Critique de film

Tommyknockers (Les)

"The Tommyknockers"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1993
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : John Power
  • Pays d'origine : USA, Nouvelle-Zélande
  • Durée : 3h08
  • Budget : 12 millions de dollars
  • Scénariste : Stephen King (roman) / Lawrence D. Cohen (scénario)
  • Musique : Christopher Franke
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jimmy Smits, Marg Helgenberger, John Ashton, Allyce Beasley
  • Récompenses : Aucune

Au cours d'une promenade en forêt, Bobby Anderson trébuche sur un morceau de métal qui dépasse du sol. Intriguée, elle commence à creuser pour ne s'arrêter que de nombreuses heures plus tard, ayant travaillé en état de transe. Dégageant progressivement une structure gigantesque, elle se rend compte qu'il s'agit d'un vaisseau extraterrestre. Le vaisseau exerce une influence sur la population alentour, donnant des idées révolutionnaires aux gens, mais les transformant petit à petit en créatures non humaines.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Tommyknockers - Un p’tit vert pour la route
Par : Damien Taymans




Généralement trop syncopées, les adaptations cinématographiques de King sont habituellement substituées par des transpositions télévisuelles plus extensibles au niveau temporelles et donc plus propices à accueillir les mises en scène des romans très atmosphériques du maître de l’épouvante. Deux réalisateurs sont passés maître en la demeure depuis quelques années : Mick Garris (Le Fléau, The Shining) et Craig R. Baxley (La tempête du siècle, Kingdom Hospital). Tortures assassines ou adaptations correctes, celles-ci sont généralement affublés des mêmes qualités (possibilité de mettre en place l’intrigue et de planter les personnages) et de défauts similaires (longueur des propos, absence de violence explicite).

Au sein de ce panorama télévisuel kingien, Les Tommyknockers, adaptation réalisée en 1993 par l’expert télévisuel John Power (qui, comme le rpouve son nom, y a mis toute son énergie). Avant de conclure que le (très) long métrage est l’une des pires adaptations qui soient, il convient de souligner au préalable que le roman dont il est tiré ne mérite aucunement de figurer parmi une anthologie de l’auteur. Assez surfait, banal à souhait, le roman éponyme ne mérite d’être lu que pour le style kingien qui s’épanche à nouveau dans des descriptions interminablement jouissives. Malheureusement, le style ne transparaît pas lors d’une transposition cinématographique et seule subsiste cette histoire somme toute assez peu intéressante.

Une heure pour planter tous les personnages et survoler grossièrement leurs personnalités surfaites, une heure pour découvrir les étranges pouvoirs de cette lumière verte qui apparaissent de manière chaotique et sans aucune originalité et une heure pour foncer vers un final qui, en plus d’être incroyablement convenu, ne suscite pas le moindre intérêt chez le spectateur plongé dans une neurasthénie depuis quelques bonnes minutes. Au bout du compte, trois très longues heures et le moins que l’on puisse dire, c’est que malgré la volonté qu’il y met, Power éprouve de sérieuses difficultés à combler ce laps de temps interminable qui sépare les génériques de début et de fin.

Les personnages semblent tous sortis des tableaux inertes peints précédemment par le romancier. Toutes les figures esquissées (une sacré galerie) présentent les symptômes qui frappaient jadis les personnages des autres romans de King, à croire que l’écrivain ne parvient plus à se renouveler. Ainsi avons-nous droit au romancier en mal de création, la femme trompée par un mari vraiment dégueulasse qui ne pense qu’à courtiser sa bombasse de patronne, le policier intègre, le jeune garçon rongé par le remords, … D’ici à là, Power, à l’instar de l’œuvre qu’il adapte, ne nous propose que des stéréotypes maintes fois décrits qui rappellent à chaque détour que l’écrit original n’est vraiment pas de la trempe d’œuvres comme Carrie ou Misery…

Plus ennuyeux, le métrage abonde de raccourcis naïfs à souhait. En gros nigaud, chacun des personnages exécute les pires idioties et fonce tête la première dans les pièges tendus. Bobbi découvre un ancien temple en marbre qui devient vert lorsqu’on le touche et ne trouve rien de mieux à faire que de déterrer cette chose inconnue. Jim est confronté jour après jour à des tas de choses inexplicables (machine à écrire télépathique, comportements étranges, …), il ne lui vient jamais à l’esprit d’avertir qui que ce soit. Pire, quand enfin il se décide, il préfère finalement s’enfiler des dizaines de vodkas que d’avertir les autorités. De même, lorsque la ville entière est contaminée, personne ne s’alerte à l’extérieur pour venir s’enquérir de l’affaire. Accumulant les bourdes au profit d’une trajectoire scénaristique on ne peut plus simpliste, King a signé l’une de ses œuvres les plus dépourvues d’originalité, sorte d’ersatz kingien dénué d’originalité.

En plus d’être long et fortement ennuyeux, Les Tommyknockers revêt au final l’apparence d’un condensé des clichés les plus absurdes. Minant le genre par sa seule présence, le métrage est à reléguer aux oubliettes des vidéothèques de quartier…

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