Critique de film

Les Croods

"The Croods"
affiche du film
  • Genre : Animation
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Durant la Préhistoire, une famille d’ermites, reclus dans une grotte depuis des années, se voit contrainte d’explorer un monde aussi luxuriant qu’il est dangereux.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Croods - Changement d’ère
Par : Damien Taymans


Les Croods signe, pour les studios Dreamworks, un double changement d’ère. A un niveau intradiégétique d’abord puisque le film d’animation de Chris Sanders (Dragons) et Kirk DeMicco suit les traces d’une famille de Néandertaliens à six doigts de pied (satanée évolution) de devenir des êtres évolués, enclins à vivre et plus à survivre. Au niveau artistique ensuite puisque cette troisième pépite enfonce un peu plus un clou sur lequel la production a commencé à marteler avec Dragons et Les Cinq Légendes. Pour concurrencer le géant Pixar, Dreamworks semble renoncer à ses sagas à rallonge dont les séquelles deviennent, sur la durée, de moins en moins inventives. Madagascar 3, Kung-Fu Panda 2, Shrek 4 : Il était une fin. Enfin !

Si l’entame fait inévitablement songer au produit-phare d’une autre écurie (L’Age de glace et ses troupeaux fuyant la glaciation), Les Croods se démarquent d’emblée de ces bestiaux légendaires avec son équipées d’arriérés apeurés par toute nouveauté, synonyme de danger. La devise du paternel est d’ailleurs sans équivoque : "Il ne faut jamais ne pas avoir peur". Si les Croods vivent dans cette crainte perpétuelle, c’est surtout parce qu’ils possèdent une vision biaisée de la réalité, à l’image des troglodytes vivant dans la caverne platonicienne. Dès lors, la découverte contrainte (par un mouvement de plaques tectoniques) du monde devient le moteur du récit qui déroule gags brutaux et stupides à un rythme assez enlevé pour que l’ennui ne pointe jamais le bout de son groin. On pointera même quelques touches de cynisme rafraichissant (le père Grug n’espère qu’une chose, la disparition de sa belle-doche) dans l’humour moins bas du front que prévu utilisé par ces prognathes en peaux de bêtes qui quittent toutes leurs conceptions pour suivre un guide évolué et beau gosse prénommé Guy (tiens, un relent de RRRrrr ?).

Si la mécanique rigolarde fonctionne à plein régime (certains membres de la famille ne sont que des ressorts comiques), la partie plus analytique patine carrément dans la semoule. Ainsi, les rapports entre l’adolescente et son géniteur ultra-protecteur sont dépeints avec la délicatesse d’un pachyderme avant de se résoudre, sans surprise, dans un dernier acte démentiel nous entraînant dans un déluge de couleurs et de formes.


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