Critique de film

Les Muppets, le film

"The Muppet Movie"
affiche du film
  • Genre : Aventure, Comédie, Film musical
  • Année de production : 1979
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA, Grande-Bretagne
  • Durée : 1h37
  • Musique : Paul Williams, Kenny Ascher
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Les Muppets se déplacent à Hollywood pour leur premier long métrage.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Muppets, le film
Par : Nicolas Zinque






En 1954, le jeune Jim Henson débute sa carrière dans une émission pour enfants. Mais s’il deviendra plus tard un maitre marionnettiste, à cette époque, il ne voit en ses créations qu’un moyen pour entrer à la télévision. Son succès, deux ans plus tard, dans le court programme Sam and Friends (qui voit les premiers pas de Kermit la grenouille) n’y change rien. Cet art est lucratif, mais pas assez noble à ses yeux. Son opinion évoluera pourtant au cours d’un voyage en Europe, où il rencontre d’autres artisans comme lui. C’est la révélation : il fera de son savoir-faire un vrai métier. Après des passages réussis à Sesame Street et Saturday Night Live, l’heure de la consécration sonnera en 1975 avec Le Muppet Show. Face à ce succès, il ne faudra pas attendre quatre ans pour voir débouler un long-métrage.

Cette première transposition sur grand écran conte les origines de la bande à Kermit, et sa conquête d’Hollywood. Alors qu’elle chante dans ses marais, la future star-grenouille apprend, par un explorateur, que son profil est recherché à Los Angeles. Ni une, ni deux, la voilà embarquée dans un road movie musical, auquel se joignent Fozzie l’Ours, Miss Piggy, Rowlf le Chien, Animal et tous les autres. Flairant le bon coup, les scénaristes Jerry Juhl et Jack Burns, déjà à l’œuvre sur le programme TV, incluent le spectateur dans la découverte du 7e Art. Par une mise en abîme, le film que nous voyons est également projeté aux Muppets dans une salle, et sera même interrompu, pour laisser place à leurs commentaires ! Ayant bien conscience de jouer un rôle, ils s’adressent directement à nous, et se réfèrent au script, pour savoir quoi faire. Par exemple, c’est en lisant le scénario que certains d’entre eux retrouvent Kermit, qui avait perdu espoir ! Ce genre de séquences nous donne l’impression de faire partie de ce grand cirque, entre humour absurde et bons jeux de mots. Mais bien que le grand public s’y retrouve, il vaut mieux être connaisseur de l’univers des Muppets, car les références au show TV sont multiples. Les clins d’œil s’étendent au casting, qui accueille de nombreuses guest stars, comme le célèbre ventriloque Edgar Bergen (le film lui est dédié), Mel Brooks, Steve Martin ou encore Orson Welles !
Les vedettes n’en restent pas moins les Muppets, tellement bien interprétées qu’on oublierait presque qu’elles doivent tout à ceux qui les manipulent. En première ligne, Jim Henson himself, dont la maitrise technique et émotionnelle est toujours aussi impressionnante, 35 ans plus tard. Les plus grands collaborateurs du Maitre sont aussi de la partie, engrangeant de l’expérience pour les projets suivants. Parmi eux, Frank Oz, responsable de Miss Piggy, Fozzie et Animal. La complicité entre les deux hommes débouchera d’ailleurs sur la co-réalisation de Dark Crystal en 1982. Avant cela, ils doivent résoudre de nombreux défis : c’est en effet la première fois que leurs personnages évoluent dans des décors réels. Le principal protagoniste, Kermit, est problématique : une marionnette de ce type (« à gaine »), directement contrôlée par le bras de l’animateur, n’apparait habituellement pas entièrement à l’image… alors qu’ici, la grenouille gambade, roule à vélo et danse (quel jeu de jambes !). Il faudra une bonne dose d’ingéniosité pour trouver des solutions : la balade à bicyclette nécessite l’utilisation d’une grue et de câbles invisibles à la caméra, tandis que dans les scènes des marais, Jim Henson doit se tenir sous l’eau et visualiser sa performance sur un écran !

En rivalisant avec le jeu de « vrais » acteurs, Les Muppets accomplissent des prouesses. L’émotion dégagée par ces marionnettes est peut-être encore plus forte aujourd’hui, à une époque où celles-ci désertent peu à peu les plateaux. Pour le lancement de cette franchise au cinéma, Kermit et compagnie se fendent d’un divertissement familial au sens noble : tandis que les enfants s’amuseront de ces joyeux drilles, les adultes percevront le sous-texte et riront des amusants jeux de mots.


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