Critique de film

Le Monde fantastique d’Oz

"Oz: The Great and Powerful"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Fantastique
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h07
  • Budget : 215 millions de dollars
  • Scénariste : Mitchell Kapner
  • Musique : Danny Elfman
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Quand Oscar Diggs - un obscur magicien à l’éthique douteuse - se retrouve propulsé du poussiéreux Kansas au luxuriant Pays d’Oz, il pense que la gloire et la fortune s’offrent enfin à lui. Sa rencontre avec trois sorcières, Theodora, Evanora et Glinda va pourtant tout remettre en cause car aucune d’entre elles est convaincue qu’il correspond bien au grand sorcier que tout le monde attendait. Traitant à contrecœur les problèmes rencontrés par les habitants du Pays d’Oz, Oscar va bientôt découvrir en qui il peut avoir confiance et de qui il doit se méfier avant qu’il ne soit trop tard. Faisant appel à ses « pouvoirs » magiques à grand renfort d’illusions, d’ingénuité - voire d’un soupçon de sorcellerie - Oscar se transforme peu à peu en un grand et puissant sorcier, mais aussi en un homme meilleur.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le monde fantastique d’Oz - Disneyworld
Par : Samuel Tubez




On avait de bonnes raisons de s’inquiéter face à cette association entre Sam Raimi et le rouleau compresseur Disney. Subir à nouveau la déconvenue que fut Alice au pays des merveilles version Burton, voir le réalisateur de Spider-Man se démêler avec un scénario signé par les responsables de Roméo doit mourir et des Cinq légendes et, malgré tout, livrer à la fois une œuvre personnelle qui prolongerait la féérie du matériau d’origine serait une véritable mission impossible, vous dites ? Hell yeah !

Cette préquelle du Magicien d’Oz nous montre comment un médiocre magicien de cirque est arrivé dans le monde de Oz où il est accueilli en tant que sauveur, et comment il devient, en luttant contre de terribles sorcières, le célèbre magicien reconnu de tous.

Prenez Alice au pays des merveilles, imaginez une version live de Shrek, mettez-y quelques ingrédients issus de l’univers de L. Frank Baum et vous aurez une petite idée de ce à quoi ressemble ce Monde fantastique d’Oz. Et Sam Raimi, il est où là-dedans vous me direz ? Et bien, il est totalement noyé dans la guimauve Disney, le pauvre. Vous pourrez presque seulement compter sur les doigts d’une seule main les éléments propres à son cinéma : un mouvement de caméra un peu fou par-ci, un James Franco qui singe l’attitude de Ash dans L’armée des ténèbres, un traitement des sorcières qui lorgne aussi bien du côté d’Evil Dead que de Spider-Man 2 ou encore un air de deadite qui passe par là…quelques brefs moments qui ne font hélas pas le poids face à toute l’auto-promo Disneyland que l’on doit ici se coltiner (château, feux d’artifice, sidekick animal, tout y passe). Le réalisateur a beau tenter de nous faire partager son amour pour le cinéma et l’œuvre de Victor Fleming, ou encore d’en profiter pour nous livrer une métaphore facilement détectable de son parcours personnel (remplacez le mot « magicien » par « cinéaste » et celui de « Oz » par « Hollywood » dans le résumé ci-dessus et vous obtenez une mini-bio de Raimi), l’impression d’écrasement du studio se fait malheureusement bien trop ressentir. Les bons sentiments ainsi que l’absence d’ambiguïté prédominent au sein d’un récit très peu captivant où aucune véritable empathie pour les personnages n’est ressentie (Oz rivalisant d’autosatisfaction avec Ash mais ne parvenant jamais à être aussi iconique que ce dernier) et où l’on cherche toujours les véritables enjeux. Malgré quelques belles idées et des effets 3D jaillissants réussis, l’omniprésence d’effets numériques pas toujours convaincants (les regards perdus de James Franco et de Michelle Williams en disent long sur le sujet) renforcent même ce sentiment de perdition du réal’ face à une équipe de plus en plus éloignée de sa toute première famille de cinéma (reste plus ici que Bruce Campbell et Ted Raimi dans des rôles minimes). Vous l’aurez compris, si vous attendiez impatiemment le nouveau Sam Raimi, la déconvenue risque d’être lourde. Par contre, si vous n’avez pas l’argent nécessaire pour le séjour à Disneyland dont vos gamins rêvent, cette belle attraction qu’est Le monde fantastique d’Oz devrait vous sauver la mise et vous faire réaliser une belle économie !

En s’attaquant à la fois à un divertissement très grand public tout en se conformant aux codes de l’écurie Disney, Sam Raimi livre son moins bon film au sein d’une filmographie pourtant jusqu’ici relativement intègre. Ceux qui se foutent comme de l’an quarante du parcours du cinéaste passeront au-delà et vivront certainement un bon moment en se noyant dans leur Cola, les autres, par contre, risquent d’en sortir avec une profonde irritation. On souhaite donc, afin de se rassurer, que ce n’est là qu’une brève et mauvaise passe qui lui permettra de récupérer quelques dollars pour repasser ensuite à quelque chose de plus personnel et, pourquoi pas, d’horrifique…dans le bon sens du terme, cette fois !


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