrhée inexploitable.

Prolixe lorsqu’il s’agit de dépeindre les tourments, Tsuruta se révèle avare quand la moindre tension pointe le bout de son nez. En résulte une œuvre mi-figue mi-raisin remplie d’idées tantôt intéressantes mais jamais exploitées (le témoignage filmé d’une victime de la malédiction) tantôt inutiles mais trop approfondies (les tentatives de sauvetage de la gamine sous forme de redites incessantes).

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