Critique de film

Le Jour des Morts-Vivants

"Day of the dead"
affiche du film
  • Genre : Horreur- Morts-Vivants
  • Année de production : 1985
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : George A. Romero
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h42
  • Budget : 3,5 millions de Dollars
  • Scénariste : George A. Romero
  • Musique : John Harrison
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Lori Cardille, Terry Alexander, Joseph Pilato, Jarlath Conroy, Anthony Dileo Jr., Richard Liberty, Sherman Howard, Gary Howard Klar, Ralph Marrero, John Amplas, Taso N. Stavrakis,...
  • Récompenses : Meilleure Actrice (Lori Cardille) au Festival de Sitges 1985
    Meilleur Maquillage (Tom Savini) aux Saturn Awards 1986

Suite à l'invasion planétaire de morts-vivants, un petit groupe arrive en hélicoptère pour rechercher d'éventuels survivants. Peine perdue, ils regagnent leur base, un camp militaire fortifié. Dans ce camp qui est en fait un silo à missile datant de la guerre froide, la tension est présente entre les deux factions présentes, les militaires et les scientifiques. Les militaires sont partisans de l'éradication pure et dure des zombies - les scientifiques recherchent un moyen d'éradiquer la contamination.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le jour des Morts-Vivants - Le jour de gloire tout simplement !
Par : Quentin Meignant


1985 est l’année choisie par Romero, considéré comme le maître incontesté des films de zombies (La nuit des Morts-vivants, Zombie, Le territoire des morts, Diary of the dead), pour compléter sa trilogie des Morts-Vivants. On aurait pu croire que le réalisateur bénéficierait de plus de crédit et qu’on lui accorderait sans problème les 7 millions de dollars de budget qu’il réclamait afin d’optimiser les effets gores de son troisième opus. Hélas, il n’en fut rien ! Les producteurs bornés d’Hollywood avancèrent seulement la moitié de la somme réclamée !

Qu’à cela ne tienne ! Romero a déjà prouvé à de maintes reprises qu’il savait bricoler avec des budgets plus que serrés, il est même passé maître dans cet exercice de style. Encore une fois, le métrage que nous livre le maître est incontestablement un chef-d’œuvre inclassable et inégalable. Encore une fois, l’ami George nous abreuve en tripes, en émotions, en sensations fortes et en critique sociologique ! Bref, du Romero tout craché !

Dès le premier plan, pourtant tout à fait irréel, on comprend que l’on va avoir affaire à un huis-clos, plutôt habituel chez le réalisateur. Cette fois, l’action se déroule dans une base militaire ultra-protégée d’un monde post-apocalyptique. Villes désertes et squelettes moisis sont au programme tandis que les animaux sauvages ont déjà tout envahi. C’est donc dans cette ambiance à la Je suis une légende que l’intrigue commence. Ce fait est plutôt original pour un Romero qui nous plongeait d’habitude au cœur de la bataille (Zombie, La nuit des Morts-Vivants) : ici, nous n’avons plus qu’à constater un désastre déjà accompli et auquel personne n’a su rien changé.

C’est dans cette ambiance oppressante et détestable que rivalisent des scientifiques et des militaires. C’est à ce moments que Romero choisit de placer ses habituelles critiques envers la société : il dépeint à merveille ce à quoi conduit une dictature militaire. Ceci n’est donc pas sans rappeler la suprématie militaire américaine de l’époque sur le thème « Fais ce que je dis où je bombarde ton pays » !

Nous pouvons aussi constater qu’une autre grande idée a été développée en marge de la première : de l’oppression d’un peuple découle forcément son humiliation et des maltraitances insupportables. C’est ainsi que nous assistons avec un certain dégoût à une sorte de pêche aux zombies effectuée par des militaires aussi répugnants qu’insultants. Le bras d’honneur et les insultent fusent envers les captifs alors que le réalisateur démontre par A+B toute la bêtise de ces militaires « colonialistes ».

C’est d’ailleurs dans ce ton-là qu’un pilote d’hélicoptère, un peu plus évolué que ses congénères militaires, dit de l’un d’eux : « Non ! Il est humain et c’est bien ça qui m’inquiète ! »

Le gore est bien évidemment présent et donne une dimension supplémentaire à l’œuvre. Bien sûr, on s’attendait à du sang de la part de l’un des maîtres du domaine, mais là, Romero a choisi de pousser le bouchon (presque trop) loin ! Les éviscérations et décapitations sont nombreuses et certains plans sont à la limite du supportable. Les démembrements effectués par les zombies sont tout aussi géniaux et l’ont reconnaît de suite derrière ces maquillages le brillant Tom Savini (Zombie, L’armée des morts, Le territoire des morts).

Le thème du savant-fou est aussi largement abordé et il s’agit là d’une première pourRomero. Le moins que l’on puisse dire est que, pour un coup d’essai, le réalisateur s’en sort à merveille en s’appuyant sur un personnage aussi délirant que loufoque et, surtout, sur un acteur de grand talent en la personne de Richard Liberty.

Le binôme que ce savant forme avec le zombie Boubou est la véritable force du film et, aussi, la grande avancée menée par Romero. Grâce à Boubou, Romero avance que les zombies sont dotés de sentiments et même de souvenirs.

Ces soi-disant monstres prennent alors un caractère humain et dirigent les spectateur vers un terrible retournement psychologique : on en vient soudain à se dire que ce ne serait pas plus mal si les zombies éradiquaient les humains. C’est sans doute l’un des plus beaux coups de la carrière du réalisateur !

Ce Boubou donne une puissance incroyable au récit et surtout offre de terribles émotions : on rit face à ses apprentissages, on pleure face à ses malheurs, on est heureux tout simplement d’assister à cette petite tranche de vie d’un personnage hors norme !

Romero est tout simplement le seul à avoir imaginé des zombies aussi attachants qu’évolués mais c’est surtout le seul à leur avoir donné la consistance qu’ils méritaient. Méfiance envers les humains, crises de pleurs des « enfants de l’enfer », vengeance plutôt évoluée de ceux que l’on considère comme de bêtes animaux,…

Une fois de plus, Romero nous bluffe et nous offre une petite perle du cinéma de genre ! Un chef-d’œuvre qui vous apportera bien des émotions ! Mieux qu’un simple film, Romero signe encore une fois une œuvre révolutionnaire en bien des points !


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage