Critique de film

Misery

"Misery"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 1990
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Rob Reiner
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h47
  • Budget : 20 millions de dollars
  • Scénariste : William Goldman (scénario) / Stephen King (roman)
  • Musique : Marc Shaiman
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  • Bande annonce
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  • Casting : James Caan, Kathy Bates, Richard Farnsworth, Frances Sternhagen, Lauren Bacall, Graham Jarvis, Jerry Potter, Thomas Brunelle, June Christopher
  • Récompenses : Oscar de la Meilleure actrice (Kathy Bates) en 1991
    CFCA Award de la Meilleure actrice (Kathy Bates) en 1991

L'écrivain Paul Sheldon doit sa gloire à ses romans à l'eau de rose. Il vient d'achever son dernier manuscrit où il détruit l'image convenue de son héroïne Sheldon. Accidenté lors d'une tempête de neige, Sheldon se retrouve hébergé par une admiratrice qui se révélera redoutable.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Misery - La folie selon Bates
Par : Damien Taymans


Quatre ans après avoir transposé sur écran Stand by me de Stephen King, Rob Reiner revient à la charge en adaptant l’un des meilleurs romans de l’écrivain : Misery. Particulièrement prisé dès sa sortie, Misery circule assez loin des sentiers habituellement battus par le romancier puisqu’il appartient davantage au milieu du suspense qu’au domaine horrifique. La tâche de Reiner s’avère assez périlleuse en raison de la difficulté que constitue la traduction sur pellicule des histoires de King qui brillent surtout dans leur description, leur traitement des personnages et l’installation évolutive de la tension. En outre, Misery comporte un inconvénient majeur : l’histoire revêt une dimension théâtrale certaine en raison du nombre restreint des personnages (Annie et Paul phagocytent la majeure partie de l’intrigue) et de l’unité de lieu (la maison d’Annie, lieu quasi exclusif).

Rob Reiner, aidé par un scénariste de talent en la personne de William Goldman qui deviendra un spécialiste de King avec notamment Dreamcatcher et Cœurs perdus en Atlantide, parvient à survoler ces difficultés et transforme les faiblesses apparentes de l’intrigue en ressources fondamentales pour asseoir son œuvre. Principale ressource du métrage : les personnages admirablement dépeints, extrêmement fouillés et incarnés de manière magistrale par James Caan et Kathy Bates. L’un et l’autre incarnent des personnages aussi antagonistes que complémentaires : l’écrivain populaire et sa plus grande fan, le blessé dépressif et l’infirmière névrotique, l’artiste admiré et l’admiratrice néophyte. Deux personnalités auxquelles il convient d’ajouter la seconde d’Annie, elle qui semble frappée d’une schizophrénie avancée (que dire à cet égard de la magnifique Kathy Bates qui mérite amplement l’Oscar reçu ?).

L’unité de lieu imposée par le roman de King se transforme elle aussi en avantage considérable puisqu’elle permet à l’intrigue de gagner en tension ce qu’elle perd en passion. Une atmosphère anxiogène qui s’épaissit au fil des minutes dans ces murs resserrés qui n’offrent comme horizon qu’un décor enneigé d’un blanc immaculé. Handicapé dans ses déplacements par des jambes fracturées, enfermé à clé dans sa chambre, Sheldon ose pourtant rêver à la fuite et tente par divers stratagèmes de prendre contact avec l’extérieur. Destin néfaste que celui de ce héros qui vient à peine de se libérer (en s’affranchissant de la franchise des Misery qu’il exècre) pour se trouver à nouveau cloué au lit et séquestré par une folle furieuse. Et Reiner, pour nous permettre de respirer quelque peu en ingérant une grande bouffée d’air, de nous faire suivre en parallèle l’enquête menée par un shérif peu consciencieux et sa femme totalement désintéressée.

Misery explose le fixisme de l’oeuvre originelle en bénéficiant d’une mise en scène éclatante, preuve que le cinéma peut devenir un support complémentaire aux récits écrits. Chacun avec ses armes a réussi à marquer aussi bien lecteurs que spectateurs : King en créant l’une des meilleures oeuvres de suspense qui soient, Reiner en le structurant pour le mettre sur pellicule. Finalement, peu importe la version que l’on préfère, inerte ou animée, sur papier ou sur écran, l’important est que l’une et l’autre procurent les mêmes sentiments à savoir la peur et la jouissance...


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