Critique de film

Naked blood

"Nekeddo burâddo: Megyaku"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1995
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Hisayasu Sato
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h16
  • Scénariste : Taketoshi Watari
  • Musique : Kimitake Hiraoka
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Misa Aika, Yumika Hayashi, Mika Kirihara, Sadao Abe, Masumi Nakao, Tadashi Shiraishi, Seiya Hiramatsu
  • Récompenses : Aucune

Le jeune Eiji est un scientifique prometteur. Obsédé par la disparition mystérieuse de son père, il met au point ce que ce dernier a recherché toute sa vie: l'antalgique ultime, celui qui transformerait la douleur en plaisir. Ce sérum nommé My son, il décide de l'expérimenter sur trois jeunes filles, dont une qui l'obsède et qu'il espionne en permanence, et ce à leur insu.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Naked blood - Parabole sur la souffrance
Par : Chroniqueurs




Par Nicore

Cinéaste underground régulièrement orienté vers l’érotisme hardcore, le cinéaste japonais Hisayasu Sato s’en est éloigné quelque peu en 1995 le temps d’un film, Naked blood, une parabole sur la souffrance tournée de manière précaire (en trois nuits) flirtant avec le film d’auteur, mais heureusement parcouru de scènes sanglantes vraiment gore qui contribuèrent largement à asseoir la réputation du réalisateur en Occident. Le script suit le résultat des expériences d’un jeune homme qui, en voulant créer un sérum remédiant à la souffrance physique humaine, va transformer ses cobayes en adeptes du sadomasochisme.

Scindé en deux parties, le métrage subit une entame quand même plutôt monotone, faisant défiler ses situations sans rythme et étant largement flou sur certains de ses aspects (l’appareil relié au cactus), pour ne laisser que brièvement apparaître le début de la transformation de deux des cobayes (le piercing des oreilles, la coupure d’un doigt goulûment avalée) au milieu de séquences certes intéressantes mais à l’aspect auteurisant et parfois surréaliste avéré (la disparition du père du personnage principal).

Mais malgré cela, le métrage parvient à faire monter progressivement une certaine tension liée à ce qui ne manque pas d’arriver aux deux demoiselles, d’abord grâce à une séquence assez troublante (la friture), avant d’exploser littéralement pour deux scènes terriblement gore magnifiées par des effets spéciaux extrêmement réalistes. Par contre, l’intrigue replonge après ces deux scènes mémorables dans ses travers pour un dernier acte malaxant de manière assez hasardeuse la déchéance du personnage responsable du carnage avec un onirisme peu compréhensible (le retour du père), avant de nous offrir un final à nouveau assez saignant mais lui aussi suffisamment spécial pour dérouter.

Au-delà de l’intrigue principale, le métrage aborde de façon relativement superficielle d’autres thèmes comme le voyeurisme d’Eiji, le personnage principal (phénomène répandu au Japon) qui scrute ses cobayes chez elles avec sa caméra. Cela tout en s’intéressant à la relation délicate existant entre le jeune homme et sa mère, mais ce sont bien entendu d’autres aspects du métrage qui demeurent nébuleux, comme la parenthèse sur le père d’Eiji, ouvertement insolite, et encore plus certainement l’utilisation de cet appareil aidant la jeune insomniaque à rêver pour dévoiler en fait l’intérieur de ses fantasmes, ce qui donne l’occasion au réalisateur de nous gratifier d’une séquence légèrement érotique et surtout irréelle, tout en plaçant cet énorme cactus de façon incongrue dans l’intrigue globale.

Naked blood présente un spectacle assez hétéroclite, entre son côté graphique plus que probant et volontaire et son aspect psychologique plus mitigé et pas forcément abordable, mais ne rendant pas pour autant l’ensemble déplaisant, bien loin de là, puisque ses fulgurances sanglantes seront véritablement époustouflantes !

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage