Critique de film

Gorille de Brooklyn (Le)

"Bela Lugosi Meets a Brooklyn Gorilla"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique
  • Année de production : 1952
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : William Beaudine
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h14
  • Budget : 50 000 dollars
  • Scénariste : Tim Ryan
  • Musique : Richard Hazard
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Bela Lugosi, Duke Mitchell, Sammy Petrillo, Charlita
  • Récompenses : Aucune

Duke et Sammy, deux artistes de Music Hall atterrissent sur une petite île en plein coeur de l’océan pacifique. Un petit groupe d’indigènes les accueillent fiévreusement par des danses tribales ancestrales et nos deux compères en profitent pour faire connaissance avec la fille du chef de la tribu, la jolie Nona. Celle-ci les entraîne alors dans le laboratoire du mystérieux Dr Zabor …

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le gorille de Brooklyn - Comédie sans saveur
Par : Damien Taymans


De 1917 (Naszdai) à sa mort en 1956, Bela Lugosi aura empilé les rôles dans plus d’une centaine de films. La carrière de l’acteur, pour remplie qu’elle soit, ne restera pas parmi les plus enivrantes. Son interprétation du prince des ténèbres dans le Dracula de Tod Browning constitue le rôle le plus important de son parcours. Sa mauvaise maîtrise de la langue anglaise et le stéréotype vampirique dans lequel il s’est laissé enfermer limiteront considérablement sa carrière. D’autant que l’acteur tombera volontiers dans le milieu de la drogue au point de devenir un paria pour les milieux hollywoodiens. Du coup, Lugosi ne figure plus que dans des séries B d’un ennui abyssal qui le propulseront des productions Monogram (Voodoo Man, The Ape Man) aux films d’Ed Wood… Dans cette kyrielle d’immondices trône fièrement Le gorille de Brooklyn

Duke et Sammy, deux artistes de music-hall échouent sur une île du Pacifique. Sur place, ils sont recueillis par une tribu d’indigènes composés d’un sorcier à tête d’oiseau, du chef de la tribu et de sa charmante fille (mmh...). Désireux de rentrer chez eux (malgré les charmes de Charlita), les deux comparses font la rencontre du maléfique docteur Zabor, reclus dans son laboratoire, qui s’échine à revenir aux sources de l’évolution et qui ne voit pas d’un très bon oeil la relation qui naît entre Duke et sa promise...

Jack Broder, alors en projet de production d’une comédie, reprend l’acteur alors désintoxiqué et prêt pour rempiler. Le titre du film lui-même devient le témoin de cette résurrection. Bela Lugosi meets a gorilla in Brooklyn, intitulé qui porte en lui les germes de sa condition publicitaire. Reliquat de marchandising, le métrage se borne en réalité à mettre aux prises deux groupes de personnages : d’une part, Lugosi et son acolyte, d’autre part, le tandem très « buddy movie » composé par Duke Michell et Sammy Petrillo.

Le duo, pâle copie du fameux tandem constitué par Dean Martin et Jerry Lewis, permet de ressembler à d’autres œuvres qui ont fait leurs preuves grâce à un subtil mélange de savant fou, de gorille et d’un tandem de comiques pas très drôles. Suivant la voie tracée par les récents films starrant Abbott et Costello et autres frères Ritz, William « one shot » Beaudine dote son métrage du ridicule apparat des œuvres parodiques qui consistent à reprendre des références étrangères à l’œuvre pour provoquer le rictus au sein du public. Allusions au rôle vampirique du docteur Zabor, imitations pompeuses de Jerry Lewis, gags à répétition, personnages caricaturaux jusqu’à l’insulte (les autochtones sont des sauvages imbéciles), parodies excessives sur un genre pourtant sérieux, tout est bon pour amuser le spectateur lambda.

Rarement drôle et légèrement poussif, Le gorille de Brooklyn cache sous de gros moments de délire pas très amusants la vacuité de l’intrigue fantastique pourtant annoncée dans l’intitulé du métrage..

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