Critique de film

Vampires de Salem (Les)

"Salem's Lot"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Vampires
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mikael Salomon
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 3h01
  • Budget : 23 millions de Dollars
  • Scénariste : Stephen King, Peter Filardi
  • Musique : Patrick Cassidy, Lisa Gerrard, Christopher Gordon
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Rob Lowe, Donald Sutherland, Samantha Mathis, Andre Braugher, Robert Mammone, Dan Byrd, Rutger Hauer, James Cromwell
  • Récompenses : Meilleure Photographie (Ben Nott) de l'année à l'Australian Cinematographers Society 2006
    Golden Tripod à l'Australian Cinematographers Society 2006

Bienvenue à Jerusalem's Lot en Nouvelle-Angleterre, communément appelé Salem's Lot. Nombre d'habitants : 1319. Mais depuis qu'un intrus bizarre a fait son apparition dans la maison hantée, Marsten House, et qu'un acte de cruauté indicible tourmente le paisible village, plus personne ne s'y sent vraiment le bienvenuâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les vampires de Salem - Salomon écrase Hooper
Par : Quentin Meignant




Tobe Hooper s’y était déjà attaqué en 1979. 25 ans après, quelques producteurs de téléfilms américains ont décidé de remettre le couvert en permettant aux Vampires de Salem de revenir sur nos écrans avec, espéraient-ils, bien plus de réussite que le premier opus.

En effet, le film de Hooper avait été apprécié par un certain public mais pas par beaucoup d’amateurs du genre. Laissant le spectacle au rancard, le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse était juste parvenu à nous livrer une histoire longue et ennuyeuse, comme beaucoup de ses films.

Mikael Salomon, un réalisateur suédois, anciennement responsable de la photographie sur de nombreux films, fut donc chargé de redonner un certain lustre à l’un des romans les plus marquants de Stephen King.

Dès l’entame du métrage, le réalisateur nordique se démarque totalement de l’oeuvre hooperienne en nous plongeant en pleine action. La première scène, une course poursuite entre un curé et celui qu’on perçoit comme le futur héros du film, nous entraîne d’office sur un rythme tonitruant vers les bases d’une histoire visiblement rondement menée.

On se doute alors que les trois heures de film vont nous paraître bien moins longues que celles de la première adaptation et, malgré une histoire bien romancée racontée par une voix off digne d’une émission animalière, on se sent totalement pris dans l’aventure.

En plusieurs moments du film, cette voix revient, nous libellant des textes directement tirés de la plume du maître Stephen. Cette prose d’une qualité infinie côtoie bien souvent des scènes de flash-back où l’on découvre les événements dramatiques qui ont frappé la maison des Marsten et, par conséquent, l’enfance du héros, Ben Mears.

Ces retours dans le passé, finement distillés, voient leur impact augmenté par des filtres jaunes habilement placés. Surfant sur cette vague, Salomon n’a aucun mal à placer les éléments de l’histoire et l’on se rend bien vite compte que ce que Hooper avait narré en 2h30, le Suédois nous l’a fait découvrir en 1h...

Le rythme en est donc forcément accéléré, à tel point que l’on se demande bien ce que Salomon va nous raconter durant les deux heures restantes. Il trouve néanmoins de quoi nous faire stresser à différents moments et multiplie des meurtres d’un réalisme qui, certes n’est pas exceptionnel, mais supplante totalement celui de Hooper.

Malgré quelques petits problèmes de mise en scène lors de séquence de trouilles à la base bien orchestrées, Salomon parvient à captiver et à englober le spectateur dans l’aventure. Grâce à de multiples apparitions et à une vivacité exacerbée, ces Vampires de Salem remplissent leur contrat à merveille en parvenant à provoquer quelques sursauts.

C’est malheureusement au niveau de certains dialogues (« Je veux pas être mort moi », dit un vampire en apprenant qu’il est bel et bien décédé) et, surtout, de l’histoire d’amour que le bât blesse. L’eau de rose est bien sûr moins présente que dans le film de 1979, mais force est de constater que l’histoire d’amour créée entre le héros et une habitante de Salem’s Lot par Stephen King n’apporte strictement rien au propos, si ce n’est un peu de pseudo-émotions pour tenter de faire pleurer dans les chaumières...

Hormis ces quelques inconvénients, Salomon s’en tire donc à merveille et peut même s’appuyer sur des comédiens de très haut rang, contrairement à un Hooper qui devait se contenter de David Soul et sa clique...

Rob Lowe, l’acteur principal, qui incarne Ben Mears, parvient malgré son joli minois (un peu trop beau pour sembler honnête) à paraître crédible dans le rôle du héros. Mais c’est surtout le grand Donald Sutherland qui en impose dans le rôle du méchant Straker, véritable suppôt de Satan, donnant tout ce qu’il a et obtenant ainsi toute la crédibilité nécessaire au rôle. James Cromwell (La ligne verte, Spider-Man 3) complète ce casting de choc dans le rôle d’un curé pas vraiment très catholique...

Mikael Salomon a donc totalement réussi le pari de faire oublier le film de Hooper. Il a même fait mieux que cela en nous proposant un métrage haletant avec tous les ingrédients indispensables à la réussite d’un bon film de vampires.


Oeuvres liées :

Les Vampires de Salem (1979)

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