Critique de film

Le Grand Alligator

"Il Fiume del grande caimano"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Animaux tueurs
  • Année de production : 1979
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Sergio Martino
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h29
  • Scénariste : George Eastman, Cesare Frugoni, Ernesto Gastaldi, Sergio Martino, Mara Maryl
  • Musique : Stelvio Cipriani
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Barbara Bach, Claudio Cassinelli, Mel Ferrer, Romano Puppo, Fabrizia Castagnoli, Enzo Fisichella, Lory Del Santo, Anny Papa, Bobby Rhodes, Clara Colisimo,...
  • Récompenses : Aucune

Un jeune photographe se rend dans un luxueux hôtel près d’un village kuma en pleine forêt vierge. Si la rencontre avec une belle anthropologue constitue l’indéniable point positif du voyage, ce dernier perd de son charme lorsqu’une mystérieuse bête vient à assassiner un indigène et un mannequin.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le grand alligator - Jungle power !
Par : Quentin Meignant




Dans l’écume sanglante des Dents de la mer, nombre de réalisateurs ont essayé de surfer sur la vague provoquée par le monstrueux requin de Spielberg. Parmi eux, Sergio Martino décida de nous montrer les crocs d’un autre animal précédé d’une réputation meurtrière, le crocodile. Le réalisateur venait alors de livrer La montagne du Dieu cannibale, qui préfigurait sa période orographique. Attachant en effet un grand intérêt à l’exotisme des contrées lointaines, le cinéaste situait l’action de ses films en pleine jungle comme le démontre le très bon Continent des hommes poissons qui vint quelque peu éclipser la sortie de ce Grand alligator.

On ne peut pourtant reprocher à Martino d’avoir voulu jouer dans le classique. Certes, l’influence des Dents de la mer se fait sentir lors de certaines scènes, mais d’une manière générale le scénario se démarque complètement du chef-d’œuvre spielbergien. Mettant aux prises des « civilisés » avec des indigènes superstitieux et un gigantesque saurien assoiffé de chair humaine, Martino entend souligner le danger engendré par la nature hostile mais aussi, et surtout, le manque de respect de notre civilisation envers cette même nature. C’est donc sur un thème écologique à la Cannibal Holocaust que s’oriente le métrage. Malheureusement, malgré la beauté de la photographie, ces grandes idées que tentent de développer Martino ne font guère mouche car trop peu de scènes évoquent réellement les mauvais agissements de la race humaine envers la faune et la flore de la région.

C’est ainsi qu’après une scène particulièrement choquante de nourrissage de crocodiles, le sujet principal du film sombre complètement, éclipsé par nombre d’aventures rocambolesques qui laissent plutôt froid. Une love-story mettant en valeur la sublime Barbara Bach et le certain désintéressement que subit l’immense alligator viennent alors pétrir l’œuvre de défauts. Hésitant constamment entre le film d’animal tueur et la vengeance d’une tribu cannibale, Martino est pris à son propre jeu à cause d’une mise en scène plutôt brouillonne. Agrémentant les scènes d’action d’une bande originale « disco-tam-tam » totalement hors propos, le réalisateur court après un second souffle qui n’arrive que trop tard !

Ce second souffle viendra avec une deuxième partie bien plus rythmée par les attaques dantesques du croco et des indigènes. Maniant alors à merveille les somptueux décors mis à sa disposition, Martino parvient presque à faire oublier les effets spéciaux calamiteux de Carlo De Marchis. Le manque de moyens se faisant sentir, le réalisateur va même jusqu’à nous offrir un massacre savamment monté pour nous en faire voir le moins possible. Pas question dès lors de tripes et de boyaux mais juste d’une violence suggérée de fort belle manière.

Sauvant les meubles avec cette séquence spectaculaire, Martino ne résiste pourtant pas à l’appel du final facile qui vient quelque peu ternir l’impression qu’avait laissée la deuxième partie du métrage. Le réalisateur signe néanmoins avec ce Grand alligator un film passable dans la lignée de ce que nous ont proposé les réalisateurs « post-Dents de la mer ».

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